Bénin: Victor Topanou contre-attaque Vincent Foly et l’invite à clarifier sa position

Victor Topanou a réagi à l’éditorial de Vincent Foly publié le 16 janvier 2020. Dans une déclaration rendue publique ce jour sur le site La Météo, Victor Topanou apporte sa réponse aux attaques du premier responsable du quotidien La Nouvelle Tribune.

Passe d’armes entre Victor Topanou, Maître de conférences de sciences politique, Rapporteur général du dialogue politique initié par le président Patrice Talon et Vincent Foly, journaliste éditorialiste. En effet, dans un éditorial intitulé “Il est temps que ce Victor-là cesse de divertir les Béninois” publié sur le site d’informations La Nouvelle Tribune, Vincent Foly expose ses griefs contre Victor Topanou. Il présente deux postures différentes de l’homme dans la crise politique et estime qu’il n’inspire plus confiance. “On connaît  aujourd’hui Victor pour ses retournements de veste sur le terrain politique (demandez à Célestine Zanou !) comme sur celui de l’expression de ses opinions, souvent sans concession, quant à l’inaptitude des hommes d’affaires à briguer la magistrature suprême. Sa dernière sortie médiatique dans les colonnes de Jeune Afrique en ligne (voir le verbatim à lire ici) achève de nous convaincre qu’il n’inspire plus confiance dans l’opinion. Quand tour à tour, il se drape du manteau d’homme politique et d’homme de science,  au gré de ses intérêts du moment”, avait écrit Vincent Foly.

Pour l’éditorialiste, Victor Topanou, dans ses dernières sorties où il est vu comme un porte-parole officieux, à changer de veste sur son opinion “au sujet des hommes d’affaires jugés par lui inaptes à assumer la fonction présidentielle”. “Victor vient  ainsi d’effacer  d’un trait de plume le pamphlet qu’il avait écrit  avant les élections au sujet des hommes d’affaires jugés par lui inaptes à assumer la fonction présidentielle. Il avait besoin de donner des gages .Comme pour dire à l’endroit de qui l’on sait : je suis prêt maintenant pour le job que vous voudriez bien me confier. Qu’il aille prendre le job et qu’il cesse de nous divertir, ce Victor-là !!!”, a écrit Vincent Foly.

La réplique de Victor Topanou

Quelques jours après la publication de l’éditorial de Vincent Foly, Victor Topanou mis en cause dans les écrits du premier responsable de La Nouvelle Tribune a pondu sa réplique.

Ma réponse à Vincent Foly

J’ai lu avec beaucoup d’attention le papier de Vincent Foly me concernant et après une semaine d’hésitation, je me suis résolu à lui répondre.

Mais la première difficulté à laquelle j’ai été confronté, c’est que comme en matière politique, l’auteur du discours importe tout autant que le discours, je ne sais pas toujours si c’est le Vincent Foly journaliste qui écrit ou si c’est le Vincent Foly intellectuel ou encore si c’est le Vincent Foly opposant qui écrit.

Si c’est à Vincent Foly-le journaliste que je devais répondre, je lui dirai qu’à sa place, je n’aurais pas fait ça. Car c’est une lâcheté que de se servir d’un outil de travail (son journal) pour véhiculer un tel déferlement de haine et de mépris contre quelqu’un qui ne peut réagir dans les mêmes conditions. Et d’ailleurs, par élégance, je ne lui demanderai pas un droit de réponse, même si avec le recul, je pense que ce papier en aurait mérité, un de bien propre.

Par ailleurs, je lui rappellerai, qu’en sa qualité de journaliste, il n’est pas habilité à parler au nom du « Peuple » ; c’est un abus de pouvoir. Le journaliste peut au mieux relayer l’opinion du Peuple, -à défaut de se contenter de relayer des informations et de les traiter-, mais seulement sur le fondement d’études d’opinion scientifiquement attestées. Car parler au nom du Peuple est une prérogative exclusive du politique (qu’il appartienne à la majorité au pouvoir ou à l’opposition).

Mais si, par contre, c’est à Vincent Foly-l’intellectuel que je devais répondre, alors-là, je serai un peu plus dur avec lui. Car, je lui dirai, d’abord, qu’il est trop prétentieux de vouloir régenter, à lui tout seul, l’espace intellectuel béninois, délivrant au passage et à sa guise, des certificats de « bonne conduite intellectuelle » à qui il veut et comme bon lui semble.

