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Côte d’Ivoire: si Ouattara est le méchant, Guillaume Soro est le catalyseur sournois

Guillaume Soro a indiqué avoir parlé avec l’ancien président de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo. Il a indiqué avoir demandé pardon, tout en soulignant le fait qu’il s’est trompé.

« Quand j’ai eu Laurent Gbagbo au téléphone, je lui ai présenté des excuses, je lui ai présenté mon pardon. Je lui ai dit ceci : Je me suis trompé sur la personnalité de monsieur Ouattara. Je pensais que Monsieur Ouattara, une fois élu, allait, un, réconcilier tous les enfants de la Côte d’Ivoire; Deuxièmement, qu’il allait bâtir un État de droit. Troisièmement, qu’il allait faire entrer la Côte d’Ivoire dans la démocratie. Et enfin, comme il a un profil économiste, j’ai pensé qu’il allait relever économiquement la Côte d’Ivoire. Malheureusement, je me suis trompé », a déclaré Soro dans un entretien avec Afrique Média.

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L’ancien Premier ministre a ajouté que « lors de ce coup de fil, j’ai été d’autant plus ému qu’il n’y avait pas d’animosité de son côté, encore moins du mien ». Cependant, une chose qui ne justifie réellement pas un « coup de force », une rébellion, ou encore une guerre, c’est simplement de penser que celui qui viendrait « peu mieux faire ». Il va sans dire, des propos de Guillaume Soro, que Laurent Gbagbo gérait mal le pays, avait fait tomber son économie ou encore qu’il était un dictateur.

L’embrouille ou le jeu de dupe

Dans tous les cas, si Soro pensait toutes ces choses de Ouattara, c’est qu’il estime que ce sont des critères qui n’existaient pas sous la gouvernance de Gbagbo. C’est certes, un soulagement pour l’ex-chef rebelle d’avoir eu une conversation avec Gbagbo, mais il n’en est pas moins qu’il n’a jamais renié son « idéal » qu’il pensait avoir trouvé chez Ouattara. Si donc, pour Soro, Gbagbo n’avait pas toutes ces qualités de bon gestionnaire ou de démocrate, pourquoi vouloir encore s’allier avec lui, une fois tombé en disgrâce avec Ado ?

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Le jeu de Soro est flou et il est clair qu’en réalité il y avait un gout du pouvoir qui a pris le dessus en 2010, puis cette fois, un besoin de vengeance. L’histoire est en train de se répéter en Côte d’Ivoire et cette fois, les rôles sont inversés et il n’y a plus personne à utiliser comme bouc émissaire, Gbagbo étant hors du pays cette fois. Cela se joue désormais entre des alliés d’hier qui ne peuvent plus se sentir (Ouattara, Bédié et Soro) ; sauf qu’à ce rythme, ce sont les pauvres ivoiriens qui souffriront de la soif de pouvoir et de vengeance de politiques pas très inspirés.

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