Aboubakar Yaya et Charles Toko

Contrôle de la mairie de Parakou: la position de Talon qui réduit les chances des FCBE

Les conseillers municipaux de Parakou sont convoqués ce vendredi 7 Août 2020 pour la reprise de l’élection du maire et de ses adjoints. La chance pour le parti FCBE de maintenir le fauteuil de maire est mince d’autant plus que Patrice Talon a interdit toute forme d’alliance politique entre les FCBE et les deux blocs politiques qui le soutiennent.

La décision rendue ce mardi 4 Août 2020 par la cour suprême invalidant un nouveau siège au parti Fcbe à Parakou semble être un coup de massue pour cette formation politique qui du reste avait des motifs d’être  fière d’avoir conquis cette municipalité. En effet, le parti des forces cauris pour un Bénin émergent a perdu suite à une décision de la cour suprême sa majorité qui constituait pour lui au regard de la loi le visa pour obtenir d’office le poste de maire de la municipalité.

Pas de relation contre-nature

La seule possibilité qui restait et qui pourrait permettre à cette formation politique d’obtenir par des jeux d’alliance, le fauteuil de la municipalité a été remise en cause par le chef de l’Etat, le président Patrice Talon. Qu’il vous souvienne que le président de la République, lors d’une rencontre qu’il a tenue avec des représentants des partis politiques ayant pris part aux élections municipales et communales du dimanche 17 Mai 2020, n’a pas caché sa désapprobation contre toute forme d’alliance incestueuse entre les deux partis qui le soutiennent et le parti FCBE.

Or, à l’issue desdites élections, le parti fcbe a pu obtenir 17 sièges contre 12 pour le BR et 4 pour l’UP. Une alliance entre les partis UP et BR les crédite de 16 sièges ce qui donnait toujours l’avantage au parti de Paul Hounkpè qui avait en son temps arraché le fauteuil de maire.

Avec l’invalidation d’un siège, le parti FCBE se retrouve avec 16 sièges. Une situation qui ouvre le boulevard aux partis proches de la mouvance de reprendre le contrôle de la mairie de Parakou car eux ont la possibilité de piocher dans le marigot des conseillers fcbe. En effet, en se mettant dans une alliance de gouvernance, les deux partis politiques proches du chef de l’Etat auront 16 sièges et pourront ainsi décharger Aboubacar Yaya qui n’aura été finalement maire de Parakou que pour deux mois en débauchant un conseiller fcbe.

Du côté des Fcbe, aucune possibilité ne profile à l’horizon. Aucune négociation de coulisse n’a à priori la chance d’aboutir si les deux autres partis doivent suivre le mot d’ordre du chef de l’Etat. Mais au delà de ce schémas, c’est l’impasse qui plane sur l’élection du prochain Maire de Parakou si les responsables du parti des forces cauris pour un Bénin émergent parviennent à maintenir la cohésion et la fidélité au sein de leurs conseillers.

En effet avec ce schéma, les deux forces en présence (les deux partis proches du pouvoir contre les fcbe) viennent avec le même nombre de sièges, soit 16 sièges de part et d’autres. Une situation qui rendra le choix d’un maire compliqué. La cour suprême de par sa décision aura créé cette situation alors que le recours déposé devant elle était intitu personnae  et non lié au siège. La cour dans sa décision aurait en effet pu invalider le siège du conseiller avec la possibilité qu’il soit remplacé par son suppléant.

Les erreurs du partis FCBE

Le parti des forces cauris pour un Bénin émergent est victime de ses propres erreurs politiques. Quand on n’a compéti dans un contexte politique difficile avec des crises internes, on mesure au millimètre près les actes que l’on pose. Quand on parvient à arracher une mairie pour laquelle on est même pas attendu, on prend ses dispositions.

  1. La première erreur des responsables du parti des forces cauris pour un Bénin émergent est d’avoir joué contre leur propre camp suite à un recours interne au parti.
  2. La seconde erreur du parti qui joue probablement contre lui peut être aussi le huis clos tenu entre le maire Aboubacar Yaya et le professeur Joël Aïvo lors d’une tournée effectuée par ce dernier à Parakou.
  3. Enfin, les responsables du parti des forces cauris pour un Bénin émergent ont annoncé avoir entrepris des négociations avec des maires des deux autres partis politiques pour avoir le nombre d’élus nécessaires afin de parrainer un candidat de l’opposition.

Ces erreurs politiques peuvent justifier dans une certaine mesure les difficultés actuelles du parti cauris tant il est difficile de faire aujourd’hui la démarcation entre la politique et les décisions des institutions de la République.

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