Parfaite dit Daagbo Ph: LNT

Bénin – Mission de Banamè: après la tempête, la sagesse ?

Pendant près d’une décennie, le courant religieux dénommé la mission de Banamè a bousculé les habitudes religieuses dans le petit pays de l’Afrique de l’Ouest appelé Bénin. Née dans la discrétion en 2009 dans une petite paroisse catholique du diocèse d’Abomey, elle a ébranlé pendant plusieurs années, la cohabitation pacifique naguère observée entre différents courants religieux avant de sombrer depuis quelques mois dans un silence plat.

Le 25 Décembre 2019, l’église catholique romaine du monde entier a célébré l’une des solennités qui la distingue des autres courants religieux.  Au Bénin comme à l’accoutumé, plusieurs fidèles ont accueilli dans la joie et dans la ferveur la venue de Jésus-Christ lumière du monde. La seule fausse note est notée sur les Collines de Banamè où les fidèles qui,  contrairement aux années antérieures, ont passé la fête de la Noêl plutôt dans le recueillement. En effet, depuis qu’une folle rumeur a annoncé sur les réseaux sociaux la mort de Daagbo, dieu esprit saint, tout semble se pacifier sur la Colline de Banamè.

La genèse de cette église a commencé avec Parfaite dit Daagbo le 13 Janvier 2009 à Banamè, un petit village situé à quelques encablures de la ville historique d’Abomey. Tout commença lorsqu’une fidèle catholique conduisit sa nièce, la vingtaine environ au curé d’une petite paroisse appelée Sainte Odile pour qu’il exerce sur elle son charisme d’exorciste. La petite Parfaite serait perturbée par un esprit. Mais lors des séances de délivrance, le père Mathias Vigan, alors curé de la paroisse Sainte Odile se surprend d’entendre sa fidèle affirmer qu’elle est la sainte vierge Marie, Dieu esprit saint et Dieu le père venu sur terre pour combattre les forces du mal notamment la sorcellerie. Le père qui héberge désormais la jeune fille dérangée s’est finalement laissé convaincre par cette dernière qui lui prêtait même main forte dans ses séances d’exorcisme. En 2011, une secte naît finalement et prend la dénomination de l’Eglise catholique privée de banamè.

La mission de Banamè bouscule la quiétude religieuse

La cohabitation pacifique entre les différents courant religieux est l’une des caractéristiques du Bénin où animistes, catholiques, musulmans et les nouvelles églises révélées se côtoient dans une sorte de tolérance acquise.  Un ordre qui a été ébranlé avec l’apparition de l’église catholique privée devenue église de Jésus Christ de Banamè. En effet, pendant 8 ans, ce courant religieux a marqué son passage  par beaucoup de scandales. De mystérieuses morts par asphyxie, des provocations verbales en passant par des affrontements violents entre les fidèles de cette église et d’autres communautés, Daagbo et ses adeptes ont bousculé les habitudes religieuses dans le pays.  Mais depuis quelques mois, c’est le calme plat qui est observé aussi bien sur la Colline de Banamè que sur les différentes paroisses installées un peu partout dans le pays. Qu’est ce qui explique ce comportement pacifique subite? Est ce le retour de la sagesse après un temps de caprices? La nouvelle posture des responsables de cette église aurait-elle un lien avec l’affaire de micro-crédit ou le supposé décès du dieu de cette église? Le temps nous édifiera certainement.

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