Bénin: et si les femmes avaient été bluffées par les députés?

L’une des raisons pour lesquelles la constitution du 11 décembre 1990 a été révisée reste la discrimination positive en faveur des femmes. Mais à l’arrivée, seulement 24 femmes sur près de sept millions seront prises en compte.

La constitution du 7 novembre 2019 dispose que l’Etat assure l’égalité de tous devant la loi sans distinction d’âge, de sexe, de religion, de race, d’opinion politique ou de position sociale. La femme et l’homme sont égaux en droit. Cependant, la loi peut fixer des dispositions spéciales d’amélioration de la représentation du peuple par les femmes (article 26 de la constitution). La loi qui a fixé les conditions particulières relatives à la représentation du peuple par les femmes est le Code électoral. Malheureusement, sur 109 sièges à l’assemblée nationale, la loi n’a même pas consacré 30% aux femmes. Elle dit expressément qu’il faut au moins 24 sièges pour les femmes à raison d’un siège par circonscription électorale. Ce qui donne environ 22%.

Pire, dans les conseils communaux, aucune discrimination n’est faite en faveur des femmes. Sur les 77 communes, il sera encore possible qu’aucune femme ne représente le peuple. Alors qu’elles sont majoritaires, la discrimination devrait partir de la base. Il était possible d’imposer un pourcentage de femmes à élire dans les conseils communaux ou municipaux. Cela prouverait combien les politiciens sont sincères avec eux mêmes. Mais, conformes à leur pratique, ils ont pu berner les femmes qui ne s’en plaignent d’ailleurs pas.

Par ailleurs, la représentation du peuple par les femmes, au lieu d’être au parlement, devrait également viser les préfectures et les autres postes nominatifs. C’est désormais clair que la discrimination positive n’était qu’un prétexte pour impliquer les femmes dans le processus de révision de la constitution. Sinon, les mêmes députés qui ont acté en procédure d’urgence la révision de la constitution ne devraient pas s’hypnotiser lorsqu’il s’était agi d’adopter la loi fixant les conditions particulières en faveur de la gent féminine. Les femmes peuvent faire le job en votant désormais massivement pour les listes de candidatures ayant présenté et bien positionné plus de femmes. De cette façon, les donnes pourraient changer une fois les femmes accéderont aux commandes de l’Assemblée nationale. Comme le dira l’autre, “les femmes sont moins corruptibles aux affaires”.  

1 commentaire
  1. TOUTOUOLA dit

    « les femmes sont moins corruptibles aux affaires ». Ca c’est à prouver. En revanche, elles peuvent être plus tenaces et rupturiennes. A bon entendeur…
    Nous savons tous que quand la femme porte “le pantalon” dans le foyer, il ya même pas une mouche qui vole. LOL

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