Conrad Gbaguidi

[Entretien] “C’est possible de réussir avec une initiative”, Conrad Gbaguidi (vidéo)

Dans un entretien accordé à Bénin Web Tv, Conrad Gbaguidi, fondateur de MGT Conseils et président de l’Association pour le Développement de la Commune de Savalou (ADCS) a évoqué ses expériences dans le domaine du développement local et de l’entrepreneuriat.

BENIN WEB TV: Vous êtes Fondateur de MGT Conseil, diplômé des sciences politiques Paris, vous êtes également depuis quelques mois maintenant, président de l’association de développement de la commune de Savalou. Si on vous demandait de résumer votre parcours, qu’est-ce que vous diriez de vous-même?

Je dirai que mon parcours est celui de celui qui se construit. Donc, j’ai eu beaucoup d’expériences personnelles. C’est un parcours de quelqu’un qui envie, c’est un parcours de quelqu’un qui souhaite réussir, c’est un parcours surtout de quelqu’un qui essaye parce que à chaque fois, je tente les expériences qui m’animent, les idées qui me passent dans la tête, qui me semblent être de la réalité , j’essaie de les mettre en œuvre. C’est l’essentiel à retenir de mon parcours. Après, que j’ai fait des diplômes ou que j’ai réussi des projets, c’est une conséquence d’un homme volontaire qui a envie de transformer les choses.

Vous avez envie de changer des choses et justement, il y a quelque temps, vous avez décidé de laisser tout ce parcours au-delà du Bénin et de revenir retrouver vos racines et vous avez lancé courant 2012-2013 cette belle initiative de la boss académie. Pouvez-vous nous en parler?

J’ai créé depuis maintenant 16 ans, une entreprise, le groupe MGT conseils, qui est un groupe spécialisé dans le traitement des données. Notre activité est de partir des données pour sortir la quintessence dont un dirigeant, un pilote ou un stratège a besoin pour prendre des décisions pour conduire une organisation ou une société.

Donc, notre métier est vraiment de mettre à disposition des dirigeants d’entreprises ou d’organisation, les données , l’explication nécessaire qu’on peut tirer d’une donnée. C’est de l’informatique mais à partir de la data.

Aujourd’hui on parle d’intelligence artificielle. Donc, c’est un pan de cette activité là. Nous avons depuis maintenant 16 ans réussi à avoir les plus gros clients dans différents secteurs d’activité. Nous avons également eu la chance avec le développement de notre activité d’avoir de gros clients en Côte d’Ivoire et nous avons commencé également dans la même période de développement au Bénin. L’idée c’est de pouvoir continuer cette activité tout en essayant de partager notre expérience avec mes frères et sœurs béninois qui ont envie de réussir au travers de l’entrepreneuriat.

Alors pour répondre à la question de la Boss Académie, c’est une initiative que nous avons conçue ici parce que simplement, je me suis dis qu’après avoir crée plusieurs entreprises, après avoir lancé des initiatives sur lesquelles je m’investis beaucoup et qui ont des résultats, je me dit que mes frères et sœurs qui souhaitent réussir et qui disent, j’y arrive pas, je ne trouve pas de l’emploi, je veux leur faire croire, je veux leur faire dire, je veux qu’ils sentent et qu’ils touchent du doigt que c’est possible de réussir avec une initiative.

Donc, j’ai voulu lancer la boss académie pour partager avec eux l’expérience de l’initiative , l’expérience de l’entreprenariat. Donc, c’est pour cela que nous avons lancé la boss académie qui a réuni plusieurs jeunes qui avaient des projets intéressants dont vous êtes une grande fierté parce que aujourd’hui, vous avez une très belle entreprise qui fonctionne très bien, à laquelle je souhaite beaucoup de bonne choses parce que, au travers de votre entreprise, je vois une fleur qui est en train de rayonner, qui est toute belle , parce que vous serez encore beaucoup plus grand, vous allez rayonner au delà de nos frontières.

C’est ça la Boss Académie. Partager l’idée avec les plus jeunes, leur rappeler qu’ils sont aussi bons et qu’ils peuvent croire en leur capacité et qu’ils n’ont pas , contre vents et marrées à faiblir, parce qu’ils ont en eux les initiatives qui peuvent réussir.

Et puis, on a eu Boss Académie saison 1, saison 2, et à quand la saison 3?

