Candide Azannaï et Léon Ahossi FB + Montage

“Cette opposition-là n’est pas capable…”

Encore quelques mois et le président Patrice Talon va valider un second visa pour un nouveau mandat de cinq ans. L’alternance prônée et souhaitée par certains ne sera donc que vœu pieux.

Que peuvent attendre les béninois d’une opposition qui n’est pas capable de parler le même langage au nom de l’intérêt général. Une opposition incapable de mener des actions concertées et coordonnées. Une opposition incapable d’anticipation. En tout cas, celle qui est là n’est simplement pas capable et ne mérite pas de prendre le pouvoir.

A Lire aussi: C’est la FCBE qui constitue la force alternative”, Alassane Djimba Soumanou

Chercher sur le landerneau politique béninois l’opposition au régime du président Patrice Talon, et vous ne la trouverez pas. Réunie dans un pseudo creuset dénommée la résistance dont la prétendue mission serait la restauration de la démocratie et de l’Etat de droit, cette opposition là travaille à se neutraliser au sein de sa propre organisation.

Réduite à du vent…

Totalement ignorante de la stratégie, de l’agenda et du plan d’actions de l’adversaire qu’elle prétend pourtant renverser, cette opposition là, de façon sporadique ne fait des sorties que pour étaler devant l’adversaire ses faiblesses, ses dissensions internes et ses incapacités. A titre illustratif, le samedi 22 Août 2020, un pan de la résistance sort de sa torpeur à la faveur d’un atelier d’évaluation et d’élaboration d’une feuille de route qui s’est tenu au Chant d’oiseau de Cotonou.

A cette rencontre dite d’élaboration de feuille de route pour des actions futures, la plupart des figures de proue de cette résistance n’était pas au rendez-vous. Mieux, elles n’étaient même pas informées de cette activité qui pourtant les engage. Quelques jours après l’événement du chant d’oiseau, Basile Ahossi sur une chaîne de télévision affirmait être surpris d’apprendre sur les réseaux sociaux que la résistance tenait un atelier à Cotonou.

Les dissensions au sein de cette force de lutte pour la restauration de la démocratie et de l’Etat de droit vont jusqu’aux positions par rapport à l’élection présidentielle de 2021.

Si le mot d’ordre de la résistance est que l’urgence n’est pas les élections mais la poursuite de la lutte pour la restauration de la démocratie qui serait en difficulté, les faits sur le terrain démontrent que chaque force de cette résistance à son objectif qui n’est forcément pas l’objectif de l’ensemble.

La preuve, même s’il est claironné par son président que le but de la création du parti “Les Démocrates” n’est pas la présidentielle de 2021, on n’est pas pour autant moins dans la dynamique d’une non participation à cette élection si les conditions entre temps changeaient.

De son côté, le parti union sociale libérale désemparé sans doute par cette ambiance est désormais un abonné absent aux activités de la résistance.

Le calcul politique, la vraie raison du choc “RE-Les Démocrates”

Le spectre de la guerre de logos et les querelles de leadership qui ont empêché les forces de l’opposition de constituer dans le cadre des élections législatives de 2019, un grand regroupement politique sont encore de retour. Les récents piques que le président du parti Restaurer l’espoir , le ministre Candide Azannaï et l’honorable Basile Ahossi, du parti “Les Démocrates” se sont lancés sont en réalités les manifestations visibles de cette guerre de logos et de leadership qui a plombé l’union tant sollicitée par le peuple béninois en 2019.

En effet, quand on prend les partis sérieux de la résistance, seul le parti Restaurer L’Espoir de Candide Azannaï dispose pour le moment d’une existence juridique. Le parti Union Sociale Libérale de l’homme d’affaire Sébastien Ajavon n’a jamais réussi à obtenir son récépissé d’existence. Du côté de l’ancien président Boni Yayi et de ses proches, on connait déjà le sort qui a été celui du parti FCBE.

A Lire aussi: Bénin ; Présidentielle 2021: la FCBE obtiendra le parrainage, selon Paul Hounkpè

Le chef de fil de la résistance, l’ancien président-maire Nicéphore Soglo n’a plus quant à lui, de parti politique. La renaissance du Bénin n’a en effet pas survécu à la dissension interne alimentée par certains cadres du parti qui l’ont finalement explosé pour ensuite le fusionner dans les deux blocs politiques proches du président de la République.

Dans cet environnement, si par extraordinaire le contexte politique changeait et que l’opposition devait porter une candidature, c’est donc probablement sous la bannière du parti Restaurer l’Espoir que l’opposition fera bloc autour de son candidat.

“Les Démocrates”, l’autre résistance

Alors qu’il avait été entre temps annoncé de formaliser “La résistance” pour en faire un creuset légal pouvant permettre de mener en toute légalité des actions politiques sur le terrain, les calcul ont finalement conduit à la création d’un nouveau parti politique dénommé “Les Démocrates”.

La création de ce nouveau parti, loin d’arranger les choses entre les forces de la résistance, a davantage creusé l’écart. L’objectif de départ semble désormais être de plus en plus abandonné au profit de querelles personnelles. En ce moment, “l’autre opposition” affirme être prête pour la présidentielle de 2021.

Si cette opposition là ne sait pas là où elle va, l’autre opposition est déjà prête pour la présidentielle….

