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Abdoulaye Bio Tchané, ministre du plan et du développement PH: Présidence Bénin

Bénin: lettre ouverte des aspirants omis au Ministre d’Etat, Bio Tchané

Dans une lettre ouverte adressée au ministre chargé du plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané, des aspirants au métier d’enseignant, omis sur la liste officielle, plaident pour leur intégration.

Réunis dans un collectif dénommé “le collectif des aspirants omis”, ces “préinsérés”, qui n’ont pas retrouvé leur nom sur la liste officielle rendue publique par le ministère de l’enseignement secondaire technique et de la formation professionnelle, se sont confiés au ministre du plan.

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Dans une lettre ouverte à l’attention du président de la commission nationale de négociation permanente gouvernement-syndicats, le collectif des aspirants omis a présenté le point de la situation des aspirants sur le terrain et a fait remarquer que la promesse du chef de l’Etat de ne laisser sur le carreau aucun enseignant, ayant servi l’année dernière et ayant son nom dans la base de données, est loin d’être effective dans la réalité. Lire ci-dessous l’intégralité de la lettre ouverte.

Lettre ouverte du collectif des enseignants omis à Bio Tchané

Nous, aspirants omis, avons jugé utile de saisir notre écritoire pour vous faire part de la réelle situation chaotique que vivent les aspirants en général, et plus particulièrement les aspirants omis sur les listes de répartition des AME signées et rendues publiques par le DAC du ministère de l’enseignement secondaire.

A tout seigneur, tout honneur ! Nous ne pouvant pas aller dans le vif de l’objet de cette lettre sans d’abord vous signifier nos sincères remerciements au Chef de L’État et à vous aussi pour votre clairvoyance et votre engagement à faire de l’école béninoise, une école de qualité et d’excellence et votre volonté manifeste de transformer le mythe de l’emploi des jeunes en une réalité factuelle.

Monsieur le ministre d’État
Il sera superflu de vous rappeler tous les faits et actes qui ont marqué le début de la rentrée scolaire 2020-2021 et qui ont, de surcroît, affligé l’état d’esprit des enseignants aspirants que nous sommes.Vous maitrisez du fond au comble, ce film.

Néanmoins, il nous démange de vous présenter quelques faits saillants.

En effet, l’espoir des aspirants est régénéré après la diffusion de la rencontre que le Chef de l’État a eue avec les centrales syndicales, les représentants des aspirants en présence d’un parterre de ses ministres dont vous aussi.

Il sort de cette rencontre et précisément des propos du Chef de l’État qu’« aucun aspirant ayant servi l’an dernier et ayant son nom dans la base de données ne sera laissé sur carreau » et plus loin « les trente heures ne sont pas du fétichisme». Donc, à notre sens, elles ne sont pas intouchables, inamovibles ou autrement dit elles ne sont nullement sacrées.

Mais cette décision de l’autorité suprême est loin d’être appliquée. Puisqu’au demeurant, le délaissement de la décision du premier magistrat de la République monte la courbe du chômage avec un effectif d’environ 4000 aspirants ayant été déclarés régulièrement admis sur des procès verbaux de délibération dûment signés par les membres de jury et ayant servi l’année dernière sont laissés sournoisement sur carreaux.

A cela s’ajoute le fait que les 30 heures soient contractées puisque dans le contrat rendu public par l’ANPE , il est clairement inscrit que les aspirants devront exécuter 30 heures. Cet état de chose qui vient définitivement enterrer tout espoir pour les 4000 aspirants omis et ayant servi l’année dernière et dont les noms sont bien inscrits dans la base de données. Car l’on note déjà une couverture intégrale des heures dans beaucoup de discipline avec l’attribution de 28 à 30 heures de cours.

Dans ces conditions , la volonté du chef de l’État est définitivement effritée et comme conséquence immédiate c’est le renvoi de ces 4000 aspirants qui est acté. Voilà pourquoi nous vous invitons, Monsieur le ministre d’État que vous êtes, à véritablement reprendre le dossier en main pour que les irrégularités soient corrigées, pour que tous les aspirants ayant servi l’an dernier soient reconduits systématiquement et que l’école reprenne effectivement après 4 semaines de cours perdues.

Monsieur le ministre d’État,
Toute réforme bien ficelée, bien murie doit être dépositaire d’un élan mélioratif, d’un impact positif. Une réforme bien mûrie est censée déterrer la médiocrité. Mais celle qui s’opère actuellement dans le ministère de l’enseignement secondaire est débarrassée de ces visées, crédite le compte de la médiocrité et s’apparente au mythe de Sisyphe: l’éternel recommencent.

Oui éternel recommencent ! Parce qu’aujourd’hui, des aspirants détenteurs de Bapes, des aspirants détenteurs de Licence ou de maîtrise en Lettres Modernes, en Linguistique admis dans la base de données et déployés l’année dernière sont laissés sur les tapis et nos autorités en charge de l’éducation attribuent gracieusement des heures en français aux aspirants détenteurs de Licence ou de maîtrise en géographie, en anglais, ou même en philosophie. C’est un recul net. La compétence existe mais on emploie des substituts, des je vais essayer.

Nous comprenons par là qu’enseigner le français, c’est savoir parler en français. C’est pathétique pour l’école ! Pour quel résultat, pour quelle école de demain embarque-t-on les enseignants dans une telle réforme? C’est simplement la mort programmée de l’école béninoise.

Et le plus grave danger qui guette les aspirants-substituts est qu’ils seront les seuls responsables de l’échec massif, de la baisse drastique du niveau de langue des apprenants. Les cadres du ministère de l’enseignement secondaire feront d’eux les bêtes noires, les porte-échec des apprenants

C’est pourquoi, il nous a paru plus que nécessaire de vous saisir afin que le tir soit corrigé. C’est encore possible. Il vous suffira simplement de dire que tous les aspirants ayant servi l’an dernier rejoignent leurs postes et que les directeurs des collèges vous fassent le point des heures couvertes et celles non couvertes.

Si, dans le cas échéant, le besoin se faisait sentir, il suffira également de puiser des résultats de la phase 3 pour combler le déficit. Cette démarche pourra sembler à une perte de temps, mais elle en vaut bien la chandelle. Car pour paraphraser l’ancien Président le Général Mathieu KEREKOU, il vaut mieux perdre le temps pour bien faire les choses que de se précipiter pour conduire l’école dans l’abîme. L’école béninoise, c’est l’avenir du Bénin

Comptant sur votre dynamisme et surtout sur votre désir de faire l’école une mine d’excellences, le tremplin du développement du Bénin futur, Monsieur le ministre d’État, recevez nos respectueuses salutations.

Pour le collectif des aspirants omis, ont signé

1- ASSOGBA Kokou Philippe, professeur de Français
2- AGBADETO Vitrice Arnaud, professeur des SVT

2 commentaires
  1. Gérard S. DOHOU dit

    Merci bien chers collègues, je vous félicite pour cette note adressée au ministre. Le gouvernement doit revoir au plus vite que possible les décisions prises, mettre en application tout ce qui est dit dans cette note afin l’école qui meurt à coup sûr, émerge.

  2. SALAMI Nourou-Dine dit

    Belle initiative chers collègues, nous prions que tout ce qui a été dit ne soit pas<> si non que l’école béninoise risque de quitter le rang de meilleures au rang des négative

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