« La prestation de Talon sonnait faux face aux réalités actuelles », Sylvain Akindes

Dans le méli-mélo qui a caractérisé la commémoration des 30 ans de la conférence des forces vives de la nation, trois initiatives ont retenu l’attention de l’ancien ministre du général Mathieu Kérékou, Sylvain Akindes. Il revient dans un post sur ces initiatives et donne son appréciation.  

19 février 1990- 19 février 2020, il y a 30 ans que s’ouvrait au Bénin, la conférence des forces vives de la nation. Pour faire mémoire de ce tournant décisif de l’histoire politique du pays, plusieurs initiatives ont été prises pour marquer l’événement. Chacune de ces initiatives aux dires de l’ancien ministre sous le régime Talon répond à des préoccupations différentes. Mais trois néanmoins ont retenu son attention. Il s’agit primo, de l’entretien accordé par le président Patrice Talon aux médias locaux. Secundo, il s’agit de l’initiative de la conférence épiscopale du Bénin et en fin tertio, celle organisée par l’association béninoise du droit constitutionnel.

  • L’entretien accordé par le président de la république:

Par rapport à ce premier point, le ministre Sylvain Akindes estime que sans vouloir choquer,  la prestation du numéro 1 béninois n’a pas retenu son attention. « Elle sonnait faux face aux réalités actuelles. Il s’agissait d’une « causerie » c’est-à-dire d’une discussion ou entretien familier. Pourquoi avoir choisi cette forme banale pour rendre compte d’un bilan trente ans après une rencontre de « cette importance » ? Pour minimiser cette importance ou pour inviter à ne pas prendre ce qui est dit au sérieux ?« , s’est-il demandé. Pour Sylvain Akindes, l’exercice sonnait faux, d’abord, parce que la Conférence est intervenue dans la ferveur populaire grâce à Kérékou qui s’est opposé à ce qu’on ouvre le feu sur ses concitoyens sous le prétexte d’une contestation traduisant une volonté de déstabiliser de son régime. « C’est à tout le contraire que nous avons assisté depuis le début de ce quinquennat. Passer cette disposition morale sous silence, c’est renier dès le départ l’esprit de la Conférence Nationale« , affirme-t-il. L’ancien ministre sous le général Kérékou déduit que la forme familière souhaitée pour l’exercice, se comprend même si dans les faits, aucun journaliste béninois n’oserait avoir une discussion familière avec le Chef de l’Etat, nous le savons bien, précise-t-il.

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Ensuite, poursuit Sylvain Akindes, « cette rencontre de février 1990 fut la manifestation de l’importance qui fut accordée à toutes les couches sociales et politiques du pays, sans exclusion aucune. On ne peut pas affirmer la même chose avec les règles d’exclusion systématique organisée par des intelligences maléfiques émergées et matériellement intéressées. », affirme-t-il. Enfin, conclut-il, « la Conférence, c’est la reconnaissance des différentes opinions qui faisaient le pays. Nous sommes aujourd’hui bien loin de ces valeurs cardinales qui font la grandeur d’un pouvoir politique. Nous ne saurions oublier que l’un des résultats de 1990, c’est l’obligation d’une véritable décentralisation qui permette le développement équilibré du Bénin. Une exigence que vient de détruire les règles d’élection des organes locaux, désormais assujettis à des conditions nationales centralisées. »

Quel est donc le message que voulait nous faire passer le Chef de l’Etat ? Il est possible que nous y revenions après ceux des deux autres initiatives :

  • L’initiative de la conférence épiscopale du Bénin

Sur cette seconde initiative, celle prise par les évêques du Bénin, Sylvain Akindes affirme au regard des thèmes de communication que l’initiative ne convainc pas parce qu’elle manque d’audace pour aborder les questions centrales qui, estime-t-il, devraient être au centre d’une concertation de cette importance. « L’impression est que la préoccupation principale est de mettre l’Eglise Catholique au centre de cet Evénement historique, du seul fait qu’il ait été présidé par une autorité religieuse comme Mgr de Souza. », soutint-il. Le rôle du prélat, indique-t-il, fut déterminant, sans aucun doute. Il serait puéril de ne pas le reconnaître et le souligner, précise-t-il. Cependant, poursuit-il, il serait tout aussi humble d’éviter d’en faire le principal. « Mais l’interrogation essentielle reste celle des résultats raisonnablement attendus. Le respect dû à cette sommité de l’Eglise Catholique ne saurait être un obstacle à l’analyse froide des objectifs lorsqu’on a encore à l’esprit l’offre toute récente de médiation lors des élections exclusives et le traitement inattendu que le pouvoir en a fait. La démarche à raison hésitante et calculée qui caractérise la CEB ne peut permettre d’espérer une véritable clarification et des tâches appropriées dans la circonstance actuelle« , conclut-il.

  • L’initiative de l’association Béninoise du droit constitutionnel

La seule initiative la plus marquante aux yeux de l’ancien ministre Sylvain Akindes est celle organisée par le professeur Joël Aïvo par le truchement de l’association béninoise du droit constitutionnel avec l’appui de « The Open Society Initiative for West Africa » (OSIWA). Selon l’ancien ministre, l’orientation de cette initiative est plus scientifique et fait plus d’audace dans la réflexion et le bilan. L’un des objectifs de cette rencontre est de faire le bilan des trente années du Renouveau Démocratique, avec un hommage à Robert DOSSOU, a souligné Sylvain Akindes qui a néanmoins déploré qu’elle garde une sorte de silence sur les buts visés. Ces trois initiatives, conclut-il, portent plus ou moins sur les acquis de la Conférence. « Que faut-il considérer comme acquis ? Pouvons-nous parvenir à un consensus sur ces « acquis » ? Il semble en effet qu’il soit difficile à priori, de s’accorder là-dessus. Mais attendons les résultats des rencontres du 29 février. », laisse-t-il entendre.

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1 commentaire
  1. la rupture dit

    Un vieux gaga qui ne fait que montrer son derrière depuis qu’il a été écarté des affaires. Il est dans sa logique, tant que vous n’allez pas me faire appel, je vais toujours crier jusqu’à ce que vous m’entendiez.

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