C’est vrai, on a eu la Boss Académie saison1, la boss académie saison 2 à l’issue de laquelle il y a eu beaucoup d’initiatives , beaucoup d’entreprises qui ont été créée avec certains même qui sont devenus des sérials entrepreneurs, donc, je leur ferai des clins d’œil au moment venu, je suis toujours en contact avec eux.

Il y a quand même une spécificité entre la première saison et la deuxième saison. Disons, la première saison, nous l’avons faite avec Canal3, avec mon cher ami Malick et son équipe qui a très bien marché puisque les gens nous ont fait de très bon retour. La deuxième saison, nous l’avons faite par l’ORTB dirigée dans le temps par Monsieur Todomè, une équipe qui a vraiment partagé notre initiative, notre ambition et qui a vécu la dynamique humaine avec nous. Je remercie toute l’équipe technique des deux chaînes de télévision qui ont réussi avec nous cette initiative.

Depuis, nous avons effectivement tenté d’avoir une troisième édition mais, vous savez, la boss académie, c’est une initiative, certes de la fondation Conrad Gbaguidi, de MGT conseil group mais également c’est aussi une initiative qui a beaucoup coûté.

C’est un budget important et nous avons pensé que la troisième édition pourrait être encore plus grande, plus large parce que nous entendons notre président de la république qui parle de l’emploi , de l’entrepreneuriat, j’ai entendu parler de 500.000 emplois donc, ça veut die que quelques part, il y a une vraie volonté également de faire en sorte que les jeunes émergent au travers de l’entrepreneuriat, mais c’est clair que nous sommes prêts à pouvoir mettre à disposition de notre Etat, de notre gouvernement, de notre président, le travail qui a été fait depuis longtemps, l’expérience que nous avons capitalisé.

Nous avons lancé des appels, nous avons envoyé des informations nécessaires, malheureusement, il semble que nous n’ayons pas encore été entendu jusqu’à présent.

Mais je ne voudrais pas dire que nous n’avons pas été entendu, nous n’avons pas encore été entendu. Peut-être qu”il aura une troisième édition, mais le tout dépendra de nos différents responsables et de nos autorités publiques qui voudrions donc, accompagner l’initiative pour lui donner une meilleure ampleur.

Sachez que des plus grosses firmes internationales nous ont contacté pour que nous fassions la même chose à l’échelle internationale, c’est à dire qu’à l’échelle de l’Afrique entière avec des éditions anglaises et françaises. Malheureusement, notre ambition est de faire en sort que ça parle dans notre ventre, avec notre culture, avec la bonne connaissance que nous avons de nos jeunes frères et donc, du coup, on souhaite aussi continuer à piloter nos entreprise. L’initiative , même si la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo, l’ensemble de nos pays voisins ont suivi l’initiative et continue de nous encourager tous les jours, le Bénin doit en faire sienne, cette initiative.

Conrad Gbaguidi, vous êtes un entrepreneur émérite, vous avez créé plusieurs entreprises et puis, depuis un certain temps, on vous voit sur le terrain du social, notamment avec plusieurs initiatives. L’une des toutes récentes, c’est le lancement du centre du numérique à Savalou, c’était en 2018. Qu’est-ce qui fonde ces initiatives?

Vous savez, moi je suis un entrepreneur qui a également cette envie de pouvoir partager la dimension humaine. L’ensemble des collaborateurs qui travaillent dans mon groupe sont des gens qui viennent, non pas pour simplement fournir une prestation et avoir un salaire à la fin du mois, mais c’est des gens qui croient en nos valeurs. Nous avons des valeurs humaines que nous souhaitons partager.

En cela nous démontrons le fait qu’on ne vient pas que pour faire de la prestation informatique mais également parce que nous avons des valeurs, des ambitions, des choses qu’on souhaite partager. C’est vrai, par rapport au Bénin, la Boss Académie a été la démonstration de cette “dimension humaniste” mais depuis, c’est vrai qu’on s’est dit qu’on peut lancer une initiative plus territoriale , plus locale, plus centrée sur un territoire, ce territoire, c’est Savalou que nous avons choisi.

Comme par hasard, Savalou est également la cité qui m’a vu naître. Donc, j’ai décidé de lancer des initiatives localement dans l’accompagnement des femmes dans le domaine de l’agriculture pour qu’elles aient une meilleure autonomie en matière de gestion, dans le domaine de l’entrepreneuriat des jeunes et du numérique. Cette initiative, centre d’entrepreneuriat et du numérique de Savalou, lancée maintenant depuis plus de deux ans, a 200 adhérents qui n’ont pas forcément toucher à l’ordinateur avant leur arrivée.

