Bénin – Echec de l’élection de Yaya Aboubacar: le ver était dans le fruit

En politique, le calcul des chiffres sur papier ne reflète pas toujours la réalité sur le terrain. C’est ce qu’il convient de retenir de l’épisode de l’élection manquée du ministre Aboubacar Yaya. L’artisan de cet échec est une militante du parti, deuxième titulaire à Parakou.

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Un fauteuil, deux candidats déterminés. C’est ce qui bloque l’élection du maire de la municipalité de Parakou. Alors que le schéma était précis et aucun obstacle en vue, l’élection du ministre Aboubacar Yaya est rejetée à la surprise du conseil municipal.

L’artisan de l’échec ne vient pas du camp adverse mais au sein de la famille cauris elle-même. Dans la foulée, l’auteur du blocage annonce sa candidature et signe « si Aboubacar Yaya est maire, je serai aussi maire ».

Les négociations entamées lors de la suspension pour faire entendre raison à la conseillère Alimatou Abdoulaye, deuxième titulaire sur la liste FCBE à Parakou, sont vaines. Face à sa fermeté, la délégation préfectorale se retire. Le maire sortant et certains conseillers en font de même. La séance est donc reportée.

Qu’est ce qui justifie cette intrusion de dame Alimatou Abdoulaye ?

Le jeu politique, dit-on est un jeu d’Intérêt et de calcul. Si dame Abdoulaye Alimatou s’oppose à l’élection du maire Aboubacar Yaya,  c’est qu’en bon politicien, elle a fait ses calculs. Aboubacar Yaya, premier titulaire sur la liste est démissionnaire. La logique fait de dame Alimatou Abdoulaye maire de la municipalité de Parakou si les FCBE obtenait la majorité absolue.

Malheureusement pour les Fcbe et surtout pour la deuxième titulaire, la voix du ministre Aboubacar Yaya a été nécessaire pour cette majorité absolue. Ayant démissionné, il n’a pas mouillé le maillot, il n’a pas mené le combat du terrain comme dame Alimatou Abdoulaye. D’où la réaction de cette dernière qui estime que nul autre que elle ne sera le maire de Parakou.

Paul Hounkpè face à une équation difficile

Si le bureau politique du parti des forces cauris pour un Bénin émergent a rapporté sa décision de suspension des militants démissionnaires, cela certainement a dû être précédé de négociation. En effet, pour obtenir la mairie, Paul Hounkpè avait besoin de l’ex ministre de la fonction publique pour obtenir la majorité absolue. Ce dernier aurait certainement conditionné son retour au poste de Maire. Mais la performance du parti à Parakou ne s’est pas faite sans dame Alimatou Abdoulaye.

Paul Hounkpè se trouve alors confronté à son premier test de leadership. Parviendra -t-il à démontrer sa capacité de leader? Dans ce jeu d’intérêt où les antagonistes refusent de faire des concessions, c’est le risque de perdre la mairie qui menace les Fcbe.

La voie la plus facile de sortie de  crise pourrait être demandée aux deux prétendants que l’un sera maire et le second premier adjoint au maire. Une option qui sera aussi difficile car à défaut du fauteuil de maire, le Bloc Républicain ne cédera pas celui du premier adjoint au maire. La carte est désormais entre les mains du nouveau leader des Fcbe. A lui d’en faire une bonne redistribution.

2 commentaires
  1. TOUTOUOLA dit

    Je sents bien que dame Alimatou Abdoulaye sera soutenue par le BR pour le fauteuil. Après elle leur devra un retour d’ascenseur!!! Stratégie politique. La brèche est du côté de l’antagoniste……WAIT AND SEE

  2. Constantin KOTOKO dit

    Qui n’a pas œuvré pour quelque chose,n’a pas droit à la récompense. Je crois que la dame a pleinement raison. Mais le consensus entre les FCBE ferait du bien aux protagonistes.

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