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Bénin – Tentative d’assassinat de Léonce Houngbadji: une fiction ou une réalité?

Dans les grandes démocraties comme dans les petites, à l’instar de la nôtre, la fin d’un régime et les perspectives d’une alternance à la tête de l’Etat décuplent l’imagination des acteurs politiques et font naître les scénarios les plus sordides. Doit-on inclure dans ce chapitre les tentatives de coup d’Etat, dont « Jeune Afrique » nous a fait échos? Ou celle d’assassinat de l’opposant, Léonce Houngbadji. Ce dernier cas  attire plus notre attention. 

Depuis quelques jours, le Bénin est agité par deux tentatives. L’une de coup d’Etat orientée contre la personne du chef de l’Etat, Patrice Talon, et l’autre d’assassinat, orienté contre un opposant au régime. Les deux dossiers, bien que différents dans la forme, présentent quelques  similitudes. Mais la seule que nous allons considérer ici, c’est qu’ils suscitent tous les deux, le doute dans le cœur des Béninois.

Planification d’élimination physique de Léonce Houngbadji? Fiction ou réalité? En tout cas, si les Béninois continuent à se poser la question sur ce dossier, l’auteur de cette déclaration, le brigadier de police, Jean Cyprien Sèna Loko, croit à son affaire.

Dans une déclaration, publiée sur sa page Facebook, l’ancien fonctionnaire de la police républicaine expose comment il a été approché par le général, que dis-je, par l’ex général, Nazaire Hounonkpè, pour une mission d’élimination physique d’un opposant.

En effet, selon les témoignages du fonctionnaire de police, actuellement en clandestinité, en Europe, une mission lui a été confiée par sa hiérarchie, notamment par le directeur général de la police d’alors,. Cette mission, selon son témoignage, consiste à tirer sur l’acteur politique.

Les conditions pour réussir la mission lui seraient créées et, en guise de reconnaissance, il recevra un pactole, une somme de 10 Millions de FCFA, assortie d’une promesse de promotion. Evidemment, il déclina l’offre et devient, pour ainsi dire, la cible de sa hiérarchie. Voilà le résumé que l’on peut faire de cette affaire, qui défraie, depuis quelques jours, la chronique sur les réseaux sociaux, au point de faire subitement oublier le dossier de coup d’Etat.

Mais quelle crédibilité peut-on accorder aux témoignages de ce fonctionnaire de police. Ses déclarations sont-elles aussi solides pour tenir face à la rigueur du sens de discernement, de la lucidité d’analyse des Béninois? Il faudra certainement plus pour cet officier de police, sorti de nulle part, pour obtenir une once de crédit de la part de ses concitoyens. En tout cas, plusieurs questions restent à élucider.

Léonce Houngbadji, une bête noire pour le régime? 

Depuis l’avènement du régime de la rupture, en 2016, ses méthodes sont observées et connues de la plupart des Béninois qui n’ont pas troqué leur conscience contre le numéraire ou contre une position.

Rigide envers les opposants? Oui, le régime de Patrice Talon l’est. La preuve, beaucoup d’entre eux sont en exil et quelques uns traînent les fesses sur les bancs de nos prisons. D’ailleurs, condamner à une lourde peine un opposant pour des présumées infractions semble être la spécialité du régime. Mais planifier l’assassinat d’un opposant, cela suscite des doutes.

Le doute est d’autant plus grande qu’il s’agit du président du parti pour la libération du peuple, qui, en dehors de ses longs écrits sur les réseaux sociaux, ne constitue logiquement aucune menace sérieuse pour le régime.

Prendre autant de risque pour un enjeu aussi mineur ne semble pas être la faiblesse de ce régime « méticuleux », qui planifie tout et qui a toujours une longueur d’avance sur ses adversaires. Le scénario de l’élimination physique de Houngbadji à notre entendement semble beaucoup plus proche d’une chimère qu’une réalité.

Il est vrai qu’à maintes reprises, le président du parti pour la libération du peuple a évoqué l’insécurité qui planait sur sa personne, parce qu’il serait filé par des individus non identifiés. L’intimidation de ses adversaires reste aussi un moyen utilisé par ce régime.

Qu’il vous souvienne que beaucoup de jeunes acteurs politiques de l’opposition ont fait l’objet d’élèvement par les forces de l’ordre, alors qu’ils étaient en circulation. Si le gouvernement décide d’aller par les moyens forts et d’incarcérer l’ancien journaliste, il trouvera bien les moyens de le faire.

Il est évident qu’il me sera opposé l’argument, selon lequel un régime, qui autorise des fonctionnaires de l’Etat, mandatés pour protéger le peuple, de tirer sur des civils à bout portant, serait capable d’éliminer physiquement un opposant. Soit, mais pour quel mobile? Car aucun crime crapuleux ne peut se commettre sans un mobile valable. De ce point de vue, il faut plus qu’un Léonce Houngbadji pour perturber ce régime.

Et si l’origine du montage était ailleurs?

Pour un dossier d’assassinat, le directeur général de la police républicaine, le général Nazaire Hounnonkpè, a montré qu’il n’était pas un spécialiste de basse besogne, si basse besogne, il  y avait.

En tout cas, à écouter le récit du brigadier de police, Jean Cyprien Sèna Loko, on a le sentiment que, si le général avait véritablement reçu l’ordre d’éliminer un opposant au régime, il n’avait pas le cœur à l’ouvrage de commettre ce forfait. Le récit, bien que suscitant, à priori, de l’émotion, lorsqu’on reprend ses esprits, on est assailli d’interrogations. L’une d’elle est de savoir et si le montage est venu d’ailleurs.

En politique, tous les coups sont permis et chaque protagoniste recherche le timing pour porter de coup à l’adversaire. Le policier en clandestinité n’est pas un inconnu pour Léonce Houngbadji. Les deux ont été en service dans un même ministère et se connaissent  bien.

Qui sait s’ils n’ont pas eu le temps de développer beaucoup d’affinité. A quelques mois d’une élection présidentielle, c’est le propre de presque tous les pays que de vieux dossiers soient agités et d’autres créés de toute pièce dans le but de porter un coup à un potentiel candidat. Ne serions-nous pas dans ce scénario?

Nous n’avons pas des éléments pour être affirmatif. Mais ce dossier de tentative d’assassinat ne doit pas agiter davantage l’atmosphère politique du pays qui a besoin de plus de lucidité face aux innombrables équations, qui se posent au peuple béninois face à l’incertitude que représente la présidentielle de 2021.

2 commentaires
  1. Ishola dit

    Pour moi les deux ,et Léonce et le policier non retraité sont tous nuls. Personne en Afrique ne connaît Léonce comme opposant. Lui même est en train de provoquer talon par tous les moyens pour se faire condamner et demander asile politique en France. Ils sont tous les deux médiocres.

  2. djemo dit

    chef tu ne vas convaincre personne
    l’affaire là est grave

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