Aujourd’hui, il en a certains, parmi eux, qui à l’âge de 13 ans, ont créé leur site internet juste sur la base de ce qu’ils ont appris dans le centre d’entrepreneuriat et du numérique de Savalou. Donc, c’est quelque chose qui nous donne l’assurance que les jeunes en milieu rural sont en capacité de pouvoir lancer leur projet entrepreneurial avec des compétences qu’elles n’ont pas à envier à des gens sous d’autres cieux, notamment en occident ou ailleurs.

C’est vraiment des gens qui savent parler d’une entreprise , qui savent également capitaliser sur ce qu’ils peuvent trouver sur internet et faire leur plan d’affaire directement en étant dans nos locaux au centre d’entrepreneuriat et du numérique de Savalou.

Deux ans après, si aujourd’hui on doit faire le bilan, que direz vous?

Lorsque que nous avons eu la visite de la ministre de l’économie numérique, elle a constaté par elle même qu’un très jeune garçon a pu faire son site internet. Il faut simplement un peu de générosité, un peu d’attention, et partager ses compétences et c’est ce que nous avons fait mais le chemin est encore long parce que nous ne sommes qu’à peine à 1% de couverture sur l’ensemble de la population.

L’on pense qu’il faut aller à 5% pour faire quelques chose d’intéressant. Mais encore un fois, c’est une initiative en laquelle nous pensons qu’il faut s’y investir et moi mon souhait c’est qu’on puisse discuter avec les personnes idoines, les personnes bien indiquées pour arriver à démultiplier l’initiative en tout cas, voir ce qu’on peut en tirer pour d’autres communautés parce que c’est un modèle de territoire, c’est un modèle local.

Parlant de générosité, puisque vous l’avez évoqué, comment arrivez-vous à mobiliser des ressources, pour de telles initiatives? Je rappelle qu’il y a juste quelques semaines, vous avez lancé une autre initiative, top secours, pour initier des jeunes aux gestes de premiers secours.

Ecoutez, on a la possibilité de financer une partie de la fondation Conrad Gbaguidi avec notre société mais on a également des gens qui nous font confiance, des partenaires. Ce n’est pas forcément la dimension majoritaire mais c’est déjà très important parce que nous avons demandé à un client qui partage des valeurs qui sont assez similaires au notre de nous accompagner et donc, on a pu avoir quelques ordinateurs avec lesquels nous avons faire le nécessaire pour les acheminer.

Donc du coup, ce qui nous coute aujourd’hui, c’est à la fois, la mise en place des lieux, les salaires des personnes qui y travaillent et puis c’est l’ensemble des experts qu’on envoie pour faire des formations aux adhérents. La mairie de la commune de Savalou nous a accompagné en nous mettant à disposition des locaux que nous avons rénové par nos moyens. Nous avons également cette entreprise en France, le groupe Audiens qui nous a mis à disposition quelques ordinateurs , on le remercie.

Quand on a une bonne idée et qu’on souhaite sa réussite, il faut commencer à la mettre en œuvre une fois qu’on a fait un plan d’affaire qui nous donne confiance, qui nous confirme que notre idée est bonne . En général, il y a des partenaires qui sont prêts à donner un coup de main pour que ça avance.

L’initiative Top secours, ça a été la même chose, c’est de jeunes qui se sont associés à nous pour être dans un premier temps formé et pour accompagner les sapeurs pompiers dans chacune des localités des collines et former les gens aux gestes de premiers secours.

Mais quand on a eu l’idée, qu’est ce que nous avons fait? On est simplement allé voir les autorités de notre pays, le ministre de la défense qui a trouvé que c’est salutaire et qui nous a mis à disposition l’équipe de sapeur pompier. C’est grâce à cette belle équipe que nous avons pu silloner l’ensemble des localités pour former 1200 personnes en quelques semaines.

Aujourd’hui, il y a des gens qui me disent qu’ils ont appris que certains ont pu sauver d’autres parce qu’ils ont pu faire les gestes qu’il faut, pas les gestes barrières, mais les gestes qui sauvent.


Finalement, d’entrepreneur émérite, vous êtes devenu un humaniste hors pair ?

