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Bénin – Journée Mondiale des Pharmaciens : Docteur Sylvie Alladayè en parle (vidéo)

Docteur Sylvie Alladayè en parle Depuis déjà 11ans les pharmaciens du monde ont retenu le 25 septembre pour célébrer la journée mondiale des pharmaciens, mais qu’on en parle très peu. Au Bénin, dans un entretien exclusif accordé à la rédaction de Benin Web Tv, Docteur Sylvie Chantal Alladayè Padonou, nouvelle présidente de l’Ordre National des Pharmaciens du Bénin en parle et en profite pour présenter le métier et son programme d’action.

Une journée connue par peu de personnes, pourtant existe depuis 2009, la Journée Mondiale des Pharmaciens (JMP). Il est loin le temps où le pharmacien était un simple distributeur de médicaments. Aujourd’hui ses missions ont été considérablement étendues , outre le contrôle des ordonnances et les conseils aux patients, le pharmacien est l’un des acteurs clés de la santé publique. Il se trouve être en première ligne dans tous les cas de maladies, mais aussi au cours de cette pandémie de Covid-19 qui a déjà fait à ce jour plus de 983.000 décès dans le monde. Cette Journée mondiale des pharmaciens est célébrée tous les 25 septembre et au Bénin, Docteur Sylvie Chantal Alladayè Padonou, présidente de l’Ordre National des Pharmaciens du Bénin, nous en parle, mais aussi présente la diversité du métier du pharmacien qui n’est rien d’autre que le thème retenu cette année.

C’est qui un pharmacien et comment le devient-on ?

A cette première interrogation, Dr Sylvie Alladayè explique que pour prétendre faire la pharmacie qu’il faudrait d’abord avoir Baccalauréat dans une série scientifique, s’inscrire dans une université en faculté de pharmacie et faire ensuite des études pendant six ans qui seront sanctionnées par un doctorat d’Etat en pharmacie. Pour la présidente de l’ONPB, le pharmacien est un professionnel de santé de proximité qui veille sur la santé de la population. « Ce dernier est soumis au code de déontologie et valide les ordonnances médicales après avoir vérifié leur régularité technique. Le pharmacien est ce professionnel qui est disponible sans rendez-vous, qui est à l’écoute des malades et qui veille sur la santé de la population. »

 Le Pharmacien n’est-il qu’en officine ?

Le pharmacien n’est pas qu’en officine. Quand on dit pharmacien, la population pense que c’est derrière un comptoir. Les études de pharmacie offrent beaucoup de perspectives professionnelles. A déclaré Dr Sylvie Alladayè Padonou, avant de présenter cette multitude métiers que l’on peut retrouver chez les pharmaciens. Pour elle, c’est le pharmacien qui fabrique les médicaments et lorsque les médicaments sont fabriqués, c’est lui qui les distribue (le pharmacien grossiste). C’est aussi lui, qui en officine les dispense (le pharmacien d’officine). Le pharmacien peut-être un biologiste, dans ce cas, il fait les analyses biomédicales. Nous retrouvons le pharmacien dans l’industrie (pharmaceutique, cosmétique, agro-alimentaire), sans oublier les pharmaciens chercheurs, enseignants et ceux que nous retrouvons à la fonction publique, qui sont des inspecteurs. Ces derniers veillent à ce que les bonnes pratiques officinales soient respectées dans les pharmacies.

 Pourquoi une Journée Mondiale des Pharmaciens ?

