« Le parrainage dans son intention n’est pas forcément critiquable » Joel Atayi-Guèdègbé

Dans un entretien accordé au quotidien « Fraternité », le politologue Joël Atayi-Guèdègbé s’est prononcé sur la question de « parrainage » qui agite le milieu politique béninois ces derniers jours. Selon lui, le parrainage dans son intention n’est pas forcément critiquable.

L’expert en questions électorales Joel Atayi-Guèdègbé n’est pas entièrement en phase avec les débats que suscite le principe de parrainage retenu dans le code électoral.

Pour lui, une élection présidentielle est une élection assez sérieuse qu’on ne saurait ouvrir sans conditions. Il en veut pour preuve la constitution même qui a déjà mis des barrières mêmes si celles-ci sont combattues. « Les conditions initiales qui étaient contenues dans la constitution de 1990 ont été assez combattues, pour ne parler que de la limitation de 40 à 70 ans de l’âge des candidats. La question de la résidence au Bénin au moment de l’élection et non de la résidence au Bénin avant l’élection dans une durée donnée aussi a fait l’objet de large polémique » a-t-il fait remarquer.

Ces critères souvent imposés pour exclure certaines personnes, indique-t-il donne la preuve de l’importance de cette élection car tout le monde ne peut pas s’y retrouver. Mieux, poursuit-il, la  caution de 5 000 000 qu’on avait fixée au départ n’arrangeait pas forcément d’autres personnes qui se sentaient capables et qui ne disposaient pas de ces moyens financiers.

Le parrainage comme une avancée

Pour le politologue Joel Atayi-Guèdègbé, il ne faut pas perdre de vue que dans les réformes antérieures, l’argent était devenu le moyen d’écarter certaines personnes car les cautions étaient portées à un niveau assez élevées.

Pour Joel Atayi-Guèdègbé, c’est déjà une avancée que les députés aient pu déplacer le curseur en privilégiant le parrainage à une caution de candidature assez exorbitante.

La seule équation qu’il faut résoudre selon le politologue, c’est que cette réforme puisse permettre d’avoir le pluralisme dans le jeu politique. « Quand c’est bien fait, cela permet même que des élus d’un parti X en arrivent à donner leur parrainage à des candidats qui ne seraient même pas issus de leur parti » fait-il savoir.

L’exemple de la France où les candidats du parti communiste en arrivent à obtenir des parrainages d’élus de droite, donc d’idéologie complètement opposée, est bien éloquent, selon le politologue.

Parrainer un candidat n’est pas une adhésion à son programme

Pour Joel Atayiè Guèdègbé, il faut que les choses soient claires. Le parrainage n’est qu’un soutien à la candidature et qui s’arrête là pour permettre que le jeu se fasse sans que ce soit une adhésion au programme de celui qui voudrait se présenter sans être de votre bord politique.

« Donc, il va s’en dire que le mandat impératif étant interdit par notre constitution, on ne saurait imposer aux députés et aux maires qui sont dans l’état actuel des choses, les seuls à pouvoir parrainer, de n’apporter leur soutien qu’à des candidats issus de leur parti » martèle l’expert en question électorale.

A le croire, la parrainage devrait une garantie de pluralisme quand le jeu est déjà ouvert à la base dans les conditions de création de parti, dans les seuils de représentativité. « Cela en principe aurait dû aider à garantir que sans obtenir forcément la marge supérieure de 10, on ait une relative variété. » indique-t-i.

L’expert en question électorale en définitive estime que le parrainage intelligemment ou plus finement mis en place n’est pas une mauvaise chose. « Ça  met de la discipline dans la présentation des candidats et fait que substantiellement, l’électeur a la possibilité d’avoir des choix assez clairs si tant est que les gens aussi font l’effort de présenter des projets réellement alternatifs ou réellement distincts les uns des autres. » conclut-il

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