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Covid-19: le prix du pétrole brut s’écroule, celui du « kpayo » s’envole au Bénin

Face à la crise économique liée au Covid-19, le prix du baril de pétrole sur le marché international s’est effondré. Mais au Bénin, le prix du carburant à la pompe n’a pas bougé significativement. Mais à contrario, le prix du « Kpayo » a connu une augmentation de près de 25% ces derniers jours.

Face à la crise sanitaire mondiale liée au coronavirus, les mesures de confinement prises dans plusieurs pays ont pesé sur l’activité économique, et notamment sur les activités très gourmandes en carburant. Une situation qui a entraîné la chute libre du prix du pétrole. Ce qui a encore aggravé la situation, c’est la guerre des prix qui a éclaté entre la Russie et l’Arabie Saoudite, deux grands producteurs, au cours de la première moitié du mois de mars.

Une chute sans grosses répercussions à la pompe

Retombé jusque sous la barre des 20 dollars à New York ( mardi 21 avril 2020), le baril de pétrole n’avait plus évolué à de tels niveaux depuis 2002. Dans la même période, les prix à la pompe, au titre du mois d’avril au Bénin, se présentaient comme : essence : 505 F/l, pétrole : 510 F/l, gasoil : 520 F/l. Un niveau de prix qui était pratiquement le même depuis le mois de janvier, début de la pandémie du coronavirus. Si la valeur du brut s’effondre, celle du carburant à la pompe ne devrait-elle pas chuter drastiquement à son tour ?

Au Bénin, le prix à la pompe de l’essence et du gazole n’ont pas changé depuis le mois d’avril. Si cette cette chute du prix du baril n’a presque pas fait bouger celui à la pompe, plusieurs raisons peuvent être évoquées. D’une part, les taxes représentent une part importante de la facture payée par les consommateurs. D’autre part, l’ajustement des prix à la pompe prend du temps à se matérialiser. Certains pays ont également adopté une formule tarifaire pour que le prix à la pompe ne soit plus dépendant du cours du brut.

Une hausse du prix de l’essence frelatée « Kpayo »

Depuis quelques jours, le prix du litre de l’essence Kpayo de contrebande a grimpé de 325f à 500f, voir plus à certains endroits. Une situation causée par la nouvelle tarification adaptée par le Nigéria, d’où se fait l’approvisionnement en carburant. « Nous souhaitons conseiller une nouvelle grille de prix à la pompe de N140,80 à N143,80 par litre pour le mois de juillet 2020 », a déclaré la Nigeria Petroleum Products Pricing Regulatory Agency le mercredi 1er juillet 2020. Des sources au siège de l’agence à Abuja ont mentionné que l’augmentation ( une augmentation de 16 % ) de la valeur de l’essence en juillet était principalement due à l’augmentation des coûts internationaux du pétrole brut, car le système de gestion des prix avait été déréglementé.

Plus tôt en avril 2020, le gouvernement fédéral nigérian avait annoncé une réduction du prix de l’essence à la pompe de N123,50 par litre. En effet, le gouvernement fédéral avait annoncé il y a quelques mois son intention de mettre fin au régime de paiement des subventions, car il avait déclaré que le secteur en aval de l’industrie pétrolière serait entièrement déréglementé. Le gouvernement a déclaré que les prix de tous les produits pétroliers, y compris le carburant, seraient entièrement déterminés par les forces du marché.

L’augmentation du prix de l’essence « kpayo » n’est pas ainsi difficile à imaginer pour les consommateurs adeptes. De plus, avec la reprise de l’activité économique suite au déconfinement, une hausse du prix du baril est à craindre. Avec la levée des mesures, dans de nombreux pays, pour contenir la propagation de la Covid-19, on assistera à une relance du transport routier et de la production industrielle. Une relance économique synonyme d’une consommation importante du carburant, donc de la demande de brut, et par ricochet une hausse du prix du baril. Assistera-t-on, dans les jours à venir, à une nouvelle augmentation du prix de l’essence « kpayo » parce que le Nigéria aurait encore décidé une nouvelle grille tarifaire selon le coût mondial du baril ?

Tout porte à croire que l’essence à la pompe a de beaux jours devant elle et reprendra sa place dans le quotidien des béninois.

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