Qassem Soleimani, photographié lors d'une réunion des Gardiens de la révolution iraniens, le 18 septembre 2016 à Téhéran. (Press Office of Iranian Supreme Leader / ANADOLU AGENCY / AFP)

Qui est Qassem Soleimani, le puissant général iranien assassiné par Donald Trump ?

Le vendredi 3 janvier 2019, dans un bombardement américain à Bagdad, le puissant général Ghassem Soleimani a été tué. il était l’un des personnages les plus populaires d’Iran, et considéré comme un adversaire redouté des Etats-Unis et de ses alliés.

Le puissant général iranien Qassem Soleimani, émissaire de la République islamique en Irak, a été tué, vendredi 3 janvier, dans un raid américain à Bagdad, une “escalade extrêmement dangereuse” selon l’Iran, qui intervient trois jours après l’attaque inédite contre l’ambassade américaine. Ce général iranien tué par un drone américain dans l’enceinte de l’aéroport de Bagdad était le véritable numéro deux du régime iranien. Chef de la Force Qods des Gardiens de la révolution, chargée des opérations extérieures de la République islamique, ce personnage charismatique a notamment exercé une influence clé dans les tractations politiques depuis 2018 en vue de former un gouvernement en Irak.  Le commandant de l’ombre », tel était le titre du dossier d’une trentaine de pages que consacrait le magazine The New Yorker à Qassem Soleimani en 2013. La barbe grisonnante, Le général âgé de 62 ans ne manquait pas de charisme. Il dirigeait les opérations extérieures de la République islamique et était perçu comme l’homme clé de l’influence iranienne au Moyen-Orient, surtout en Irak et en Syrie.

Une personnalité influente du régime iranien

Issu d’un milieu populaire, Soleimani a rejoint le corps des Gardiens de la révolution islamique, destiné à protéger la jeune République, après la révolution de 1979. Il a fait ses armes en Irak, lors de la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988. Puis, une fois à la tête de la force al-Qods, en 1998, il a étendu l’influence de l’Iran au Moyen-Orient, et notamment en Irak. Pus tard, en Syrie, l’intervention de la force al-Qods a contribué à inverser le cours de la guerre civile en faveur du président Bachar al-Assad, allié de Téhéran.

C’est le conflit en Syrie qui lui a apporté la notoriété. Il commence à faire la une des médias après le début du conflit en 2011, alors qu’il était resté dans l’ombre durant des décennies. Il est apparu dans des documentaires mais aussi dans un film d’animation et une vidéo musicale. Certains lui avaient d’ailleurs conseillé de se lancer sur la scène politique dans son propre pays, pour les élections présidentielle de 2021. Rumeurs que le général avait tenu à rejeter. En Irak, son poids était tél qu’il avait même participé aux tractations politiques destinées à former un gouvernement. «Mes interlocuteurs iraniens étaient très clairs sur le fait que même s’ils informaient le ministère des Affaires étrangères, au bout du compte c’était le général Soleimani qui prendrait les décisions», avait confié en 2013 à la BBC Ryan Crocker, un ex-ambassadeur américain en Afghanistan et en Irak.  Selon le New York Times, il était réputé proche du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei et considéré comme un potentiel futur leader du pays.

Un général influent et populaire

Un message envoyé en 2007 à David Petraeus, actuel patron de la CIA et ancien général en Irak, résume le rôle et l’importance du défunt. “General Petraeus, vous devez savoir que moi, Qassem Soleimani, je contrôle la politique iranienne en Irak, au Liban, à Gaza et en Afghanistan. L’ambassadeur à Badgad est membre de la force Al Qods. Celui qui le remplacera aussi”, écrit Soleimani, dans un message cité par The Guardian.

Depuis la sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, la force al-Qods s’est retrouvée au cœur de l’escalade des tensions entre Washington et Téhéran. En Irak, des milices chiites harcèlent régulièrement les forces américaines à coups de roquettes lancées sur les bases utilisées par les Américains. Les États-Unis estiment d’ailleurs que c’est Soleimani lui-même qui a «orchestré» ces attaques et le tiennent pour responsable des «attaques» de cette semaine contre l’ambassade américaine à Bagdad. Le département américain de la Défense a d’ailleurs indiqué que l’assassinat de Soleimani avait été demandé par Donald Trump en personne. «Cette frappe est destinée à dissuader l’Iran de tout projet d’attaque ultérieur», a ainsi déclaré le Pentagone.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus