Bénin: nouveau rebondissement dans la crise au sein du PSD

A travers une décision rendue le 3 Septembre 2018 par le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, le sieur Clément Houinnou Ebo est déclaré le seul et vrai président du parti social démocrate. Une décision attaquée devant la cour d’appel par le camp Golou qui vient de subir un nouveau revers. 

Par décision prononcée par le tribunal de première instance de première classe de Cotonou le 3 Septembre 2018, le sieur Clément Houinnou Ebo est déclaré le seul et vrai président du parti social démocrate. Il venait ainsi d’être confirmé au poste qu’il occupe depuis le Conseil national organisé par son camp le 26 juin 2017. La décision de justice a ainsi entériné le document du ministère de l’Intérieur datant du 18 juillet 2017, invalidant la déclaration des décisions du congrès de janvier 2015, ayant consacré l’élection du président Golou à la tête du PSD. En appel à cette décision de justice, le camp Golou a attaqué la décision devant la cour d’appel. Mais il vient d’être malheureusement d’être débouté par cette juridiction.  En effet, en juillet 2019, le ministre de l’intérieur Sacca Lafia a formulé opposition à l’arrêt N° 66 / CM/2019 du 25 juillet 2019. Opposition dans laquelle l’homme a estimé que cet arrêt lui a causé des torts et griefs qui seront déduits devant la Cour d’appel de Cotonou. Il a défendu en son temps que la Cour a statué par défaut à son égard. Dans l’extrait d’arrêt N° 01 /19 du 27 décembre 2019 de la chambre des procédures diverses, la cour d’appel de Cotonou a rendu justice et reconnaît Clément Ebo et tous les membres de son ex-bureau comme responsables légitimes du Parti social-démocrate. Un parti qui du reste a disparu au profit de l’Union Progressiste. A travers cet arrêt, la cour vient de confirmer en toutes ses dispositions le jugement N°20 AUD-PD/18 du 03 septembre 2018 du tribunal de première instance de Cotonou.

Les origines de la crise au sein du PSD:

Pour rappel, cette crise qui secoue le PSD, remonte à l’année 2016. En effet, en 2012, Emmanuel Golou, le président intérimaire du PSD a été élu président du parti lors du congrès de 2015, en succédant ainsi à son mentor Bruno Amoussou qui s’est fait élire député la même année.

Selon des indiscrétions, les deux acteurs politiques se sont entendus pour que l’un aille au parlement et que l’autre travaille pour la présidentielle de 2016, en qualité de candidat unique de l’union fait la nation, une alliance politique dont le PSD est membre.

Malheureusement en 2016, l’union fait la nation n’a plus présenté de candidat et Bruno Amoussou a même appelé les militants du parti à voter pour le candidat de leur choix à l’exception du candidat du pouvoir en place.

Une posture que le président Emmanuel Golou n’a pas acceptée. Il a pris alors ses distances vis-à-vis de son mentor. Une crise de confiance s’installa au sein du parti. Alors que les membres proches d’Emmanuel Golou projetaient l’organisation d’un congrès extraordinaire, d’autres militants du même parti plutôt fidèles à Bruno Amoussou dénoncent la mauvaise gestion d’Emmanuel Golou et demandent le report du congrès.

Ils prennent de court Emmanuel Golou et son camp, en organisant un Conseil national le 26 juin 2017. Conseil national au cours duquel, ils destituent Emmanuel Golou et nomment Clément Houinou Ebo, président par intérim. Ils saisissent par la suite la justice, demandent et obtiennent l’interdiction du congrès extraordinaire annoncé par le camp Golou.

Mais Emmanuel Golou passe outre cette procédure en justice, organise leur congrès et ignorent les actes du Conseil national du 26 juin. Au cours dudit congrès, les congressistes reconduisent leur leader à la tête du PSD.

Le congrès de Emmanuel Golou est déclaré illégal par le camp proche de Bruno Amoussou qui organise un congrès extraordinaire pour les 11 et 12 Août 2017. Dans la foulée, un document du ministère de l’Intérieur datant du 18 juillet 2017 sera publié. Dans cette correspondance, il est clairement démontré que la déclaration des décisions du congrès de janvier 2015 ayant consacré l’élection du président Golou à la tête du PSD, est faite hors délai et reste non conforme à la loi.

Dans ladite correspondance, le ministre de l’Intérieur a rappelé que Clément Houinou Ebo reste le président intérimaire du PSD. Le ministre de l’Intérieur a pris position au profit du camp Bruno Amoussou.

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