Bénin: Boni Yayi, prochain allié de Patrice Talon?

Les événements de ces derniers jours convergent vers un seul et unique but: la paix entre Patrice Talon et Boni Yayi. Les autres « résistants » semblent être des « quantités négligeables ». Hier jeudi 7 novembre, Patrice Talon a encore donné du contenu à cette thèse qu’avancent certains observateurs de la vie politique du Bénin.

Le chef de l’Etat, sur France 24 ce jeudi 7 novembre, a insisté sur son désir de voir son prédécesseur, Boni Yayi, rentrer au pays. Patrice Talon fait savoir que « il (Boni Yayi, Ndlr) est un personnage particulier de l’espace politique national du Bénin ». C’est pourquoi il est hors de question que ce dernier reste loin du territoire national. Le locataire de la Marina semble avoir désormais une folle envie de renouer avec son ancien ami et allié. Car, bien avant la sortie médiatique de Patrice Talon sur des chaînes internationales le ministre de la communication et de la poste, porte-parole du gouvernement, avait, lui aussi, sur une chaîne internationale, levé un coin de voile sur les efforts qui se font en sourdine pour que le président d’honneur des Forces cauris pour un Bénin émergent rentre au pays.

Alain Orounla avait même déclaré Boni Yayi hors de poursuites judiciaires bien avant le vote de la loi portant amnistie. « Boni Yayi n’est objet d’aucune poursuite judiciaire », avait-il déclaré en substance. Ce qui contraste parfaitement avec les déclarations du procureur le 18 juin dernier. Le patron du parquet de Cotonou a mentionné « une implication personnelle de l’ancien président de la République, M. Thomas Boni Yayi dans les violences de Cadjèhoun ». Cette déclaration du procureur que le chef de l’Etat a confirmée hier avant de se rabattre sur la loi d’amnistie qui dédouane désormais le Buffle de Tchaourou. La loi étant promulguée tôt ce jeudi, il peut alors rejoindre ses parents et militants sans crainte.

Récépissé pour les Fcbe avec Boni Yayi comme président d’honneur

Des signes avant-coureurs existent. Bien qu’un arrêté interministériel ait interdit la délivrance d’acte d’autorité à toute personne recherchée par la justice, l’un des ministres signataires de l’arrêté, Sacca Lafia, a délivré le récépissé  au parti Fcbe avec en toile de fond Boni Yayi comme président d’honneur. On était le 17 septembre. Or, ce dernier faisait objet d’une procédure judiciaire devant le juge du 4è cabinet du tribunal de première instance de Cotonou. Théophile Yarou, premier secrétaire exécutif national adjoint du parti a confessé que de ses échanges avec le ministre de l’intérieur, si Boni Yayi allait être expulsé du parti à l’instar des autres leaders « exclus », il ne serait pas partant. Ce que Sacca Lafia a concédé sans état d’âme. Il a fallu deux semaines pour qu’un dialogue politique soit organisé à l’intention des partis ayant une existence légale. Fcbe y a pris activement part. Des sources dignes de foi renseignent même que si ce parti, celui de Boni Yayi n’avait pas une existence juridique, le dialogue n’aurait pas lieu. De tous ses éléments, il est fort probable que Boni Yayi soit le prochain allié de Patrice Talon. Encore que la loi modificative de la constitution n’a pas mentionné qu’un ancien président ne saurait être Vice-président.

Boni Yayi pèserait-il sur la diplomatie de Talon?

L’autre piste éventuelle à prendre au sérieux est le poids diplomatique de Boni Yayi. Il a fallu que Patrice Talon affirme que les déboires de Boni Yayi (résidence surveillée pendant 52 jours, Ndlr) n’ont aucun rapport avec  des frontières nigérianes pour rassurer certains Béninois. Il se susurrait depuis quelques semaines, et par des personnalités d’un certain acabit, que le séjour de Boni Yayi au pays de Buhari est à prendre en compte dans la fermeture des frontières et ses corollaires. Si le cas du Nigéria est enfin dissipé rien à signaler en qui concerne d’autres pays avec lesquels le Bénin a des relations économiques. Et, le choix des médias pour communiquer autour du cas Boni Yayi, reste un maillon important pour atteindre des objectifs précis.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Dans le Flux de l'actualité

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More