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Bénin: le PRD, l’UDBN et Moelle-Bénin, 3 partis pris au piège de la mouvance?

L’option politique du Parti du renouveau démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji, de l’Union pour le développement du Bénin nouveau (UDBN) de l’honorable Claudine Prudencio, du Mouvement des Elites Engagées pour l’Emancipation du Bénin (MOELE- BENIN) de Jacques Ayadji risque bien de les desservir dans un avenir proche.

En effet, membres de la famille mouvancière et épouses “non-soumises”, ces partis politiques qui font feu de tout bois pour se faire désirer de “l’époux” et être accueillis comme des “co-épouses”, risquent bien d’aller de désenchantement en désenchantement.

Tous trois, soutiens du chef de l’Etat et de ses réformes, notamment la réforme du système partisan, les responsables de ces trois formations politiques ne sont pas allés au bout de leur engagement dans leur soutien. Ils se sont arrêtés en cours de chemin, réclamant une certaine autonomie tout en se disant membre de la mouvance. Depuis lors, leur intégration à cette mouvance au pouvoir reste périphérique.

Le chef de l’Etat discute avec le Br et l’UP

Dans la mouvance au pouvoir, tous les partis politiques se réclamant de cette famille ne sont pas inscrits au même enseigne. Si le parti Union Progressiste et celui du Bloc Républicain bénéficient de l’affection du chef de famille et d’une certaine confiance, ce n’est pas le cas pour les partis PRD, UDBN et Moelle-Bénin.

Les dernières élections aussi bien législatives que communales ont permis à ces formations politiques de se rendre compte des premiers effets de leur désobéissance. Mieux, le chef de l’Etat prend désormais fait et cause pour les deux formations politiques issues de la fusion d’une centaine de partis politiques pour donner corps à la réforme du système partisan dont l’une des finalités est la réduction du nombre de partis politiques.

Par ailleurs, ce sont les mêmes partis politiques qui constituent aussi dans une certaine mesure en dehors du cercle restreint du chef de l’Etat, des confidents politiques. Ainsi par exemple, dans le cadre de l’élaboration de ses stratégies pour ne pas laisser échapper le pouvoir en 2021, le président de la République a eu courant le mois d’Août dernier, des rencontres avec le bureau politique du parti Bloc Républicain.

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A la suite de cette rencontre, il a tenu quelques jours après une séance de travail avec les responsables du parti Union Progressiste. C’est désormais à ces deux blocs politiques que le président de la république se confient.

Retour sur la constitution des deux blocs politiques sans les 3 partis

dans la mise en œuvre de la réforme du système partisan, le président Patrice Talon a souhaité au départ que tous les partis politiques qui le soutiennent se mettent ensemble pour former un grand Bloc politique.

Mais dans les échanges, l’idée a évolué au point où à un moment, on est arrivé à penser à la constitution de trois grands blocs politiques. Ainsi, le président Patrice Talon a validé la décomposition du Bloc de la Majorité Présidentielle (BMP) en trois grands regroupements politiques.

Ainsi, l’un des regroupements se fera autour de l’Union fait la Nation, l’autre autour des responsables politiques du Nord (Dynamique Unitaire), et le 3ème autour du PRD.

C’est ainsi que le parti des “Tchoco Tchoco” a entamé des démarches pour remplir les formalités pour se conformer à la nouvelle charte, et pour réunir les personnes, partis désireux de travailler sous sa coupole.

Mais suite aux commentaires sur les réseaux sociaux taxant la Dynamique Unitaire de regroupement régionaliste, les réflexions ont évolué. Pour la cohésion au sein de la mouvance, il a été demandé alors que le troisième Bloc, celui qui devait se constituer autour du PRD puisse s’associer avec la Dynamique Unitaire pour l’obtention d’un bloc hétérogène.

C’est alors que le parti de Me Adrien Houngbédji a conditionné sa fusion à la dynamique unitaire à quatre conditions dont celle dont le parti tient le plus est le maintien du logo arc-en-ciel dans le logo du Nouveau parti.

Le PRD a par ailleurs demandé que son positionnement géographique électoral soit respecté lors des choix des candidats aux élections législatives ; que ses militants puissent se constituer en courant au sein du nouveau parti et enfin que les termes de l’accord fassent l’objet d’un protocole d’accord écrit, ainsi que l’exigent les statuts du parti (article 85 et 86).

Mais en contre partie, les responsables du bureau politique du parti du renouveau démocratique ont consenti à ne pas revendiquer le leadership du nouveau parti.

Des malentendus ont poussé le PRD à se retirer…

Confiant de l’accord qu’il vient d’obtenir avec ses nouveaux partenaires politiques, le PRD a intégré le groupe. Un projet de logo a été fait et accepté par le PRD puis validé à la réunion du 14 Novembre 2018.

Donc le PRD n’avait plus d’autres exigences que de souhaiter des uns et des autres que tout se passe suivant ce qui est retenu. Mais à quelques jours du congrès, selon le contenu du communiqué de retrait du PRD, on constate que les accords se font et se défont, sans qu’aucun document écrit ne vienne les corroborer.

Face à cette situation, et conformément aux articles 85 et 86 de ses statuts, le PRD a demandé qu’un protocole d’accord écrit soit élaboré pour attester de ce qui a été convenu.

Malheureusement ce préalable n’aurait pas reçu un écho favorable auprès des partenaires politiques de circonstance. C’est alors que le parti a décidé de prendre ses responsabilités. Selon le président du PRD, le parti ne saurait s’associer à la création d’une bloc politique sur la base de malentendus aussi profonds.

