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Bénin: de graves révélations sur le dossier « ambulance », la Criet saisie

Le dossier d’achat d’ambulance, qui a secoué le ministère de la Santé, en juin 2019, n’est pas encore conjugué au passé. Invité sur l’émission « 100% Bénin » de Sikka Tv, ce mercredi 15 juillet 2020, le président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) a fait de graves révélations sur l’affaire, à la suite des investigations.

De graves irrégularités sont relevées dans l’attribution du marché d’achat d’ambulances à une société de la place. Selon Jean-Baptiste Elias, président de l’ANLC, les dénonciations enregistrées, au lendemain de l’achat d’une partie des ambulances, a suscité une série d’investigations menées par sa structure. Au cours de leurs enquêtes, l’équipe de l’ANLC a constaté des faits peu catholiques, dont a été auteur, le soumissionnaire, gagnant du marché.

En effet, le marché N°355 du 17 du septembre 2018 a été signé pour la fourniture de 5 ambulances médicalisées 4×4 diesel, de marque Mercedes, par une société de la place pour un montant de 493 830 000 FCFA. Suite à la polémique suscitée par le coût des ambulances, après la livraison des trois premières, l’ANLC s’est saisie du dossier. Ses investigations ont révélé deux faits majeurs.

Ce qu’il faut retenir des investigations de l’ANLC

Selon Jean-Baptiste Élias, les questionnaires envoyés et les rencontres tenues avec les différents acteurs impliqués ont permis de constater que « les ambulances livrées au Bénin ne sont pas des véhicules destinés pour circuler sur le territoire béninois ». « La maison mère qui a fabriqué ces ambulances a dit que ces ambulances ne sont pas destinées pour le territoire béninois », a-t-il ajouté.

Deuxième fait grave, selon le président de l’ANLC, c’est l’attestation de bonne fin d’exécution, fournie par le soumissionnaire et qui lui a, d’ailleurs, permis de gagner le marché. A l’arrivée, les investigations de l’ANLC ont montré que cette attestation était fausse.

« Ils ont mis une attestation de bonne fin d’exécution, comme ayant livré 6 ambulances de même marque qu’ils veulent proposer au Bénin, au Togo, pour un montant de 550 000 000 FCFA. Les investigations ont prouvé que l’attestation fournie et qui a permis à la société de gagner le marché est une fausse attestation », Jean-Baptiste Élias.

Selon le président de l’ANLC, celui qui a signé l’attestation de bonne fin d’exécution est un magasinier et non le directeur du centre togolais auquel les 6 ambulances auraient été livrées. Mais, il y a plus grave. « En 2011 où le document a été signé, le Centre du Togo qui est supposé avoir acheté les 6 ambulances à 550 000 000 FCFA, avait une dette de plus de 5 milliards de FCFA et ne pouvait jamais acheter une ambulance, à plus forte raison 6 », a déclaré Jean-Baptiste Élias. Et pour couronné le tout, la supposée lettre par laquelle le Centre togolais aurait fait la demande des ambulances n’a jamais existé jusqu’à aujourd’hui.

La Criet, saisie du dossier

Après les investigations, l’ANLC s’est fait le devoir de transmettre les conclusions à qui de droit. Le président de la République a reçu copie, de même que le ministre de la Santé, le Ministre de l’Economie et des Finances, l’Autorité de Régulation des Marchés Publics. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a aussi reçu copie des conclusions, afin de se saisir du dossier.

Après avoir reçu copie, la Criet a saisi la Brigade économique et financière (Bef) pour des enquêtes préliminaires. Le président de l’ANLC estime que le dossier est toujours en cours de traitement, depuis près de 4 mois. Il espère qu’une suite sera donnée à ça, selon le calendrier de la justice.

Clarifications sur le nombre d’ambulances commandées par le Bénin

A la livraison des ambulances, le 19 juin 2020, le prix annoncé par les autorités avait suscité une grosse polémique dans l’opinion. Selon les déclarations faites, le jour de la réception, les trois ambulances livrées ont coûté un montant de 493.830.000 f FCA. Mais en réalité, ce n’était pas ça. Dans un communiqué publié le 3 juillet 2019, le Directeur des infrastructures, des équipements et de la maintenance du ministère de la santé, Laurent Houndeton, a corrigé le tir, parlant d’erreur matérielle.

