John Igué: « Au Bénin, l’écart entre les riches et les pauvres est énorme »

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à un organe de la place dans le cadre de la commémoration des 30 ans de la conférence des forces vives de la nation, l’ Ancien ministre et directeur scientifique du Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise Sociale (Larès), le professeur John Igué propose une nouvelle orientation économique pour le Bénin car selon lui, le libéralisme économique n’est pas porteur du bien-être pour beaucoup de béninois.

Le professeur John Igué, Ancien ministre et directeur scientifique du Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise Sociale (Larès) n’est pas resté en marge du bilan en cours dans le cadre de la commémoration des  30 ans de la conférence nationale des forces vives de la nation. Dans une approche plus économique, le professeur a fait le point des orientations économiques du pays au lendemain de la conférence nationale et projette l’émergence du Bénin par une autre option économique. Pour l’ancien ministre, six ans après la conférence des forces vives de la nation, le Bénin sous l’égide du professeur Albert Tévoédjrè, alors ministre du plan avec le soutien du président Mathieu Kérékou a organisé une conférence nationale économique. Le but visé par cette conférence, explique-t-il  était de donner une orientation économique nouvelle au Bénin après avoir mis fin au régime marxiste léniniste. Alors, ‘dans une option économique libérale, on a commis une série d’études sur tous les secteurs économiques du pays comme support élaboré de la conférence ».

Mais après avoir fini de faire cette conférence avec les orientations, indique John Igué, la Banque mondiale est rentrée à la présidence pour transformer les grandes orientations stratégiques en des orientations sectorielles fondées essentiellement sur des catalogues d’actions qui ont débouché sur le plan d’action du gouvernement. Ainsi, précise-t-il, le premier plan d’action du gouvernement découle des résultats de la conférence économique nationale et ce premier plan, au lieu qu’il soit structuré autour des grandes orientations, c’est plutôt des catalogues d’actions. Il y avait plus de 350 actions que le gouvernement devrait mener. On ne peut pas développer un pays à partir des catalogues. Et jusqu’aujourd’hui, on est resté dans le listing d’une série d’actions sans cohérence; a-t-il fait remarquer. Selon lui, le programme d’action des régimes successifs, c’est des listings d’actions peu cohérents entre eux et coûteux. Pour le professeur John Igué, un pays pauvre doit déterminer ses actions à partir des orientations stratégiques claires et les évaluer année par année. « Définir une année pour ne s’occuper que du secteur éducatif par exemple, et on fait le point si c’est positif on continue. L’année qui suit, on fait le secteur de la santé. Si c’est positif, on continue. C’est ce qu’un pauvre doit faire plutôt que de toucher à tout. » a-t-il fait savoir.

Le libéralisme économique, une mauvaise orientation

Pour le directeur scientifique du Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise Sociale (Larès), le libéralisme économique n’a pas porté ces fruits. « Nulle part, le libéralisme économique n’a porté ses fruits. Le seul fruit, c’est que 100 millions d’individus seulement dans le monde contrôlent la richesse de l’humanité alors que nous sommes sept milliards »,  indique-t-il. A le croire, c’est le libéralisme  qui empêche d’avoir la paix dans le monde. Cette option économique faite par le Bénin serait à ses dires la cause de l’écart entre les riches et les pauvres. Cet écart à son avis est énorme « Le libéralisme, c’est la guerre parce que le fruit qu’il produit n’est pas partagé. Et sans la solidarité, on ne peut pas avoir la paix. Qui peut dire le contraire ? La voie du futur, c’est la voie de la solidarité. La voie individualiste, c’est l’impasse. » conclut-il.

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