Le PRD se retire donc mais jure fidélité et loyauté pour accompagner le président Patrice Talon à réussir ses réformes profondes.

C’est à peu près la même chose qui est arrivé au parti UDBN qui dans les négociations n’a pas réussi à obtenir gain de cause dans ses requêtes. Il a alors décidé de faire route seul tout en soutenant le chef de l’Etat.

Le PRD, l’UDBN et MOELLE-Bénin dans le forcing…

Même si le président de la République au vue des liens personnels qui le lient aux premiers responsables de ces trois formations politiques souhaiteraient composer avec eux, comme partis de la mouvance, le PRD, l’UDBN et MOELLE-Bénin sont indésirables des deux blocs qualifiés de siamois par certains acteurs politiques.

Certains faits démontrent même que le défi que s’est assigné les deux Bloc politiques proches du chef de l’Etat est d’anémier ces partis politiques “insoumis” notamment celui de Me Adrien Houngbédji afin de parvenir à le faire mourir de sa plus belle mort.

Les dernières élections législatives et communales en disent plus long sur les intentions qui ne sont même pas cachés de certains responsables de ces blocs notamment du Bloc Républicain, qui affirment à visage découvert que le PRD est un parti politique appelé à disparaître.

Mais en dépit de ce rejet, le PRD s’arc-boute et continue de clamer son appartenance à la mouvance au pouvoir. Un forcing qui à coup sûr ne changera pas la donne.

Des chemins d’incertitude pour le PRD, l’UDBN et Moelle-Bénin…

Reçu le mardi 29 septembre 2020 sur l’émission “100% Bénin” de Sikka Tv, Mathieu Avlessi, membre fondateur du Bloc Républicain (BR) a violemment taclé le président du Parti du Renouveau Démocratique (PRD), Adrien Houngbédji.

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Selon ce cadre, membre fondateur du parti “cheval cabré, le PRD n’est pas transparent dans s posture de soutien au président de la République.

le jeu qu’il joue. joue à un jeu flou en continuant à se déclarer de la mouvance présidentielle. Pour lui, Adrien Houngbédji et les siens sont dans un jeu flou.

A le croire, “Houngbédji reste un infiltré, qu’il faut avoir à l’œil en permanence. Mathieu Avlessi, n’accorde pas au leader charismatique du parti du renouveau démocratique le bénéfice du doute.

Il joue au plus malin, sans savoir que personne n’a de la boue dedans. Nous avons du cerveau et nous réfléchissons. On a pris la mesure des choses. Il n’y a pas pire infiltré que l’infiltré qui vous combat de l’intérieur” avait laissé entendre Mathieu Avlessi

Si le PRD est devenu une coépouse indésirable au sein de la famille mouvancière, les deux partis qui bénéficient de l’affection du chef de l’Etat n’entendent pas lui faire cadeau .

Si lors des élections communales dernières, le parti Union Progressiste à travaillé à lui arracher tous ses fiefs, le Bloc Républicain ne rate aucune occasion pour faire entendre au chef de que l’on ne peut pas faire confiance au PRD.

Dans un entretien accordé la semaine dernière au quotidien Fraternité, Dr Yèkini Ibrahim, un ancien cadre du parti PRD actuellement membre du parti Bloc Républicain. le PRD n’a désormais qu’un seul destin: disparaître.

A croire cet acteur politique, le parti du renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji, n’existe en réalité désormais que de nom. Dr Yèkini Ibrahim, entrevoit même une fin tragique à ce parti politique qui, jusqu’à l’avènement du régime de la rupture, était l’une des plus grandes formations politiques du pays.

Pour lui, le Bloc Républicain, contrairement aux partis politiques comme le PRD, va se renforcer davantage au fil des ans pour devenir un parti incontournable.

” Aujourd’hui, des partis politiques comme le PRD n’existent que de nom. Les militants de ces partis finiront tous par adhérer à l’un des deux partis politiques présents au parlement”Dr Yèkini Ibrahim

A cette prophétie de saignée au sein du parti du renouveau démocratique, Me Adrien Houngbédji estime qu’il y aura toujours du sang neuf dans le parti même si on fait tout pour arracher des militants.

Cette université est la remontada du PRD. On a annoncé notre saignée. Mais à chaque saignée, nous avons du sang neuf qui est injecté. Le Sang neuf des gens de paix, le sang neuf de ceux qui ont le respect des libertés et de l’État de droit. Le sang neuf de ceux qui luttent contre la fraude. Le Sang neuf de ceux qui aiment notre démocratie

La prochaine élection présidentielle qui s’annonce videra encore le parti de Me Adrien Houngbédji d’une parti de ses militants qui voudraient se mettre à l’abri sous l’ombre de la rupture pour les 5 prochaines années car le PRD ne présente plus de perspective.

Deux issues possibles s’offrent désormais à cette formation politique qui doit soit se rendre à l’évidence et prendre son destin en matin en travaillant à sa résurgence loin des deux blocs de la mouvance.

Ou continuer à clamer sa fidélité au chef de l’Etat en attendant qu’une crise ou une rébellion interne au parti ne vient le fragiliser davantage. A moins que le parti décide de matérialiser sa fidélité en intégrant l’un des deux blocs, c’est le seul langage de fidélité qui vaille actuellement au sein de la mouvance.

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