A en croire le Directeur des infrastructures, des équipements et de la maintenance, il s’agit plutôt d’un lot de 5 ambulances médicalisées, acquis pour le compte de cinq zones sanitaires, dont les trois sont déjà servies. En effet, dans son programme d’action, le gouvernement a prévu l’acquisition de trente-cinq (35) ambulances au profit des formations sanitaires. C’est donc dans ce cadre que des ressources ont été mises à la disposition du Ministère de la Santé pour l’acquisition des cinq (05) ambulances médicalisées.

« Lesdites ambulances médicalisées ont été réceptionnées à l’état neuf (5km au compteur), le 19 juin 2019. Elles sont de marque Mercedes 4×4 et de type fourgon, équipées de deux cabines entièrement climatisées (cabine conducteur et cabine médicale). La cabine médicale comporte un brancard, un dispositif d’oxygénothérapie, un aspirateur de mucosité, des kits de prise en charge pour brûlés et autres matériels de réanimation », peut-on lire dans le communiqué 

Selon le même communiqué, les cinq (05) ambulances ont été acquises à un coût global de Quatre cent quatre-vingt-treize millions huit cent trente mille (493.830.000) francs CFA, toutes taxes comprises, trois (3) ont été affectées aux zones sanitaires ciblées pour la mise en œuvre du volet «assurance maladie» du projet ARCH.

Quid des deux ambulances restantes? 

Selon le communiqué du Directeur des infrastructures, des équipements et de la maintenance, les deux ambulances seront remises aux zones sanitaires ciblées, à cet effet. Elle étaient, en effet, destinées aux Centres hospitaliers départementaux (CHD) de l’Ouémé et du Mono. « Mais en raison d’une dotation récente de la Coopération technique belge de cinq ambulances pour les départements du Mono et du Couffo, celle destinée au CHD Mono sera finalement redéployée à la zone sanitaire Pobè/Kétou/AdjaOuèrè ».

2 commentaires
  1. HOUNYE Mahoudo Samson dit

    Bonsoir à la grande maison. C’est vraiment merveilleux pour la compagnie exceptionnelle qui se fait de la part de toutes les structures actives pour la correction des désordres de corruption dont le Bénin se sent victime. Je suis toujours très heureux quand je reçois de la lumière dans ces genres d’affaires de desordres des fonds publics. Beaucoup de courage au gouvernement de Patrice A. G. Talon, le chef de l’Etat béninois. Une fois encore, beaucoup de courage au Président Talon et à tous ses collaborateurs de proche et de loin. Ceux-ci doivent servir de cobaye aux autres. Trop c’est trop. Président Talon, moi Samson HOUNYE, je suis toujours d’accord avec toi, et Dieu va toujours t’inspirer de sa sagesse et son intelligence pour la suite des choses. Un e fois encore, du courage!

  2. HOUNYE Mahoudo Samson dit

    Bonsoir à la grande maison. C’est vraiment merveilleux pour la compagnie exceptionnelle qui se fait de la part de toutes les structures actives pour la correction des désordres de corruption dont le Bénin se sent victime. Je suis toujours très heureux quand je reçois de la lumière dans ces genres d’affaires de desordres des fonds publics. Beaucoup de courage au gouvernement de Patrice A. G. Talon, le chef de l’Etat béninois. Une fois encore, beaucoup de courage au Président Talon et à tous ses collaborateurs de proche et de loin. Ceux-ci doivent servir de cobaye aux autres. Trop c’est trop. Président Talon, moi Samson HOUNYE, je suis toujours d’accord avec toi, et Dieu va toujours t’inspirer de sa sagesse et son intelligence pour la suite des choses. Un e fois encore, du courage! C’est depuis AGLOGBE dans la commune d’ADJARRA. Merci!

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