Facebook lance “Reels”, son concurrent de TikTok, sur Instagram

Facebook se donne un coup de jeune avec le lancement de Reels, nouvelle fonctionnalité de vidéos courtes et amusantes sur Instagram, qui ressemble en tous points à TikTok, la jeune appli qui a conquis les jeunes et que Donald Trump menace de bannir.

Avec Reels, comme sur TikTok, les vidéos sont destinées à être partagées et découvertes au-delà du cercle de contacts, “offrant à chacun la chance de devenir un créateur sur instagram et de toucher des nouveaux publics sur la scène globale”, explique dans son communiqué le géant des réseaux sociaux. La spécificité de TikTok tient en effet à ses algorithmes ultra sophistiqués. Chez les anciens du secteur (Facebook, YouTube, Snapchat, Instagram…), les photos, vidéos et messages qui apparaissent sur le fil central sont d’abord liés aux contacts et aux choix des utilisateurs.

Sur le réseau social, “les contenus que vous consommez peuvent venir de n’importe qui”, expliquent des passionnés qui ont écrit une lettre ouverte à Donald Trump, publiée sur Medium. “Cela donne une voix aux créateurs (…) peu importe que vous ayez déjà une réputation ou que vous connaissiez quelqu’un de connu”.

TikTok recommande des contenus à visionner mais aussi à créer par ses utilisateurs, avec un catalogue infini d’inspirations sous forme de hashtags, défis et “memes” (images parodiques) à imiter.

Microsoft en mode revenge

Les négociations sont déjà bien avancées, a fait savoir Microsoft, et doivent se conclure avant le 15 septembre – la date limite fixée par Donald Trump avant une interdiction. Le groupe est censé racheter les activités de TikTok aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. En Chine, ByteDance opère une autre app, exactement sur le même principe, mais séparée.

Mais de nombreuses questions restent en suspens: comment, par exemple, séparer un réseau social en plusieurs morceaux, sans que ce soit un désavantage vis-à-vis des autres plateformes mondiales ? Microsoft devra aussi se plonger dans des questions de monétisation et de modération des contenus, sur une plateforme critiquée à plusieurs reprises pour les risques qu’elle pose en termes de crimes, comme la pédophilie.

Facebook ou Google, rompus à ces problématiques, auraient pu faire partie des repreneurs potentiels; mais ils font face à des enquêtes multiples sur leurs pratiques potentiellement anti-concurrentielles.

La société de Redmond (Etat de Washington) entretient de longue date des ambitions du côté des plateformes grand public et avait même cherché à acheter Facebook à ses débuts, remarque Debra Aho Williamson, analyste chez eMarketer.

“Acquérir TikTok lui donnerait une nouvelle chance de s’implanter dans un secteur tourné vers la jeunesse qui grandit très rapidement”, note-t-elle. “Et ce serait une façon de se venger des refus de Facebook”.

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