Je lui dirai ensuite, qu’au-delà de cette prétention imméritée et illégitime, il gagnerait à être un peu plus tolérant et un peu plus humble car pour moi, si l’intolérance intellectuelle devait être incarnée aujourd’hui au Bénin, elle aurait pour visage celui de Vincent Foly. Vincent Foly a juste besoin d’admettre un instant, que tout le monde n’est pas obligé de penser et d’agir comme lui ; que l’on peut même penser tout le contraire de ce qu’il pense ou de faire tout le contraire de ce qu’il fait sans que l’on ne soit obligé de lui rendre des comptes. Ainsi, il pourra retrouver, non seulement, le chemin de la tolérance, c’est-à-dire du respect de l’autre dans sa différence mais aussi et surtout celui de l’humilité.

Je lui dirai enfin, qu’il gagnerait à être constructif. Car j’ai lu et relu le texte, je n’y ai surtout trouvé aucune trace, ni même le début du commencement du développement d’une pensée personnelle et originale. Or je suis persuadé que si cela avait été le cas, ses lecteurs en auraient tiré un bénéfice certain. Mais au lieu de cela, je n’y ai trouvé, d’une part, que des attaques personnelles et, d’autre part, qu’une compilation de citations mal juxtaposées sans aucun effort d’analyse holistique.

Mais je voudrais le rassurer : ce déferlement de haine et de mépris est largement insuffisant pour me terroriser et me faire taire si telle en était la finalité inavouée. Vous n’êtes pas ma boussole et vous ne risquez pas de l’être un jour. Je vous promets même que je continuerai d’opiner, comme à mon habitude, par écrits ou par interviews sur les grands sujets d’intérêt national, toutes les fois que de besoin. Je n’ai jamais eu la prétention de plaire à tout le monde ni de convaincre tout le monde. Je n’ai d’ailleurs jamais fait l’unanimité, j’en ai conscience et je l’assume pleinement.

Si en revanche, c’est au Vincent Foly l’opposant que je devais répondre, ce Vincent Foly-là gagnerait à clarifier sa position en levant le voile et le masque pour situer l’opinion qui a besoin de savoir la branche de l’opposition sur laquelle il est assis. Ce serait très intéressant et très édifiant pour la suite des débats plutôt que de se dissimuler derrière Vincent Foly-le journaliste. Avec Vincent Foly l’opposant, J’assume pleinement ma différence d’option politique. Dans la situation actuelle, il souhaite le statu quo, voire le déferlement de violence sur le pays ; il en fait l’apologie et se réjouit quand elle éclate de ci de là ; il conjure la psychose et le chaos sur le pays plaise à lui ! Je sais aussi que certains de nos compatriotes, de plus en plus nombreux d’ailleurs, commencent à penser naïvement et surtout immaturément que la violence est une option politique que nous devrions expérimenter : c’est juste irresponsable. La violence n’a jamais rien réglé nulle part au monde ; au contraire elle empire tout et ce sont malheureusement toujours les plus fragiles d’entre nous qui en pâtissent le plus quand les élites de tous genres sont toujours les premières à fuir. La violence, surtout quand elle est aveugle et généralisée m’horripile ; je dirai même que j’y suis vigoureusement opposé. Ce n’est pas mon option à moi. Ma conviction, c’est que seule la paix est gage d’un développement économique et démocratique durable. C’est pourquoi je travaillerai toujours, de toutes mes forces et dans la mesure de mes moyens, au maintien de la paix, quoique cela me coûte : n’en déplaise à Vincent Foly et ses amis qui ont pris un malin plaisir à lire son papier, à le commenter et à le partager.

Par Topanou Prudent Victor, Maître de conférences de Sciences politiques

12 commentaires
  1. george dit

    et pan dans ta gueule le journaliste de medeu vinent foly

    1. TOUTOUOLA dit

      Je préfère ce débat d’idées qui situe les capacités des uns et des autres à placer le curseur entre le respect de la liberté des uns et des autres.

  2. sultan aziz dit

    A mon age…je ne crois plus au genre beninois….et je peux meme dire..que je suis désespéré…qu’un jour ce pays s’en sorte…tant l’inconstance..des cadres beninois…est manifeste

    Un pays ou chacun pense d’abord à lui…

    j’avais d’estime pour topanou…qui me paraissait l’intellectuel beninois honnete structuré…avec un qi tres supérieur

    Hélas..

