Coronavirus et terrorisme: le Burkina Faso entre deux feux

Terrassé depuis des années par le terrorisme, le Burkina Faso fait face à un nouveau mal: le coronavirus. Le pays se voit contraindre entre deux feux, tous deux ennemis du développement. Que faut-il faire?

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Le Burkina Faso est l’un des pays du Sahel les plus touchés par le terrorisme. Depuis 2015, la situation ne fait que s’empirer dans cette région du monde. Plusieurs régions ont échappé au contrôle du gouvernement qui ne cesse de multiplier ses efforts dans l’espoir de vaincre le terrorisme. Des offensives à l’instar d’« Otapuanu » ont été lancées à maintes reprises, mais la situation semble toujours au « statu quo ». Des attaques meurtrières déchirent presqu’au quotidien le pays, faisant plusieurs morts.

Depuis 2015, près de 780 000 déplacés ont dû fuir leurs foyers à cause des violences. La région de Béni a enregistré plus de 200 000 déplacés en dépit de la présence des forces de l’ordre qui s’imposent à toute attaque terroriste. La population vit sous le coup de la psychose et la panique se répand progressivement dans les régions. Même si l’Etat assure avoir le contrôle de la situation, les populations craignent pour leur vie.

A ce jour, on assiste à une crise humanitaire réelle, qui va de mal en pis. Comme si cela ne suffisait pas, le Burkina Faso doit aller en guerre contre un ennemi invisible et actuellement le plus meurtrier de la planète terre: le coronavirus.

Le Burkina Faso face au coronavirus

Outre la menace du terrorisme, le Burkina Faso fait face à une nouvelle menace. Elle n’est ni sécuritaire, ni économique; elle est sanitaire. Mais ses effets vont dans tous les sens et n’épargnent aucun secteur d’activité. L’éducation, le tourisme, l’économie, le social, la politique… tous sont frappés par la pandémie du coronavirus. Au Burkina Faso, le pays compte désormais 288 cas confirmés de la maladie, dont au moins cinq (05) ministres du gouvernement.

Selon les sources officielles, le pays compte à ce jour 16 décès et malgré les mesures prises par le gouvernement pour contrer la pandémie, le covid-19 ne cesse de se propager dans un climat agité par des attaques terroristes. En Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso trône à la tête de la liste des pays les plus touchés par le coronavirus. Faut-il craindre le pire comme l’a averti l’Organisation Mondiale de la Santé ?

Un risque élevé au covid-19

Pour des raisons d’insécurité, une centaine de centres de santé ont dû fermer leurs portes à travers le pays. Des villages isolés sont quasiment livrés à eux-mêmes. La population redoute également des maux tels que la malnutrition, le choléra ou encore le paludisme. Dans ce climat, la rareté de l’eau dans certaines régions pose un problème de préservation au coronavirus, quand on sait que l’eau est capitale pour se désinfecter et se préserver contre le covid-19.

 On est très inquiet, si un déplacé venait à être contaminé, avec la promiscuité et le confinement impossible, ça serait une catastrophe , redoute un médecin de Dori, qui mise pour le moment, sur la sensibilisation aux gestes-barrières.

« un pic de 7000 cas graves avec environ 300 décès »

Pour le Ministre en charge de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, la situation est très critique et si rien n’est fait, le pire arrivera: « Si rien n’est fait, nous allons atteindre un pic de 7000 cas graves avec environ 300 décès. Un nouveau plan sera axé sur la sécurisation du personnel soignant, la disponibilisation des kits et test de dépistage pour éviter la rupture, la mise à niveau des structures de prise en charge,… « , a-t-il déclaré.

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