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Covid-19 au Bénin : La stigmatisation, l’autre symptôme tueur des patients

Des patients admis dans des centres de santé et centres hospitaliers du Bénin souffrent le martyr, depuis l’apparition, sur le territoire béninois, du coronavirus.

Les malades, souffrant du diabète, de l’hypertension, de difficulté respiration, d’asthme ou autres, sont souvent systématiquement catégorisés et pointés du doigt, comme étant des porteurs du coronavirus. Il est, certes, approuvé par les scientifiques qu’ils sont des personnes vulnérables et à risque, mais leur condition d’accueil et d’hospitalisation sont loin de refléter l’image révélatrice du Bénin que tente de projeter le gouvernement Talon. Que ce soit au centre hospitalier départemental de Porto-Novo, centre de santé de zone de Kowégbo (Cotonou) ou même au centre hospitalier et universitaire Hubert Mga de Cotonou, des cas sont légion.

« En plus de l’abandon presque de ma maman et son isolement systématique, mon va-et-vient au sien du centre est toujours accompagné des regards étranges des autres, qui n’hésitent aucunement à me pointer du doigt comme la fille, dont sa maman est atteinte du coronavirus », témoigne, avec larmes, Jacqueline, seule enfant autorisée à rester au chevet de sa maman, diabétique, hospitalisée au CHDO de Porto-Novo.

Pendant plus de 3 jours, alors que dame F. A. ne manifestait aucun signe lié à la covid-19 et sans les résultats du test de la PCR réalisée, le médecin traitant a annoncé qu’elle est atteinte de covid-19 et a autorisé son isolement. Et pour Jacqueline, « c’est dès cet instant qu’a commencé le calvaire ». « A l’arrivée, les résultats de la PCR sont négatifs. Mais pendant ces quelques jours, ma mère était déjà morte psychologiquement et la stigmatisation me tuait aussi », déplore la quadragénaire.

Au centre de santé de zone de Kowégbo, des agents de santé rencontrés soutiennent « qu’il y a, depuis peu, une méfiance totale et même un abandon presque des patients admis au centre et présentant des signes devant s’apparenter à ceux liés à la covid-19 ». Les symptômes du paludisme, n’étant pas loin de ceux de Covid-19, les paludéens subissent aussi parfois la même stigmatisation dans ces hôpitaux. Et pour ces agents, cette attitude résulte du manque ou de l’inexistence des matériels adéquats de protection des agents de santé, en général.

« Même s’il s’agissait de Covid-19, les patients ne méritent aucunement le traitement parfois inhumain qu’on leur inflige sans cesse avec surtout le regard moqueur des autres usagers de ces centres », se désole Albert, un des patients victimes d’un tel traitement négligeant.

Dans ces centres hospitaliers, il est pourtant aisé de lire « un patient mieux accueilli est à moitié guéri ». Mais avec ces nombreux constats, la majorité des patients rencontrés affirme « qu’il n’y a pas une mort aussi douloureuse que celle psychologique et infligée par les agents de santé, sensés vous sauver de votre mal ».

Le syndicat en a conscience

Dans un entretien accordé à un média privé, en début de semaine, Adolphe Houssou, porte-parole de l’intersyndical de la santé, a déploré le manque criard de matériels de protection pour les agents de santé. Dans son intervention, il a affirmé que des agents utilisent une bavette pendant plus d’une semaine alors même qu’il est recommandé de les changer toutes les 4 heures, après usage.

Un manque qui a causé la contamination, au virus, de nombre d’agents de santé. « Le personnel médical manque de matériels nécessaires pour sa protection et pour exercer convenablement sa profession au service des patients », a dénoncé le syndicaliste.

Des citoyens craignent aujourd’hui les hôpitaux et préfèrent s’adonner à une automédication (ce qui est vivement déconseillé, Ndlr), afin d’éviter de tels traitements et une probable contamination dans un centre, devant normalement les sauver.

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