Kmal Radji – mémoire d’une élection (ép 2) : la conscience de l’environnement de vie


Dans notre inconscient collectif, nous les béninois avons été découragé à avoir des leaders. S’il est meilleur dans l’action , que l’action soit pour le bien collectif ou non, nous développons un silence collectif qui le poussera au doute, aux replis sur lui-même et nous le guettons ! Nous lui promettons un piège. Sans dire quoique ce soit, histoire de voir s’il est vraiment si génie que cela.

Si le leader est mauvais, nous profitons de toutes ses failles en attendant sa mort prochaine et nous nous attelons à ne pas Le rater. Le temps qu’il s’en rende compte, trop tard ! Telle est la substance de ce pays. Nous sommes un tueur de leader, un tueur de génie. Et c’est en lisant très tôt un piège sans fin d’OLYMPE Bhêly quenum que j’ai compris quelque chose dans l’inconscient imaginaire de ce pays. Nombre de fois je me suis posé la question de savoir combien de génie avons-nous assassiner ? Assez pour faire fuir tous les autres !

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Dans ce pays, la conscience politique s’est transformée en complot. Des complots populaires autant au sommet des gouvernements successifs qui se forment et se défont, autant au niveau du peuple, l’imaginaire du complot se transmet de génération en génération.

C’est un environnement unique qui ne permet aucune transmission. Aucune continuité. Dieu a beau venir ici, il subira l’effort collectif de ce peuple à nuire à ses miracles. Qui a donc dit qu’au Bénin il n’y a jamais de guerre ? . Il n’y a peut-être pas de guerre visible comme chez les autres ! Mais ici la guerre est silencieuse, au quotidien, constant, énergisé , nous avons développé une grande capacité à nous rassembler pour auto nuire ! Les plus imaginatifs d’entre-nous appellent cela : LA BENINOISERIE.

Il suffit que l’on puisse savoir entre nous, que tu es béninois pour te ranger dans une partie spéciale du cerveau que sans doute nous sommes les seuls à avoir développé. Et c’est ainsi que tous les étrangers du monde, étrangers à cette conscience développent ici des communautés qui profitent de nous pour s’enrichir, se construire leurs paradis. Nous acceptons les autres et nous nous refusons à l’unité créatrice de développement.

La meilleure façon de voir le phénomène c’est quand le béninois sort du Bénin : il évite tous les autres de sa communauté vivant sur le nouveau lieu. Il s’efface complètement avec une volonté de s’intégrer. Il n’invite pas dans son intimité tous ceux qui partagent sa culture, ses valeurs…de peur à ce qu’ils puissent le nuire, perdant ainsi toute opportunité de grandir ensemble comme chez lui. « un piège sans fin ». De ce constat, parmi tous les complots dont notre inconscient collectif a le genie, les plus dégoûtant sont les complots des pires leaders que nous pouvons avoir.

Au matin du 4 septembre 2016, j’avais décidé de faire passer un message à la mémoire collective en réalisant le clip du colonisé. Cette chanson qui était sur mon album. Et qui était une prise de conscience de l’environnement collectif. Je voulais tourner ce clip dans dantopka en immortalisant en scénario l’un des plus grands complots économique qui a ruiné bon nombre de famille dont ma mère à qui je refusais ce miraculeux tombola.

C’était surtout un devoir artistique car dans un environnement comme le nôtre, que je décris plus haut, il faut dire que les hommes vivant dans cet environnement n’ont aucune mémoire. Tel des imbéciles ils oublient vite tout, car se refusent de prendre conscience du danger qu’ils sont collectivement pour eux-même. Je dirai quand ils y arrivent, ils sont dégoûtés par ce qu’ils sont.

Il fallait immortaliser les scènes de ce complot AFFAIRE ICC dans cette vidéo. Aucun des acteurs présents ce jour, ne pouvaient imaginer qu’on était suivis dans le marché de dantokpa. Chaque faits et gestes étaient pris en photo comme si on essayait d’organiser un meeting populaire. Et c’était le cas ! C’était une performance scénique live ! Sauf que nous étions dans la rue ! Sous le prétexte que Nous étions entrain de tourner un clip. Les figurants de cette vidéo, étaient quelque acteur apprêtée au préalables, tous les autres étaient des participants qui sont venue de façon spontanée à la performance.

J’ai pour habitude de définir l’artiste véritable comme un être qui est au-delà du savoir, du savoir faire, avec la complicité de la science.

Mon manager ARMAND HADONOU est venue me voir. Kmal il faut qu’on arrête, quelqu’un est en train d’enquêter sur ce qu’on fait…
Le temps d’arrêter brusquement le tournage, des images circulaient déjà sur Whatssap partout avec le titre KMAL RADJI organise un meeting pour l’ennemie public numéro 1 à DANTOKPA… c’est un des acteurs du clip qui avait vus l’info dans des groupes Whatssap qu’il avait.

Je me rendais compte qu’Armand disait vrai ! Mais le marché dantokpa était ma maison ! en quelques temps, les enfants de la rue de ce marché allait devenir le bouclier de notre action. J’ai demandé une pause au staff il était 14h…
À suivre

1 commentaire
  1. raph dit

    vraiment quand on se prend pour quelqu’un d’important…
    c’est banal comme experience, voir meme une pure invention ?

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