Bénin : retour sur les faits marquants de la semaine écoulée

Plusieurs faits ont fait la Une de l’actualité au plan national au cours de la semaine écoulée, soit du 1er au 07 juin 2020. Dans ce numéro, nous nous intéresserons à l’adoption de la loi 2020-13 du 02 juin 2020 portant interprétation et complétant la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral en République du Bénin, la réouverture des églises et bars, la reprise du transport en commun, ainsi que les affrontements meurtriers entre agriculteurs et éleveurs.

L’installation des conseillers et la désignation des exécutifs communaux et/ou municipaux occupent incontestablement la grande actualité de la semaine écoulée. Après les résultats du scrutin du dimanche du 17 mai dernier, le plus dur a commencé pour les conseillers, notamment ceux qui lorgnent le poste de maire. Si l’installation des élus communaux, suivie de l’élection de la nouvelle équipe dirigeante s’est déroulée, sans anicroche, dans certaines communes, c’est tout à fait le contraire qu’on a pu noter dans d’autres.

Des conseillers issus de la même formation politique, bien qu’ils soient majoritaires, n’ont pas pu s’entendre pour élire le maire, ses adjoints et les chefs d’arrondissement. Face à cette situation inattendue, obligeant les préfets à reporter à une date ultérieure les cérémonies d’installation, les députés de la huitième législature ont pris, très tôt, leurs responsabilités, afin de sonner le glas de la pagaille.

Relecture du code électoral

A l’initiative de douze (12) députés, le parlement béninois a procédé, à l’unanimité, mardi 02 juin dernier, à l’adoption de la loi 2020-13 du 02 juin 2020 portant interprétation et complétant la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral en République du Bénin. Cette loi interprétative apporte des modifications à certaines dispositions du code électoral. Ces modifications visent, en effet, à faciliter et accélérer le processus d’installation et de désignation de l’exécutif communal.

Des dix (10) nouveaux articles intégrés dans le code électoral, il faut retenir que le Maire et ses adjoints seront désignés par le parti, ayant obtenu la majorité des conseillers à l’issue des élections communales. A défaut d’un parti majoritaire, l’exécutif communal sera désigné par l’ensemble des partis, sur la base d’un accord de gouvernance communal. Si cette option échoue, les conseillers seront alors invités aux urnes pour départager les différents camps.

L’adoption de cette loi n’a pas laissé indifférents, une partie de l’opposition, les organisations de la société, ainsi que certains partisans du régime en place. Pour les uns et les autres, on ne saurait changer les règles de jeu en cours du jeu. Ils ont dénoncé une violation des principes et normes en matière électorale et démocratique. Malgré leur désapprobation et leur indignation, la procédure requise en la matière a été suivie jusqu’à son terme.

Ainsi, la loi a été déclarée conforme à la loi fondamentale par la Cour constitutionnelle, jeudi 04 mai, suivie de sa promulgation par le chef de l’État, Patrice Talon. Dans la foulée, le président de la République a rencontré, mercredi dernier, les neuf (09) formations politiques, ayant pris part au processus électoral, afin de recueillir leurs avis sur la loi. Il s’agit de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), de l’Union progressiste (Up), du Bloc républicain (Br), de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), du Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin), du Mouvement populaire de libération (Mpl), du Parti pour l’engagement et la relève (Per), de la Force cauri pour le développement du Bénin (Fcdb) et du Parti du renouveau démocratique (Prd).

Au lendemain de la promulgation de cette loi, une trentaine de maires ont été désignés, samedi dernier, et d’autres le seront cette semaine.

Atrokpo à Cotonou, Yaya à Parakou et Ahouandjinou à Calavi

Maire sortant de la commune de Bohicon, Luc Sètondji Atrokpo est le nouveau patron de la ville de Cotonou. Sur la base de la loi interprétative du code électoral, il a été désigné par les responsables de son parti politique, l’Union progressiste (UP) pour présider aux destinées de la vitrine du Bénin, durant les six prochaines années. Il succède ainsi à l’ancien maire, Léhady Soglo, et entend compter sur la collaboration de toute son équipe et l’accompagnement des Cotonois pour la réussite de son mandat. Dans sa mission républicaine, il sera assisté de Raoul Romain Randyx Ahouandjinou, Gratien Adjagboni et de Françoise Irène Béhanzin respectivement premier, deuxième et troisième adjoints au maire.

A Abomey-Calavi, le maire sortant, Georges Bada, membre de l’UP, n’a pas pu rempiler. Il cède désormais son fauteuil à Angelo Ahouandjinou, maire entrant et membre de la même famille politique. S’agissant de Parakou, c’est l’ancien ministre, Aboubacar Yaya, membre du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), qui prend les rênes et remplace ainsi le maire sortant, Charles Toko, du Bloc républicain (BR).

Reprise des églises, bars et transports en commun

La réouverture des églises et bars et la reprise du transport en commun sont effectives, depuis le mardi 02 juin dernier, sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision du gouvernement s’inscrit dans le cadre de l’allègement des mesures de riposte contre le Coronavirus (Covid-19) au Bénin. Cependant, le respect des gestes barrières prescrits par les autorités pour freiner la propagation du virus est toujours en vigueur. Il s’agit du lavage systématique des mains à l’eau au savon ou à l’aide d’un gel hydro-alcoolique, du port obligatoire de masque, du respect de la distance de sécurité sanitaire d’au moins 1m, et de l’interdiction des accolades et autres poignées de main.

Conflits entre agriculteurs et éleveurs

Les affrontements meurtriers entre agriculteurs et éleveurs dans la localité de Goungoun, commune de Malanville, ont occupé également une partie de l’actualité. Tout est parti, le samedi 30 mai 2020, d’un coup de feu sur un agriculteur, par des éleveurs transhumants. Mais les hostilités se sont poursuivies jusqu’au jeudi dernier. On dénombre plusieurs cas de décès et de dégâts matériels dans les deux camps.

Semaine noire pour le monde judiciaire

Le monde judiciaire est en deuil au Bénin. Le Président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), Robert Dadaglo, n’est plus. Il a tiré sa révérence, le vendredi 05 juin. Dans un communiqué rendu public, samedi, le bureau exécutif de l’Unamab a salué la mémoire de l’illustre disparu et présenté ses condoléances à la famille éplorée, ainsi qu’à la magistrature béninoise.

Mais bien avant cette triste nouvelle, deux notaires ont été condamnés, mardi 02 juin, par le Tribunal de Cotonou pour « escroquerie et complicité d’escroquerie », à 5 ans d’emprisonnement ferme, pour l’un, et 6 mois avec sursis, pour l’autre. Cette condamnation faite suite à des plaintes déposées par une banque de la place et un parti politique. Dans la même journée, un huissier de justice, l’un des plus célèbres du Bénin, a été déposé à la prison civile d’Abomey-Calavi pour une affaire domaniale.

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