“Arrêtons le mythe”, par Dr Charles Ligan

Avec un grand pincement au coeur, je lis des posts à travers lesquels des “lettrés” comparent à la va-vite la situation scolaire du Bénin avec celle de certains pays de l’Europe.

Ils osent même gloser sur la problématique du passage systématique en classe supérieure à l’école primaire. De très fausses comparaisons, oui. Si les autres reçoivent toute l’éducation et la formation (famille, école, université) dans leurs langues maternelles, ce qui d’office leur donne toutes les facilités…dans quelles langues formons-nous en Afrique ? Au Bénin ?

Combien d’heures leurs parents passent au travail par jour? Nos lettrés ont-ils idée de l’accompagnement social dans ces pays ?

Ici, au Bénin, sait-on vraiment en combien d’années le jeune enfant qui accède à l’école apprend la langue de l’autre (français, par exemple) avant de s’installer dans sa formation scolaire ? Ce qui me paraît toujours curieux dans ces histoires, c’est que les lettrés et autres bons apôtres font ces déclarations pensant qu’ils sont les premiers ou les seuls à vivre dans ces pays ou à les découvrir.

Dommage! Le mythe de “je sais tout”…

Aucune notion solide des réalités de la pédagogie et de la didactique…pourtant, ils se font voir comme les bons apôtres parce portant des réflexions téléchargées de loin. Des écrits désincarnés …dépourvus de toute connaissance vraie des réalités africaines et locales.

Franchement, arrêtez ça ! Si nous sommes vraiment soucieux de l’avenir de ce pays, de son rayonnement à partir de la construction d’un système éducatif solide et qui nous ressemble, prenons la peine d’exploiter quelques unes des nombreuses études disponibles sur ces questions. Aidons-nous les uns les autres et par ricochet notre pays en disant vrai, en nous débarrassant des préjugés et des affabulations routinières.

Il y a trop de jeunes compétents et d’excellents enfants dans ce pays.

J’en suis très convaincus. Je vous le jure. Quelques réglages ou réajustements à faire et on se surprendra heureusement.

Associez les bonnes personnes. Mettez-les dans les positions qu’il faut et vous en apprendrez des nouvelles sur les merveilles de cette Afrique/ ce pays. Tout ne se limite pas aux discours biaisés et aux fanfaronnades. Pour les cinquante années à venir, soyons un peu plus honnêtes, réduisons la gloutonnerie qui poussent très souvent à faire des échafaudages institutionnels et intellectuels malencontreux pour le grand nombre. Ce faisant, j’ai l’intime conviction que c’est Dieu Lui-même qui sera très fier de nous en nous accordant des faveurs sublimes pour notre pays.

Akɔ̀we dotɔkan tò kɔ̀ lɛ̌, mi dókɔ̀dò ná nukɔ̀n ní wlé ayú!

Oh chers lettrés, apprenez à réfléchir sans complexe ni mythe pour le meilleur du monde.

Dr Charles Ligan

3 commentaires
  1. TCHIBOZO Séverin dit

    Je vous soutiens. Très bonne analyse. Le français n’est pas notre langue maternel.

  2. COOVY dit

    Je n’ai vu aucune proposition concrète dans ce discours.
    C’est le mal dont souffre mon pays depuis l’indépendance : l’abondante critique verbale suivi de ‘je peux faire mieux! Il faut mettre les gens qu’il faut !’, avec beaucoup de bon français, tout en disant que le français n’est pas notre langue.
    Et après, rien.
    Il est grand temps que les ‘intellectuels africains et béninois bavardent moins et agissent de façon plus positive pour faire progresser leurs pays.

  3. Macus dit

    Celui là se croit intellectuel. Mais non. Le discours rempli de terme injurieux, montre que cette analyse n’a rien d’intellectuel, juste un fustré, seul à savoir pourquoi. On peut ne pas partager, les analyses d’autres, on convainc par des propositions meilleures. Mais ici, rien que : vous êtes mauvais, c’est moi qui connait.
    Docteur écrivez simple sans insultes et proposez nous quelque chose de meilleure, on verra.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.