L’entrée principale du Lycée des jeunes filles Toffa 1er à Porto-Novo disposant d’un internat exclusivement féminin. Crédit photo : pinterest.com/ Bwt

Internat au Bénin : Des parents face à la débauche des enfants « dressés »

L’une des responsabilités des parents est d’assurer l’éducation scolaire et universitaire de leurs progénitures. Pour de meilleurs résultats, des parents optent pour l’internat de leurs enfants. Malheureusement, c’est aussi un milieu plein de surprises de tout genre.

Les internats des écoles et lycées sont, à priori, des lieux où une bonne éducation scolaire et sociale est de mise. Aucune flexibilité de la part des responsables. Les enfants internés devront sortir normalement aguerris et capables de rendre fiers leurs géniteurs, surtout sur le plan comportemental. Mais malheureusement, ce n’est toujours pas le cas.

Aux yeux des parents et de la grande majorité de l’opinion publique, l’internat constitue un lieu de « dressage » pour les enfants. Mais au fond, hormis le caractère « carcéral » qu’il constitue avec la privation de beaucoup d’autres plaisirs et droits de l’enfant, l’internat est le lieu où partent les déviances sociétales et le lieu par excellence de la débauche des jeunes. C’est un constat qui se fait, notamment dans des centres urbains avec un certain snobisme.

Elodie est une ancienne pensionnaire du lycée Toffa 1er des jeunes filles de Porto-Novo. Aujourd’hui gérante d’un restaurant sis à Cotonou, Elodie se dit peu fière de ses années passées à l’internat du lycée. Toujours célibataire à 35 ans, elle dit être embarrassée sur son orientation sexuelle. Tout en reconnaissant le sérieux des autorités du lycée en matière d’enseignement scolaire, elle se dit peu convaincue du suivi qui devrait être rigoureux en dehors des salles de classes.

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« J’ai passé 4 ans à l’internat du Lycée exclusivement réservé aux jeunes filles. Avec mes camarades de chambre, nous nous donnions à des attouchements et des actes parfois inimaginables. Des autorités du lycée d’alors fermaient parfois les yeux sur certains actes en les jugeant d’affection éprouvée à sa camarade de chambre », témoigne Elodie, très affectée par cette période qu’elle peine à oublier.

Des comportements qu’ont souvent dénoncés les psychologues et sociologues. Les sexologues, quant à eux, y voient le début d’une orientation sexuelle de ces internés.

Pour le professeur Gabriel Boko, psychologue, l’internat n’est malheureusement pas un lieu totalement sain, exempt de tout risque. « Beaucoup d’enfants y contracteront des travers qu’ils n’ont jamais manifestés auparavant, qu’ils n’auraient jamais manifestés s’ils étaient restés dans le giron parental », écrit-il dans son ouvrage Psychologie et guidance en milieu africain, introduction à une relation éducative plus réussie entre éducateurs parents et enfants africains. CAAREC, 2009.

Assanath est élève et doit passer son examen de Brevet d’étude du premier cycle (BEPC) cette année. Internée dans un établissement scolaire à régime mixte dans la ville de Cotonou, elle n’a aucune gêne à se réclamer de la communauté des LGBTQ, section Bénin. En dehors de cette orientation sexuelle, le lesbianisme, qu’elle s’est découverte, il y a quelques années, il y a le fait que son lieu de résidence s’anime clandestinement avec des stupéfiants et autres actes antisociaux.  « C’est un nouveau monde que j’ai découvert ici. Soit tu es dans le mouvement, soit tu es la bête à abattre, puisque tu constitues désormais un danger pour les autres par ton simple refus de suivre le groupe dans ses déviances », gesticule Assanath, Nigériane de 17 ans.

 « L’enfant a besoin de l’étayage parental »

Les parents des enfants internés ont constaté, à leurs dépens, des comportements, à la limite, inadmissibles auprès de leurs progénitures qui ont fait leur entrée dans ces lieux, pourtant réputés pour une bonne éducation.

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Le professeur psychologue, Gabriel Boko, membre du Conseil national de l’éducation (CNE) préconise que « c’est de l’étayage parental que l’enfant a besoin pour résoudre certains conflits inévitables nés du choc des rencontres, du heurt des habitudes familiales et des habitudes scolaires ».

Tout en partageant cette option, madame Adjibi, sexologue, affirme que les déviances sociétales constatées sont souvent parties des couvents et de ces internats. Ce qui fait, justifie-t-elle, que les « sages » enfants qu’on envoie dans ces lieux reviennent totalement métamorphosés avec des comportements de perversion et de délinquance, à la limite.

Pour ces experts en éducation sexuelle, ces établissements, qui disposent des régimes d’internat, mixtes ou exclusivement dédiés à un sexe, devraient se doter des spécialistes en éducation sexuelle, des psychologues et des psychopédagogues pour un meilleur suivi de leur internés. Une bonne ressource humaine bien qualifiée dans l’espoir de voir instaurée la volonté des dirigeants pour un excellent système éducatif dans le pays.

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A défaut de supprimer donc ces régimes d’internat, soutiennent-ils, l’Etat central doit être plus regardant sur ces centres ou établissements scolaires, surtout sur la discipline et le développement psycho-moral de ces milliers d’apprenants internés.

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