Photos by Fethi Belaid and HO / AFP

Lybie: les participants du sommet de Berlin souhaitent une solution politique au conflit

Les principaux pays concernés par le conflit en Libye ont promis dimanche de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans ses affaires intérieures, pour tenter de ramener la paix dans ce pays déchiré par la guerre civile.

Toutefois, les conséquences de cet engagement pris lors d’un sommet international à Berlin sur le terrain, où règne une trêve des combats précaire entre les deux camps, restent incertaines: les deux rivaux directs, Fayez al-Sarraj, le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU à Tripoli, et son rival qui contrôle l’est libyen Khalifa Haftar, ont refusé de se rencontrer lors de la conférence sous l’égide de l’ONU.

Et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a reconnu que si la conférence avait été “très utile”, le fossé restait béant entre les deux hommes. “Il est clair qu’on n’a pas réussi pour l’instant à lancer un dialogue sérieux et stable entre eux”, a-t-il déclaré à la presse à Berlin.

Voici les principaux points de la déclaration finale du sommet sur la Libye qui a réuni dimanche à Berlin les puissances mondiales et principaux pays impliqués dans le conflit. Le texte devrait être soumis en tant que résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU, selon l’émissaire de l’ONU en Libye Ghassan Salamé.

Cessation des ingérences extérieures

Les participants s’engagent “à éviter d’intervenir dans le conflit armé en Libye ou dans les affaires internes de la Libye et exhortent toutes les parties internationales (…) à faire de même”. Aussi, ils s’engagent à “respecter et mettre en œuvre de manière complète l’embargo sur les armes” décrété en 2011. “Nous appelons tous les acteurs à s’abstenir de tout acte susceptible d’exacerber le conflit (…) y compris le financement des capacités militaires ou le recrutement de mercenaires”, aux profits des différents belligérants en Libye. Les participants appellent à l’application des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU  contre ceux qui “violent dès aujourd’hui” l’embargo.

Cessez-le-feu

Les participants appellent “toutes les parties concernées à redoubler d’efforts pour une suspension durable des hostilités, la désescalade et un cessez-le-feu permanent”.  La trêve doit être accompagnée par le repositionnement des armes lourdes, de l’artillerie et des avions afin de les regrouper dans des casernes, et mettre fin à toutes les mobilisations militaires, qu’elles soient soutenues directement, ou indirectement, par les parties au conflit, sur tout le territoire libyen et dans l’espace aérien.

Les participants appellent le Conseil de sécurité à “imposer les sanctions appropriées à ceux qui violent les dispositions du cessez-le-feu”. A l’issue du leur sommet, ils se sont félicités de la formation d’une “Commission militaire” composée de dix officiers, cinq de chaque côté, avec pour mission de définir sur le terrain les mécanismes de mise en oeuvre du cessez-le-feu. Le texte prévoit également le désarmement et le démantèlement des groupes armés et des milices en Libye, suivi par l’intégration de leurs membres dans les institutions civiles, sécuritaires et militaires” du pays. L’ONU est invitée à appuyer ce processus.

Relance du processus de réconciliation

Le sommet appelle “toutes les parties libyennes à reprendre le processus politique global” mené sous les auspices de la Mission de l’ONU en Libye (Manul) pour parvenir à une réconciliation interlibyenne.

La Manul prévoit une réunion interlibyenne fin janvier à Genève, pour la formation d’un gouvernement unifié qui aura pour charge de préparer des élections parlementaires et présidentielles. Ils exhortent “toutes les parties libyennes au respect total du droit humanitaire international et des droits de l’homme”. Ils appellent à “mettre un terme aux pratiques de détention arbitraire et (…)  à “fermer progressivement les centres de détentions des migrants et des demandeurs d’asile”.

Economie et pétrole

Les participants soulignent l’importance de l’unification des institutions libyennes, en particulier la Banque centrale libyenne et la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Ils appellent toutes les parties à garantir la sécurité des installations pétrolières, et soulignent leur “refus de toute tentative d’exploitation illégale des ressources énergétiques”.

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