Bénin – Covid-19: détails sur le décès d’un étudiant lors des affrontements à l’UAC

Le mardi 24 mars 2020, un violent affrontement s’est déroulé entre étudiants et policiers causant la mort d’un étudiant nommé Théophile Dieudonné Djaho. Ce dernier n’a pas survécu à la balle qu’il aurait reçu. Au lendemain du drame, certains témoins des faits ont donné de la voix pour apporter des clarifications sur les circonstances de la mort du jeune étudiant.

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Dans la journée du mardi 24 mars 2020, les membres de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb) ont poursuivi leur tournée de sensibilisation dans les amphithéâtres sur le Coronavirus. L’objectif, selon le président du mouvement, est d’amener les étudiants à prendre conscience du danger que constitue le covid-19, en vidant les salles de cours, vu que la règle de distanciation recommandée ne peut pas être respectée dans des amphithéâtres de près de 1000 étudiants. Pour justifier leurs actions, ils évoquent les mesures préventives prises par le gouvernement, et surtout la note du Recteur, qui interdit les manifestations de plus de 50 personnes sur le campus.

Les choses ont vite dégénéré. Selon les faits relatés par les responsables de la Fneb, la tournée se déroulait normalement quand subitement la police est intervenue. Cette dernière a procédé à des arrestations dans le rang des étudiants, ce qui a fait monter la tension. Des jets de pierres contre des tirs de gaz lacrymogènes allaient dans tous les sens. La circulation a été très tôt bloquée devant le portail central du campus, empêchant le trafic sur le tronçon Abomey-Calavi – Cotonou. C’est dans cette tension que les étudiants ont retrouvé l’un de leurs camarades à terre dans une mare de sang. Théophile Dieudonné Djaho venait d’être mortellement touché.

Deux témoignages sur les circonstances de sa mort

Théophile Dieudonné Djaho est une victime des affrontements qui se sont déroulés entre policiers et étudiants à l’Université d’Aboemy-Calavi. Sur les circonstances de sa mort, Aimé Agbokoun, très connu dans le mouvement étudiant, a rendu son témoignage ce jour. C’était à travers une publication faite sur sa page Facebook.

Selon ses écrits, la police républicaine tirait des gaz lacrymogènes et des balles, blanches ou réelles, « je ne saurai le confirmer », a-t-il précisé. C’est arrivé au niveau du petit portail de l’université, qu’il a pu constater qu’un étudiant était entre la vie et la mort. « Je me suis encore une fois arrêté pour voir à distance ce qui se passait à ce niveau. C’est alors que j’aperçus de loin des camarades qui portaient sur une moto, le camarade DJAHO THÉOPHILE et qui cherchaient désespérément à le conduire dans l’une des cliniques les plus proches de l’UAC afin de lui sauver la vie », a-t-il confié.

Dans un premier temps, l’étudiant blessé a été conduit dans une clinique non loin de l’Université d’Aboemy-Calavi (UAC). « La clinique a refusé de nous recevoir, en nous renvoyant à l’hôpital de zone de Calavi-Arconville », a écrit le témoin. Décidés à sauver la vie de leur camarade, ils l’ont rapidement conduit à l’hôpital de Zone de la Commune d’Abome-Calavi. Malheureusement, il avait déjà rendu l’âme. « …on nous faisait comprendre dans l’immédiat que le camarade DJAHO n’était plus, depuis un bon moment. Ce qui veut dire que, sans le savoir, nous avions transporté le corps du camarade jusqu’à l’hôpital… », a conclu Aimé Agbokoun, qui a dénoncé, au passage, l’intervention des forces de l’ordre sur le campus.

Un deuxième témoignage anonyme

« Ce jeune homme, pendant qu’il était encore 17h, a été conduit dans une clinique à Zogbadjè. Cette clinique qui fait face à l’école  » Science et conscience » était incapable de prendre soin de lui. Il était là, au sol, perdait son sang et totalement inconscient, alors que celui qui l’a conduit était dépassé, ne sachant plus quoi faire. Finalement, on appela un taxi-moto « zemidjan » sur lequel on le conduisit à un lieu où on pouvait lui administrer des soins. Voilà le résultat final », a confié cette source, visiblement très attristée.

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1 commentaire
  1. Florentin DJATCHEDJI dit

    les membres de la police républicaine sont trop partis . La vie humaine est très chère et un humain n’est pas un gibier.

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