Expédit Ologou, journaliste, éditorialiste et analyste politique, également président du Civic academy for Africa's future (CIAAF), un centre de recherche sur la gouvernance.

“La plupart des gouvernants du Bénin ont le sentiment qu’ils sont les plus intelligents”, Expédit Ologou

Pour la célébration des 60 ans d’indépendance de la République de Dahomey, devenue Bénin , un panel de discussion a été organisé à Cotonou par un média international afin de tirer le bilan. Lors de ce débat, le journaliste et analyste politique, Expédit Ologou a relevé un point négatif de la gouvernance au Bénin qu’est “le syndrome des grands recommencements”.

La République du Bénin a célébré, samedi 1er août, ses 60 ans d’indépendance dans le contexte de pandémie due au Covid-19. Pas de défilé militaire, juste une cérémonie de dépôt de gerbes et une autre, plus solennelle, de prise d’armes à la présidence de la République. Si le gouvernement béninois a annoncé qu’il n’y aurait aucune festivité, RFI a consacré une émission spéciale pour un bilan des 60 ans d’indépendance.

Animé par le journaliste camerounais Alain Foka, le débat a réuni un panel de 4 invités , à savoir : Huguette Bokpe Gnacadja ( Avocate), Adrien Ahanhanzo-Glèlè (Ancien ministre du Bénin), Me Olga Anassidé (Avocate) et Expédit Ologou, journaliste, éditorialiste et analyste politique, également président du Civic academy for Africa’s future (CIAAF), un centre de recherche sur la gouvernance. Pour ce dernier, les 60 ans d’indépendance du Bénin peuvent être caractérisés par “incapacité”, “suspicion”, et “informel”.

“Nous sommes tous suspects à nos yeux”

“On peut être un peu objectif et voir que ce qui pourrait caractériser les 60 ans d”indépendance du Bénin est deux mots ; “incapacité” et “Suspicion” et puis un troisième “informel”. Nous avons un pays qui a été incapable de devenir un Etat réel, qui a été incapable de devenir une nation, qui a été incapable de devenir une démocratie qu’elle a toujours voulu être et qui a été incapable de devenir une force économique alors qu’elle est à côté du Nigéria.” a déclaré le politologue.

“Nous sommes tous suspects à nos yeux. Les intellectuels ont été suspects, presque sur toute la ligne. Suspects d’être les meilleurs, suspects parce qu’ils n’étaient pas capables de gouverner comme on attendait d’eux” a déclaré Expédit Ologou. Pour le titulaire d’un doctorat de Science politique de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), nous sommes tous suspicieux l’un envers l’autre au Bénin, ceci depuis la période des indépendances à aujourd’hui. “ils [ les béninois, ndlr] sont si suspects l’un envers l’autre qu’ils ne peuvent pas se mettre ensemble pour travailler”.

“Tout ce qui, officiellement, se produit comme actes de l’Etat au Bénin est structuré par les envies , les passions, les intérêts purement informels. Le pouvoir, la gouvernance au Bénin ne se trouve pas là où on croit qu’elle est. Donc, l’informel capture ce que l’Etat devrait être.” a déclaré l’expert médias auprès de la CEDEAO et de l’Union Africaine qui a également évoqué un point négatif qui est structurant de l’histoire du Bénin. “La plupart des gouvernants de ce pays ont souvent le sentiment qu’ils sont les plus intelligents. Il n’y a pas une exception. Il n’y a pas ce chef d’Etat du Bénin, qui ne pense pas qu’il est probablement plus intelligent …, de telle sorte que, lorsqu’un Chef d’Etat arrive, il a l’impression que ceux qui sont venus avant lui n’ont absolument rien fait de bon et qu’il faut tout rependre de zéro.”

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