Les inquiétudes soulevées par la question du parrainage et qui suscitent moult réactions est de voir l’actuel président de la République être candidat contre lui-même. Cette crainte semble de plus en plus être dissipée car désormais, deux partis politiques qui se réclament de l’opposition affirment avec certitude qu’ils sont entrain de boucler les négociations pour obtenir les 16 parrains nécessaires pour présenter un candidat.

Un courage indien…

En effet, les responsables de l’un des “autres partis de l’opposition”, le parti des forces cauris pour un Bénin émergent ne sont plus préoccupés par l’obtention de la signature de 16 parrains pour présenter leur candidat à l’élection présidentielle. Selon le premier responsable de cette formation politique, l’ancien ministre Paul Hounkpè, le parti qu’il préside sera bien présent à la course pour la marina.

Il est soutenu dans sa position par l’ancien ministre Alassane Soumanou qui annonce pour bientôt le congrès du parti pour désigner démocratiquement les deux personnes qui représenteront le parti à cette compétition électorale.

Si des candidats sans parti politique, comme le professeur Joël Aïvo se dit confiant de pouvoir satisfaire à cette exigence, ce n’est pas le plus grand parti de l’opposition qui a six maires qui ne pourrait pas trouver des parrains députés et maires afin de prendre part à cette élection.“.

Garba Yaya

De son côté, le président de cet “autre parti politique de l’opposition” que d’aucuns classent dans la même catégorie que le parti FCBE, une catégorie sur laquelle pèse des soupçons de connivence avec le pouvoir en place, se montre encore plus optimiste.

En effet, le président du Mouvement Populaire de Libération (MPL) Sabi Sira Korogoné, puisque c’est de lui qu’il s’agit annonce la participation effective de son parti politique à la présidentielle de 2021.

Notre silence nous a permis d’aller tester le dispositif du parrainage en rentrant directement en discussion avec des élus. Donc je pus vous dire aujourd’hui que le MPL a déjà téléchargé son parrainage à plus de 95%” martèle-t-il sur le plateau de Canal 3 Bénin

A en croire le président Sabi Sira Korogoné, quelques soient les intempéries, le parti mouvement populaire de libération sera sur la ligne de départ pour la présidentielle de 2021.

Le terrain est ainsi balisé pour tout au moins quatre candidatures pour la présidentielle prochaine, Dans ce lot de candidature, les forces polémistes de la résistance seront absentes. Mais l’opposition sera représentée par tout au moins deux partis politiques, le mouvement populaire pour la libération et le parti forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).

Un marcheur solitaire comme cerise sur le gâteau

Etre seul vaut mieux qu’être mal accompagné. C’est semble-t-il, l’option prise par l’agrégé de droit, le professeur Joël Aïvo. Evaluant les forces politiques de l’opposition qu’il a en face, le président du mouvement “Rassemblement” a préféré faire chemin seul que de s’accoquiner avec des acteurs politiques instables.

Ainsi, contrairement à la tradition qui pousse un présidentiable n’ayant aucun parti politique à aller négocier l’accompagnement des acteurs politiques, l’ex président de l’association béninoise du droit constitutionnel n’a pas voulu entrer dans les méandres des acteurs politiques.

Il juge plus bénéfique d’aller directement en contact des populations que de s’enchainer avec des personnalités qui n’ont de réflexes que l’intérêt personnel.

Et pour finir

Et pour finir, une guerre d’égo avec une opposition en guerre contre elle-même, déchirée, et presque mise en lambeau. Une opposition sans boussole avec des membres qui sont restés encapsulés dans leurs souvenirs, alors que cela fait longtemps que le beau temps est terminé.

Prise à dépourvu par la mouvance présidentielle avec sa politique de ruse et de rage, cette opposition n’a fait que subir les assauts répétés du régime au pouvoir, car incapable d’anticiper les coups de son adversaire. Et comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, 2021 tend à être une copie conforme, voire parfaite de la situation inédite des législatives de 2019.

3 commentaires
  1. valentin dit

    une guerre d’égo avec une opposition en guerre contre elle-même, déchirée, et presque mise en lambeau. Une opposition sans boussole avec des membres qui sont restés encapsulés dans leurs souvenirs, alors que cela fait longtemps que le beau temps est terminé.
    Oooh! une opposition sous l’emprise de la haine et qui ne trouve vraiment rien a reprocher au gouvernement en place.
    Vous savez, quant on a vraiment pas d’argumentation solide a son raisonnement , on ne peut que divaguer.
    Une opposition au lieu d’être constructive n’est que destructive n’a plus sa place dans notre société. Les Béninois sont politiquement murs et ne peuvent plus accepter la démagogie. Et C’est cela ce qui se passe a juste titre

  2. valentin dit

    Les gens qui ont si tant de choses a se reprocher ne peuvent que résonner au lieu de raisonner. Ils n’ont plus rien a dire que de vilipender.
    Ils n’ont plus assez d’arguments pour convaincre le peuple qui d’ailleurs les avait vu faire hier beaucoup moins que ce que fait l’autre aujourd’hui.
    Il aurait été mieux qu’ils commencent par appliquer la loi du faible.
    “IF YOU CANNOT BEAT THEM, JOIN THEM” Et c’est d’ailleurs mieux pour eux

  3. enfant de Dieu dit

    IL y a un adage qui dit : IL faut se méfier du chat qui dort.

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