    Nous avons vu..dans ce pays..des gens en majorité renié kérékou

    Idem pour soglo..

    Idem pour yayai boni…qui doit souffrir..énormément de découvrir apres le pouvoir la nature des beninois

    Il se fait que..90% des cadres promus, sortis du néant par yayi furent de ma promotion…et qui hélas l’ont renié

    Quel dommage….

  3. Ken dit

    Voilà qui est claire pour ce journaliste de merde qui confond le journalisme et la politique politicienne béninoise. Merci professeur pour cette leçon de sagesse à ce petit prétentieux klébé des perdants de la république.

  4. Sankamaou Bio dit

    Est il vraiment journaliste de carrière Vincent folly? Si oui c’est quoi le rôle du journaliste au fait ? qu’il me rappelle bien je suis un profane en la matière

  5. Sankamaou Bio dit

    Je reviens pour dire si vraiment il Vincent en fait le journalisme son métier il n’a qu’à présenté humblement dans les mêmes conditions ses excuses au professeur tokpanou c’est mieux

  6. Paysan dit

    Vincent Foly et Victor Tokpanou sont de la même espèce, en fait. L’un pense que le fait d’être propriétaire d’un journal lui donne une large manœuvre de manipulation que l’autre aussi estime détenir en raison de sa posture d’homme de science. Mais les deux crient en fonction de ce qu’ils ont, OU PAS, dans la bouche. Je ne suis donc pas impressionné par leur bagarre.

  7. Michelarchange dit

    Cher professeur c’est celui qui se sent morveux qui se mouche, vous dites que les résistants de save sont manipulés par des hommes politiques, prenez votre courage à deux mains et designer les si vous les connaissez si tant, allez dire cela aux parents des victimes de ses tueries, c’est au chef de la rupture que vous devriez éclairer sur les conséquences de la violence, étant la principale menace à la Paix dans ce pays, je soutiens totalement Mr Vincent folly dans son opinion à votre égard, c’est la pure vérité

    1. Paysan dit

      @Michelarchange, ou étiez-vous lorsque le même Victor Tokpanou prononçait des âneries du genre « on ne peut pas construire un pays en excluant une partie du pays » ? Et maintenant vous vous sentez offusqué de ce qu’il estime que les jeunes sont manipulés a Savè (ce que je pense aussi). Dans sa posture d’il y a un an, Victor aurait pu vous servir un slogan du genre « … c’est l’exclusion qui est source des évènements actuels a Savè… », que vous ne lui trouveriez certainement pas des reproches. Victor et Vincent avaient bel et bien « leurs ventres dans le même camp. Ce qui a changé, c’est que, tout en restant aussi virulent que Vincent, Victor est passé dans un autre camp, et donc, change, de langage. En voulant soutenir l’un contre l’autre, vous avez certainement choisi ce qui vous arrange….

      1. george dit

        IL a finit pas comprendre le rôle idiot que jouaient certains leaders de la résistance.
        Quand on est en politique il ne faut pas jouer le jeu de la chaise vide sinon c’est laissé un grand boulevard à ton adversaire d’autant plus qu’ils connaissent la difficulté de présider au bénin et n’ont rien fait pour reformer le pays pour que ça décolle
        la politique c’est la négociation. quand le président à missionner houngbedji pour trouver une solution pour que tous les partis aillent aux élections, il fallait cesser de jouer et comprendre que c’était une ouverture et la saisir mais certains on voulu en découdre personnelle et maintenant on connait le résultât.

        1. TOUTOUOLA dit

          TOUT A FAIT D4ACCORD. C’est la seule vérité qui vaille dans toute cette histoire triste. ADOGO HO

    2. TOUTOUOLA dit

      Je cite :”Pour conclure, je dirai que l’ordre naît toujours du chaos ou du désordre, la question fondamentale est de savoir si c’est à partir de la peur ou de l’amour universel qu’émergent les solutions. La peur conduit à l’asservissement, alors que l’amour universel conduit à la liberté. A chacun de choisir son maître : l’égo ou le cœur.” je vous laisse à cette réflexion Michelarchange

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.