Combat politique au Bénin: pourquoi l’opposition et les exilés sont dans l’illusion?

Sauf cas de force majeure, l’actuel locataire du palais de la Marina s’est déjà tapé, sans coup férir, son second et « peut-être » dernier mandat. Face à la réalité, l’opposition anesthésiée et les exilés politiques désarmés croient toujours à un miracle, venant du peuple béninois.

Le contexte politique actuel au Bénin fera pleurer de rire un apprenti politique. Si le pouvoir et son chef continuent de dérouler majestueusement son programme de maintien du pouvoir; dans le camp adverse, on se complaît dans l’illusion.

C’est du moins ce que l’on peut dire de l’interview accordée ce lundi 25 mai 2020 par Léonce Houngbadji du PLP, Donklam Abalo de l’USL et Gilbert Kouéssi du PCB, sur Africa Radio. A la lecture de leurs déclarations, il ressort que le salut de la démocratie et la libération de l’Etat de droit au Bénin sont dans les mains des populations béninoises qui doivent récupérer leur pouvoir.

Soit, dans un Etat démocratique, le pouvoir est exercé au nom du peuple et pour le peuple qui est en réalité le seul détenteur du pouvoir. Vu le contexte actuel qui est loin de ressembler à celui de 1989 évoqué par le militant du PCB, croiser les bras et attendre que le peuple récupère le « pseudo » pouvoir qui lui a été retiré, c’est baigner dans l’illusion sans vouloir en sortir.

Contexte socio-politique de 1989 comparé à celui d’aujourd’hui

Aucun peuple dans aucune nation du monde ne s’est spontanément soulevé pour renverser l’ordre établi sans qu’il n’y ait de leaders qui rassurent de par son leadership. Dans les années 80, alors que le peuple béninois était en plein dans un régime dictatorial, il y avait des acteurs politiques audacieux qui affrontaient le pouvoir par des actions bien organisées.

Mieux, des organisations civiles et estudiantines mues par une fibre patriotique étaient prêtes à aller au front pour défier le pouvoir d’alors. Mais depuis l’avènement du renouveau démocratique et l’ouverture des vannes de la corruption, la fibre patriotique est morte en chaque Béninois.

Pour s’en convaincre, il faut analyser le comportement de tous les acteurs politiques, mouvance et opposition confondues, depuis 1990 à nos jours pour se rendre compte que le « BENIN » n’est plus l’enjeu. Mieux, depuis le régime de la rupture, où est passé la combativité des organisations de la société civile et syndicales? Pourquoi, depuis avril 2016, syndicalistes et leaders de la société civile ont donné leur langue au chat? Il faut donc définitivement comprendre que les contextes ont changé et faute de leaders, le peuple ne peut que se soumettre.

L’opposition doit revoir sa copie

L’opposition au pouvoir du président Patrice talon doit sortir de ses illusions et se remettre en cause. La première thérapie qu’elle doit s’auto-prescrire, c’est mener la lutte pour l’intérêt général.

L’intérêt personnel et la guerre de leadership sont le mal qui a rongé, de l’intérieur, tel un cancer des os, l’opposition qui a succombé devant le pouvoir, qui, lui, avait un plan, une directive, des stratégies et même des moyens d’action face à une opposition qui ne savait ni où elle allait et qui n’avait ni plan ni stratégie. Sauf dans les contes de fée, aucune victoire n’est obtenue sans stratégie.

Les leaders de l’opposition doivent donc sortir de leur léthargie et se définir de  nouvelles stratégies de lutte, si tant est que leur ambition est de parvenir à opérer l’alternance et revenir au pouvoir. S’il est vrai qu’aucun régime au monde ne peut résister à un peuple déterminé, il est d’autant vrai qu’aucun peuple au monde n’a secoué un régime sans des leaders qui luttent pour l’intérêt général et non pour leurs intérêts égoïstes.

 

1 commentaire
  1. TOUTOUOLA dit

    BRAVO…: « Combat politique au Bénin: pourquoi l’opposition et les exilés sont dans l’illusion? »

    Il vous a fallu 4 ans pour faire une analyse aussi proche de la vérité? C’est ce qu’il aurait fallu crier sur tous les toits l’année dernière avant les élections, cela aurait évité au peuple désorienté, de boycotter des élections aussi importantes. L’opposition a été nulle dès le départ, les médias n’ont pas dit la vérité au peuple, mais ils ont surenchéri les bêtises et les mauvaises stratégies de l’opposition et au final, le peuple n’a pas su prendre du recul dans ce désordre pour trancher. Donc, les responsabilités sont bien partagées dans l’échec de l’opposition.
    Toutefois rien n’est perdu, puisque c’est encore au peuple d’élire ses prochains députés dans 3 ans. C’est un temps largement suffisant pour que chacun tire les leçons de son échec et se mette ordre pour défendre, si tant est le cas, les intérêts généraux du peuple.

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