Bon, disons que j’ai toujours voulu être entouré des gens, partager des valeurs , j’ai toujours voulu partager mes idées avec des gens. Donc, ça, ce n’est pas nouveau . Humaniste, c’est peut-être un bien grand mot mais en tout cas, je pense qu’une réussite ne peux pas être seule. Personne ne peut réussir seule, si non c’est triste. Il faut être avec les autres pour réussir ensemble, pour partager les expériences .

Donc, Clairement Oui, Boss académie a été une expérience de partage, Top Secours a été une expérience de partage, le CENS est également une expérience de partage donc, c’est comme cela que la vie est plus belle.

Vous avez quand même décidé d’aller encore plus loin et depuis le 29 février 2020, vous avez été élu à la tête de l’association du développement de la commune de Savalou.

Effectivement, c’est une association qui n’est pas des moindres. Je dirai que c’est la première association puisque c’est l’association des associations. C’est une structure faitières qui rassemble l’ensemble des associations qui œuvrent pour le développement de Savalou. C’est une institution importante.

Qu’est ce qui a motivé les gens pour qu’ils puissent nous faire confiance? Je pense que c”est le fait que nous puissions être humble, pour partager avec les gens ce que nous pensons. En ne disant pas forcément que c’est la vérité mais en essayant de comprendre ce que les autres pensent de ce que nous avons comme idée. Les sages, les cadres de notre commune, les différents responsables à différents niveaux , il a fallu prendre le temps d’expliquer à chacun nos idées de développement pour la commune. Nos idées qui peuvent faire que la commune commune puisse émerger.

Ca a été quelque chose qui s’imposait du fait que les gens disent qu’ils ont envie d’essayer l’expérience que propose Conrad Gbaguidi avec l’équipe du bureau exécutif national. Donc, c’est en cela que nous avons pu avoir leur adhésion pour diriger l’Association pour le développement de la commune de Savalou.

Quelle est l’expérience que vous leur proposez?

Nous souhaitons clairement proposer un modèle de développement qui met au centre l’humain. L’humain avant tout. Et pour ça, qu’est ce que nous avons choisi comme grand axe de développement? C’est avant tout de pouvoir faire en sorte que l’agriculture puisse émerger chez nous. Parce que nous avons l’une des terres les plus fertiles du Bénin.

Donc, il fallait qu’on puisse mettre un accent particulier sur l’agriculteur et donc l’agriculture . C’est pour cela que nous avons lancé les premières journées de l’agriculture de Savalou qui se sont clôturées récemment avec le ministre Dossouhoui, qui est venu donc dire que nous avons eu raison de lancer cela et qu’il souhaite que nous poursuivions l’initiative.

Mais un autre axe de développement qui est important c’est le tourisme. Nous avons commencé à recenser depuis longtemps, les différents acteurs du secteur dont notamment les hôtels, les restaurent les agences touristiques pour pouvoir faire en sorte que Savalou soit un vrai pôle touristique comme le programme d’action du gouvernement prévoit de développer le Bénin en matière de tourisme. Donc, nous envisageons également faire la même chose pour que nos autorités puissent comprendre que nous sommes dans la même dynamique et que nous tenons compte du PAG mais nous tenons compte de notre localité et de ses spécificités.

Nous pensons que ça serait une bonne chose. Ce faisant , nous aurons donc la possibilité d’encourager les différents acteurs économiques de notre commune pour devenir plus riche et faire en sorte que nous puissions accompagner la santé, l’éducation, tout ce qui va toucher à l’humain parce que nous aurons les moyens de le faire. C’est ça le modèle de développement que nous avons proposé à tous les Savalois et à toutes les Savaloises. C’est ça qu’ils ont validé et c’est ça que nous avons commencé également à mettre en place depuis maintenant cinq mois que nous sommes élus.

A la fin, on s’attend à de grandes réalisations, pour sortir Savalou de l’ornière?

Absolument ! Notre vision est de faire de Savalou l’une des six villes du Bénin où il fait bon vivre. En gros, c’est simplement que nous ne voulons plus rester à faire des choses approximatives. Nous voulons juste que, les gens, quand ils sont au Bénin, qu’ils se disent que : mais, Savalou, j’ai envie de le découvrir. C’est ce que nous appelons le développement. C’est ce qui a commencé depuis et nous vous donnons rendez-vous dans les années à venir pour mesurer cela parce que nous ne le faisons pas seul.

