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« La démocratie, c’est le respect des droits de l’homme », Landry Adelakoun

Face à l’injonction de la cour africaine des droits de l’homme et des peuples demandant la suspension des élections communales du 17 mai 2020, le gouvernement de la rupture a opposé l’argument selon lequel, le Bénin est un Etat démocratique tenu d’organiser des élections à bonne date. Mais pour le juriste Landry Adelakoun, lorsqu’on parle de démocratie, on fait le lien avec l’Etat de droit tout en sachant que l’État de droit n’est pas que la légalité.

La position du gouvernement béninois par rapport à la décision qualifiée par certains de la décision du « vendredi »,  rendue par la cour africaine des droits de l’homme et des peuples et demandant au Bénin de surseoir provisoirement à l’organisation des  communales du 17 Mai  en attendant que la cour examine dans le fond un recours déposé devant elle par un citoyen béninois,  est diversement appréciée dans l’opinion.

Pour le juriste Landry Adélakoun invité dans l’émission « 100% Bénin » du 27 Avril, cette lecture  du gouvernement qui veut que les institutions puissent tourner et pour cela il faut organiser les élections, est une fuite en avant. Il est vrai, affirme-t-il que l’organisation régulière des élections est une marque fondamentale qui permet de mesurer la démocratie; mais au même moment il faut savoir qu’il y a des principes qui ont des pondérations; a-t-il fait savoir. « On ne saurait organiser les élections quand il y a menace à la sécurité. Allons-nous dire en ce moment que nous ne sommes plus en démocratie?  » s’interroge-t-il. Ou allons-nous dire parce qu’il y a une pandémie qui nous empêche peut-être d’organiser les élections que nous ne sommes plus en démocratie?

« Lorsque vous vous mettez dans un dispositif à l’international que ça soit au niveau régional et autres, vous ne pouvez pas revenir nous parler ici de la souveraineté parce que vous avez concédé sur la scène internationale une partie de votre souveraineté » indique-t-il comme pour dire que l’argument du gouvernement n’est pas fondé.

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L’invité de Sikka-tv estime par ailleurs qu’il ne suffit pas de se doter de textes pour dire qu’on est en  démocratie. Pour Landry Adélakoun, « l’Etat de droit, ce n’est pas seulement la légalité. Il ne faut pas confondre l’Etat de droit avec l’Etat de Légalité. Donc l’Etat de droit, c’est le respect des lois de la République. C’est le respect également des décisions des cours et tribunaux. L’Etat de droit, c’est la protection du citoyen contre l’arbitraire; c’est ça même l’essence de l’Etat de droit. » martèle-t-il.

A le croire, il ne s’agit pas d’aller s’asseoir à l’assemblée nationale  et légiférer; et puisque nous avons un texte, nous sommes dans un Etat de droit; ironise-t-il avant de conclure en disant que la force de la démocratie béninoise se trouve dans le préambule de la constitution qui, du reste accorde la primauté à la protection des droits humains.

1 commentaire
  1. TOUTOUOLA dit

    Si les différentes requêtes de du requérant avaient été présentées aux autres degrés de juridiction nationales, je pense qu’il aurait eu des réponses qui vont dans son intérêt mais sûrement pas des réponses qui tendent à prendre en otage les droits du reste des béninois. Car, aller aux élections, c’est aussi le droit de tous les citoyens béninois. Le droit de la majorité primera toujours.

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