Bénin: Et si Paul Hounkpè était en mission pour son parti Fcbe ?

Depuis l’obtention du récépissé par le parti de Boni Yayi, Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), les supputations allaient bon train. Les deux ailes soutenaient mordicus qu’il n’avait « qu’une seule Fcbe ». Finalement, tout semble une théâtralisation.

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Le parti de Boni Yayi est en voie de réconciliation. Les dernières rencontres entre le leader charismatique des Fcbe avec les deux ailes en disent long. Deux rencontres en une journée entre les protagonistes ont permis de colmater les brèches. Le camp Hounkpè, de sources proches du parti, est favorable à la réconciliation. Idem pour les résistants sous la houlette d’Alassane Tigri. Le clou de cette aventure est l’annonce faite par Valentin Djènontin-Agossou. « Les Fcbe auront un candidat pour la présidentielle de 2021. » Cette déclaration suppose la reconnaissance juridique du parti par l’administration.

Or, ceux qui ont milité pour la reconnaissance juridique du parti restent Paul Hounkpè, Théophile Yarou et compagnie. Si au début de la crise ils ont été présentés comme des traîtres, les versions ont muté en un laps de temps. Ils ne s’attaquent plus publiquement outre la dernière sortie de Théophile Yarou qui a suscité la réplique d’Eugène Azatassou. Mais ce n’était qu’un épiphénomène. Les deux ailes avaient accès au siège du parti. Les uns font leur déclaration le matin, les autres font la leur l’après-midi toujours dans la même salle. C’était des signes avant-coureur de la réconciliation.

Même s’il est difficile de jurer de quoi que ce soit, les faits renseignent à suffisance que la diversion a permis à cette formation politique, avec ou sans la complicité de Boni Yayi, de dribbler les autres partis de la résistance. L’idée de création d’un parti unique par tous les partis de l’opposition réunis au sein de la résistance a reçu un coup depuis que cette guerre de tranchée a pris corps au sein du parti qui a dirigé ce pays pendant dix ans. Désormais, la résistance peut continuer sans les Fcbe qui vont bientôt célébrer la réconciliation qui semble une commémoration de l’obtention de leur récépissé.

Depuis les dernières élections législatives, aucun parti de l’opposition n’avait son récépissé pour compétir. Il a fallu quelques mois, le 12 septembre, pour que certains leaders Fcbe sautent, sous l’injonction du ministre de l’intérieur, les responsables recherchés par la justice, au cours d’un congrès tenu en catimini. Le 17 septembre, le récépissé provisoire leur a été délivré puis le récépissé définitif le 20 du même mois. Cela a permis à une partie des Cauris de prendre part au dialogue politique tenu au palais des congrès du 10 au 12 octobre. Même s’ils n’étaient pas d’accord pour la révision de la constitution, leur présence au dialogue avait été comme une caution pour tourner la page de la constitution de février 1990. Boni Yayi, toujours président d’honneur, rentré au pays après les soins de santé, est en voie de reprendre le contrôle du parti pour les prochains combats électoraux.

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