Bénin: un nouveau camouflet en préparation pour l’opposition ?

Les élections municipales, communales et locales de 2020 s’annoncent à grands pas. Au sein des états-majors des formations politiques soutenant le Chef de l’Etat, on peaufine les stratégies et les actions sur le terrain où le Président de la République, contrairement à ses habitudes, a commencé par marquer sa présence. Mais dans le camp de la résistance, c’est la cacophonie et les guerres de clochets. 

Se laisser surprendre en politique par l’adversaire une fois est excusable. Mais se laisser doubler tout le temps devient un symptôme d’amateurisme politique. Et c’est bien ce qui guette l’ensemble des partis politiques de l’opposition englués dans un mouvement dit de la résistance. Après des actions désordonnées, des querelles intestines, des sorties trompes-l’œil, le tout enfermé dans une coalition d’insincérité, les partis de l’opposition se préparent à recevoir la raclée du match retour. Une raclée dont ils ne se remettraient probablement plus. En effet, face à la sérénité qui s’observe dans le camp d’en face, les forces de la résistance affichent de plus en plus leur cacophonie et leur discours de division interne.

Les prémices d’une cassure de la résistance… 

Le camouflet des élections législatives du dimanche 28 Avril 2019,  n’a pas servi de leçon aux partis politiques de l’opposition qui, empreints d’immaturité politique, ont prêté main forte au pouvoir de la rupture pour la tenue des élections à crises passées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les symptômes qui ont conduit à la fragilisation des partis de l’opposition qui pouvaient faire bloc contre les deux partis siamois de la mouvance ont refait surface. Depuis un moment, en effet, le démon de la division a installé son trône dans la coalition de la résistance qui s’achemine inexorablement vers la cassure. Les méfiances qui ont toujours caractérisé les leaders de cette résistance, même s’ils clament le contraire, se renforcent davantage. La démarche de conformité entamée par le parti des Forces Cauris pour un Bénin Émergent et qui a permis à terme aux responsables de cette formation politique, d’avoir une existence juridique au grand dam des autres forces de la coalition, n’est pas de nature à arranger les choses. Le niveau de la crise de confiance est tel qu’il est quasi impossible aujourd’hui à certains leaders de s’asseoir à la même table pour négocier, échanger; en un mot, pour arriver à un accord. Une situation qui, si elle n’est pas vite négociée dans l’intérêt des élections municipales, Communales et locales à venir, pourrait non seulement faire éclater la résistance mais aussi donner l’arme à la mouvance pour définitivement faire disparaître des formations politiques qui n’ont d’aspiration que celle de se battre pour des dividendes ou pour des postes électifs.

Une querelle de clochets inutile et préjudiciable à la coalition

Qui au sein de la résistance joue au traite? Difficile de faire de loin une lecture claire de la situation. Toujours est-il que rien ne va plus au sein de cette résistance en dépit de ce qui se dit par certains responsables de ce mouvement pour tromper l’opinion. Les querelles de clochets que certaines formations politiques se livrent, comme celle du parti des forces cauris pour un Bénin émergent ou du parti Restaurer l’Espoir, sont symptomatiques de l’état ambiant au sein du mouvement. Lors de sa brève descente à Cotonou accompagné de la délégation de la CEDEAO, l’ancien Président Boni Yayi a posé des actes qui n’ont pas été du goût du Président du parti RE.  En effet, interpellé par un internaute sur son absence aux côtés de l’ancien Président Boni Yayi lors de son arrivée à Cotonou dans le cadre d’une mission de la Cedeao, l’ancien Ministre de la défense nationale, Candide Azannaï, réagit en ces termes: « Je n’ai pas jugé bon de tomber dans le piège d’une instrumentalisation selon mon principe de vie : «S’éloigner de tout ce qui est flou et confus». Et puis je ne trouve aucune raison d’aller marcher à côté de Boni Yayi dans une si totale confusion » ».

Il va sans dire que c’est dans ce « flou » et dans cette « confusion » évoqués par l’ancien collaborateur du Président Talon que la résistance entend aborder les élections à venir. « Toute situation apparemment floue en politique qui traîne des bouquets de confusion cache une instrumentalisation le plus souvent sournoisement orchestrée à coup sûr et inévitablement préjudiciable à l’efficacité de l’ensemble du groupe qui la tolère », a-t-il ensuite martelé. Au cours du conseil national tenu par son parti le dimanche 12 Janvier 2020, le ministre Candide Azannai n’a pas raté dans son discours d’ouverture le parti FCBE qui serait désigné comme « le traitre » de la résistance.  Le Secrétaire à l’économie numérique du parti FCBE, Laurent de-Laure Faton, ne voit pas les choses de la même façon. A la faveur d’une émission sur un plateau de télévision, il pointe un doigt accusateur sur les autres partis de la résistance qui travailleraient à écourter le mandat de l’actuel locataire de la Marina et annonce le retrait de sa famille politique. Il sera vite repris par un autre responsable de sa famille politique qui le contredit et martèle l’appartenance des FCBE à la résistance. Des cacophonies qui ne sont qu’une vue en filigrane de la réalité au sein de la résistance et le drame qui guette ces leaders politiques aux lendemains des élections qui s’annoncent.

2 commentaires
  1. Michelarchange dit

    C’est plutôt vous le journaliste qui ne savez pas de quoi vous parlez, azanai est dans son rôle celui justement de faire croire qu’il y a une cacophonie au sein de l’opposition, c’est le rôle à lui confié par son maître

    1. la rupture dit

      Continuez d’accuser l’autre d’être la source de votre malheur, puisque c’est votre spécialité au lieu de travailler à consolider vos liens. Jusque là, personne parmi vous ne peut dire que tel ou tel est le responsable de cette résistance. Un véritable panier à crabes. D’abord au sein de chacun des partis constituant cette résistance, on ne s’entend pas. C’est à cela qu’il faut s’atteler avant de penser à faire un regroupement digne de ce nom.

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