Nous le faisons avec les partenaires locaux , avec le conseil communal, l’ancien comme le nouveau, nous le faisons également avec nos responsables politiques, nous le faisons également avec nos responsables gouvernementaux, nous le faisons simplement en cohérence avec tous ceux qui comptent pour le développement.

On a une phrase qui est importante que je souhaiterait que l’ensemble des Savalois et des Savaloises porte : c’est le fait que “Le Développement vient de l’harmonie”.

Si moi j’ai un et que l’autre a un, si nous le mettons ensemble on peut arriver à deux. C’est comme ça que le roi Ghézo nous a enseigné la jarre trouée. Il faut continuer à tenir compte de cela, c’est fondamentale. C’est le symbole que je veux pour Savalou. Que chacun des enfants de Savalou ne soit pas seulement intelligent seul, mais que nous soyons intelligent collectivement.

D’entrepreneur, puis humaniste, est-ce un tremplin pour devenir homme politique?

Je ne crois pas que ce soit de ça dont t-il s’agit puisque, à partir du moment où nous avons commencé à convaincre chaque Savaloise et Savaloise pour diriger l’association de développement, nous avions une conviction également, celle de donner l’assurance que l’association ne soit pas le lieu de dispute politique.

Que nous ne fassions pas de l’association de développement, un objet politique. Que nous nous engageons, chacun des membres du bureau exécutif à ne pas partir à des élections ou ne pas militer dans des partis politiques. Parce que ça va prêter à confusion.

De l’association de développement, nous devons pouvoir parler à tout le monde. L’association de développement pour la commune de Savalou est un creuset qui doit rassembler, l’ensemble des synergies . Lorsque nous avons un responsable politique qui nous sollicite, nous devons pouvoir le partager avec un autre responsable politique d’un autre bord, d’un autre camp, parce que c’est ensemble que c’est ensemble que nous pouvons réussir.

Si nous, nous commençons à être partisans, l’association de développement va devenir également un parti politique, or, le seul vrai parti qui compte, qui peut aider au vrai développement locale, c’est Savalou. Si nous devons parler de politique, c’est la politique de Savalou donc, vraiment, notre engament est important.

Si un membre du bureau exécutif national se met à militer dans un parti politique, il sera simplement et purement démissionnaire , nous nous sommes engagés tous et nous devons le respecter.

Le Bénin vient de célébrer ses 60 ans d’indépendance, de votre expérience, comme est-ce que vous voyez le Bénin indépendant?

Je vois le Bénin indépendant sur le plan du futur parce que nous ne le sommes pas encore complètement. L’indépendance a été prononcée en 1960, le 1er août et depuis, il y a beaucoup de travaux qui ont été effectués.

Il y a eu beaucoup de période également dans notre histoire. Les périodes ont été dans le temps de l’après colonialisme, le temps de la révolution avec le parti léninisme, du temps de la révolution soviétique, puis après ça a été le temps de l’avènement du renouveau démocratique avec la conférence nationale des forces vives qui a marqué une étape importante et puis après, on est dans une autre expérimentation à laquelle on a pas encore vraiment donné un nom.

Mais ça va arriver, l’histoire va se tracer, elle va se construire progressivement. Ce que j’ai envie de dire, c’est que nous devons construire l’indépendance. Nous ne pouvons pas dire que nous fêtons véritablement chaque 1er août. On est heureux de le faire mais ça ne suffira pas.

Il faut construire l’indépendance en étant vraiment indépendant sur le plan de la nation parce que la nation doit se construire.

L’Etat est entrain, de se construire. Avec les régimes, qu’ils soient démocratiques ou révolutionnaires, sont les différentes étapes de construction de l’Etat. Mais nous devons arriver à l’Etat-Nation. Il faut le peuple derrière l’Etat et ça, on est pas encore tout à fait dans l’effort. Il faudrait dont qu’on fasse l’effort d’aller un peu mieux.

Un dernier mot pour conclure cet entretien?

Le dernier mot c’est de dire que ce que je propose, c’est un modèle de développement porté par chacun de nous. Le développement n’est pas seulement la question d’un Etat, la question du gouvernement. Non, il faut accompagner les gouvernements , il faut accompagner les programmes également pour que nous puissions réussir. C’est pour ça que la politique politicienne ne nous intéresse pas.

Donc, nous voudrions proposer que chaque localité devienne le terreau fertile pour un développement. Il faut faire du développement à la base. Faire en sorte que chaque entité puisse identifier ses forces et ses faiblesses pour construire son modèle de développement.

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