La journée mondiale des pharmaciens a été initiée pour la première fois, le 25 Octobre 2009 par la fédération pharmaceutique internationale et nous en sommes à la 12è édition dont le thème est : « la diversité du métier du pharmacien », dixit la présidente de l’ONPB. C’est une journée qui a pour objectif de faire connaître aux populations, le rôle du pharmacien et sa mission ? Rien que pour cela, il y a nécessité de s’y attarder pour rendre hommage aux pharmaciens, qui, comme de nombreux professionnels de santé, ont été en première ligne lors de cette crise sanitaire mondiale liée au coronavirus. Quid de leur implication dans la gestion de cette crise au Bénin « Les pharmaciens sont vraiment impliqués dans cette chaine des professionnels de santé pour la riposte contre cette pandémie. Nous avons été associés, nous travaillons la main dans la main avec le ministère de la santé. Nous avons dans nos officines des masques à prix subventionné. Le pharmacien étant le professionnel de santé de proximité, c’est vers lui que se dirigent les populations pour exposer leurs préoccupations. Le pharmacien étant à l’écoute, il les oriente si c’est nécessaire vers le centre de dépistage, le pharmacien donne des conseils, sensibilise sur le respect des gestes barrières et vous ne pouvez entrer dans une pharmacie sans porter du masque, sans vous laver les mains. Aussi vous ne pouvez pas rester à l’intérieur sans respecter la distanciation. Nous avons la chloroquine qui est disponible dans les pharmacies. C’est la preuve que le gouvernement a vraiment associé le pharmacien béninois. » A-t-elle déclaré.

Pendant cette saison où le paludisme sévi nous devons aussi le prévenir. Comment?

C’est là, l’autre interrogation que se pose les béninois et à laquelle, Dr Sylvie Alladayè Padonou, a répondu tout en apportant des conseils aux populations. Tout en reconnaissant qu’avec la pandémie de COVID-19, on a oublié un peu le paludisme qui fait des ravages surtout pour les sujets fragiles, comme les enfants à bas-âge, les femmes enceinte : « C’est le lieu de rappeler à la population qu’il faut prévenir le paludisme en respectant les mesures simples que nous connaissons déjà, et que tous les sujets fragiles dorment sous moustiquaires imprégnées. Qu’on nettoie les alentours de la maison, qu’on mette des grilles moustiquaires aux fenêtres et aux portes et qu’on éloigne les mauvais herbes de l’alentour de la maison et lorsque on sent les premiers signes du paludisme qui ressemblent un peu aux premiers signes d’autres maladies, il faut se rendre à l’hôpital. »

Quels sont les axes d’actions de la nouvelle présidente de l’ONPB ?

Bien avant de décliner les axes sur lesquels, elle souhaite conduire son mandat, elle a rappelé que c’est suite aux réformes engagées par le gouvernement de la rupture, après la crise qu’a connu le secteur de la pharmacie, qu’elle a été élue. Désormais l’ordre des pharmaciens est régi par le décret 2019-500 du 13 novembre 2019, portant organisation et fonctionnement de l’ordre des pharmaciens du Bénin et c’est sur cette base que des élections ordinales en rang serré, démocratiques et transparentes de tous les pharmaciens, que l’actuel conseil a été élu. Son programme d’action se présente comme suit :

  1. Redorer l’image du pharmacien béninois
  2. Réorganiser la profession et réhabiliter le tableau de l’ordre. Pour exercer le métier du Pharmacien, en plus du diplôme, il faut être inscrit au tableau de l’ordre. Puisque depuis deux ans où il y avait la crise, beaucoup de pharmacieens n’ont pas été inscrits parce que l’ordre était suspendu.
  3. Améliorer la disponibilité du médicament et son accessibilité géographique.
  4. Veiller à la formation professionnelle continue des pharmaciens et à l’évaluation de leurs pratiques professionnelles
  5. Travailler la main dans la main avec les autorités, parlant de l’agence béninoise de régulation pharmaceutique (ABRP) pour mettre à la disposition de la population des médicaments de qualité et veiller à ce que partout où le médicament est manipulé qu’il y ait le pharmacien.

Conseils aux populations

« Je dirai à nos chères populations d’avoir confiance aux pharmaciens, puisque le pharmacien est le professionnel de santé de proximité, c’est lui le spécialiste du médicament et la population doit savoir que le médicament n’est pas un produit anodin. Sa définition, c’est un remède et un poison. Un remède parce que ça guérit et c’est un poison parce que ça peut tuer, d’où il est nécessaire que ça soit le professionnel du médicament qui s’en occupe et qu’il soit prescrit par le médecin. Je dirai donc aux populations que le bon médicament est en pharmacie et qu’il faut qu’ils fréquentent les pharmacies parce que nous avons les médicaments sous noms génériques qui ne coûtent pas chers et le professionnel est là pour les aider à mieux s’occuper de leur santé et leur donner une éducation thérapeutique » a-t-elle déclaré comme mot de fin de l’entretien.

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