Espaces publics pris en otage à Abomey-Calavi: Georges Bada et Jean-Claude Codjia complices ?

L’occupation spontanée et illégale des trottoirs, accotements, abords des routes devient de plus en plus inquiétante dans la ville d’Abomey-Calavi. Le piéton n’a plus droit de cité et risque régulièrement sa vie en se faufilant entre les véhicules sur la chaussée parce que son espace a été pris en otage par des commerçants, des parkings improvisés, des ateliers d’artisanats…

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Stationnements illégaux, exposition de meubles, étalage de pains, marchands d’unités GSM, parasol, pneus usagers des vulgarisateurs, plaques indicatives, étalages d’essence,…, voilà le triste décor des accotements et abords des routes de la ville d’Abomey-Calavi. De Parana au carrefour maria-glétta en passant par le carrefour Tankpè, du carrefour Kpota au carrefour Arconville, les rues pavées de la Zopah…, aucun trottoir, accotement, n’est laissé libre de jour comme de nuit. Le plus désolant est la route principale Cotonou-Akassato où le trafic aux heures de pointe est très dense faisant de cette route un calvaire pour le piéton. L’occupation de ces abords de rues est devenue un acquis des populations qui ont carrément refusé de se prononcer sur la situation. Pour les quelques individus qui ont accepté de répondre à nos questions, la Mairie d’Abomey-Calavi est pointée du doigt.

A la question de savoir si cette occupation illégale de l’espace public n’est pas un danger pour les usagers, T. a déclaré  » nous n’avons pas où rester pour vendre et les agents de la marie aussi nous ont compris. » Pour cette vendeuse de pains, le silence des autorités municipales est synonyme d’acquiescement. De plus les commerçants qui ont régulièrement de boutiques à ces abords de voies pensent que l’espace leur est dédié. « Nous avons besoin d’exposer nos articles à l’extérieur pour plus de visibilité. Et c’est tout le monde qui le fait », a déclaré Mohamed, vendeur d’articles de plomberie aux abords de la voie pavé carrefour Tankpè – Carrefour Maria-Glétta. Pour ce dernier, tant que tout le monde le fait, il ne craint rien. « Même si je décide de ne plus le faire [exposé les articles sur le trottoir, ndlr], les autres continueront à le faire, et c’est moi qui perd. Je paie mes taxes au même titre qu’eux et ils auront des avantages que je n’aurai pas », s’est exprimé Mohamed.

Si la ville de Cotonou a commencé depuis quelques mois à dégager ces occupants illégaux revenus se réinstaller après les opérations de déguerpissement de l’ex-Préfet Modeste Toboula, les autorités de la ville dortoir restent pour le moment indifférentes. Le plus pathétique est que cela se fait même au nez de la marie d’Abomey-Calavi. Une banque située non loin de la municipalité a fait du trottoir un parking pour motos. Sur ce même axe, un hôpital de référence a également transformé tout l’espace situé devant son immeuble en parking. Le piéton n’a de choix que de descendre sur la piste cyclable avec tous les dangers auxquels il fait face. En témoigne la vidéo ci -dessous …

La population, entre ignorance et entêtement

Si beaucoup savent qu’ils sont dans l’illégalité, certains occupants de l’espace public ignorent totalement à quoi ils s’exposent. Une opération de sensibilisation s’avère alors indispensable pour mettre tout le monde au même diapason. Ne sachant pas que l’occupation de ces trottoirs par les commerces est à l’origine de problèmes d’engorgement et de congestion urbains, la population ne mesure pas l’ampleur des dommages qu’elle peut engendrer par son incivisme. De plus, beaucoup de propriétaires terriens ne savent pas que l’espace d’une parcelle s’arrête sur la limite du bornage. D’où l’interpellation des autorités communales et préfectorales sur des opérations de sensibilisation pour la libération des espaces publics, surtout sur les principaux abords de voie de la ville d’Abomey-Calavi.

Si la confusion demeure dans la tête de plus d’un quant à la frontière entre l’espace public et celui privé, l’entêtement est le plus grand mal que souffre la population de Calavi. Un entêtement renforcé par le silence de la municipalité qui semble se dérober de ses obligations. Selon la loi n° 97-029 et celle n°98-005 du 15 janvier 1999, portant organisation des Communes en république du Bénin, le développement local, l’aménagement, l’habitat et l’urbanisme sont du ressort des autorités communales qui devront chercher à offrir des conditions favorables aux citoyens. Et seule une fermeté de l’autorité peut décourager les plus « têtus » qui continuent d’empêcher les usagers à circuler librement aux abords des voies. Le Maire Georges Bada est alors interpellé pour l’incivisme de ses administrés.

Si l’autorité municipale est en premier lieu interpellée, il n’en demeure pas moins que celle préfectorale se doit de jouer également son rôle. Selon la loi portant code foncier et domanial en République du Bénin, l’article 263 stipule que  » le domaine public immobilier de l’Etat et des collectivités territoriales est constitué de l’ensemble des biens fonciers et immobiliers classés ou délimités, affectés ou non à l’usage du public ». Ainsi, les espaces publics peuvent être gérés directement ou indirectement par la puissance publique concernée, d’où le rôle indiscutable du préfet du département de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia.

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