Patrice Talon, président de la République du Bénin. @Présidence du Bénin

Bénin – Présidentielle 2021: Patrice Talon va-t-il donner raison à Yahya Jammeh?

Le président Patrice Talon maintient le suspens sur la question de sa candidature en 2021. Il avait promis faire un seul mandat. Interrogé sur cette option du président béninois, l’ex-président Gambien, Yahya Jammeh, s’en était pratiquement moqué avec des rires. Il avait signifié que Patrice Talon était nouveau dans le système, ce qui expliquerait son option.

Avec l’évolution de sa position sur le mandat unique et la pression de ses partisans, Patrice Talon ne risque-t-il pas de donner raison à Yahya Jammeh? A quelques mois de la présidentielle, tout semble converger vers une réponse affirmative. En 2016, alors qu’il avait fraîchement pris le pouvoir, Patrice Talon a réitéré sa promesse de faire du mandat unique, une exigence personnelle. Une option politique qui ne reflète pas ce qui s’observe souvent sur le continent africain.

Lors d’une interview accordée à Jeune Afrique en 2016, Yahya Jammeh a fait savoir que cette option du président Patrice Talon résulterait du fait qu’il soit nouveau dans le système. “[Rires] Il est nouveau…”, avait-il répondu au journaliste qui voulait avoir son avis sur la déclaration du président béninois. Pour lui, la limitation de mandat en Afrique serait une source d’instabilité politique et de non aboutissement des projets de développement.

“Soyons sérieux : en Afrique, lorsque vous démarrez un projet, il vous faut au moins un an pour trouver les financements, six mois pour réaliser les études de faisabilité, etc. Il est à peine lancé que votre mandat est terminé. Voilà pourquoi tant de projets n’aboutissent jamais. Prôner la limitation des mandats en Afrique, c’est prôner l’instabilité.” , avait-il déclaré.

Depuis sa promesse de 2016, Patrice Talon s’est confronté à la réalité du pouvoir d’Etat. Beaucoup de choses se sont passées, et ses déclarations ont bien varié dans le temps. A tout ceci, s’ajoutent les pressions de ses partisans qui lui souhaitent un second mandat. Autant d’éléments qui donnent déjà un début de vérité aux propos de Yahya Jammeh.

De la promesse du mandat unique au conditionnement de sa candidature

La question de la candidature du président Patrice Talon en 2021 a connu une évolution spectaculaire, ces trois dernières années. En effet, Patrice Talon avait martelé à sa prise de fonction qu’il fera un mandat unique à la tête du Bénin. « Je ferai de mon mandat unique, une exigence morale en exerçant le pouvoir d’Etat avec dignité et simplicité », avait-il déclaré.

Quelques temps après, il l’a encore martelé face à la presse. « Je voudrais que tout le monde soit sûr et certain d’une chose. Si par extraordinaire, le mandat unique, cette réforme ne passait pas, à titre personnel, je ferai le mandat unique pour montrer à mes concitoyens que j’y crois fermement et que, en 5 ans, on peut faire le job et laisser la tâche à d’autres personnes », avait-il répondu au journaliste André Dossa.

Mais les choses ont rapidement changé au lendemain de l’échec de sa première tentative de révision constitutionnelle. Patrice Talon n’est plus sûr de faire un mandat unique. En tous cas, il pense désormais que 2021 est loin et qu’en son temps il « avisera ». Ce doute qu’il a émis sur sa candidature à l’élection présentielle de 2021 a été renforcé lors de l’entretien qu’il a accordé à RFI et France 24. Ici, le chef de l’Etat a été un peu plus concret. Selon lui, sa candidature éventuelle pour la présidentielle de 2021 dépend de trois facteurs.

« Ça dépend de ma disponibilité personnelle, de mon état d’esprit; ça dépend de l’environnement politique dans lequel nous sommes. Le troisième facteur duquel dépend une éventuelle candidature de Patrice Talon, c’est la mise en oeuvre de mon action actuelle », a-t-il déclaré le 7 novembre 2019.

Il est donc désormais clair pour tous les Béninois que le président Patrice Talon ne se soumettra certainement plus à sa promesse de mandat unique. Le jeu est désormais ouvert et le chantre du « Nouveau Départ » pourrait se représenter à sa propre succession. Il n’a d’ailleurs pas de soucis à se faire par rapport au parrainage exigé par le code pectoral. Il peut compter sur les deux blocs de la mouvance, le Bloc Républicain (BR) et l’Union Progressiste (UP), qui détiennent le plus grand nombre d’élus dans le pays.

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