Burkina Faso – crise au CDP: Blaise Compaoré recadre ses « camarades »

Au Burkina Faso, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) est enfoncé dans une profonde crise, résultat des sanctions prononcées contre certains cadres du parti. Depuis son exile, Blaise Compaoré, fondateur et président d’honneur du parti est sorti de sa réserve.

Plus rien ne va au CDP. L’ex-parti présidentiel vit une période sombre de son histoire sur fond de profonde division à l’interne. Et pour mettre fin à la saignée, l’ancien président du Burkina Faso a adressé une correspondance à la direction du parti depuis Abidjan où il réside depuis sa chute. Après des réunions avec les délégations venues de son pays, l’ex-homme fort du palais de Kosyam dit « regretter de n’avoir pas été consulté sur la nature et le niveau des sanctions prononcées contre un certain nombre de camarades dans les conditions qui ont été décrites ». A cet effet, il invite la direction présidée par Eddie Komboïgo à « prendre les dispositions utiles pour rapporter » lesdites sanctions.

L’ex-frère d’arme de Thomas Sankara n’a pas manqué de lancer un appel au dialogue, seule issue possible pour sortir de la crise. « Il est hautement souhaitable que la direction actuelle du (CDP) aille dans le sens du dialogue, de la cohésion, de l’unité et du rassemblement comme cela a été de tout temps depuis sa création le 5 février 1996 » a recommandé Compaoré tout en appelant les frondeurs à rejoindre les rangs. « J’invite tous les sanctionnés à se tenir prêts pour rejoindre les rangs, travailler dans la discipline, l’unité et la cohésion pour un CDP toujours plus fort et plus victorieux ».

Des ambitions électorales ?

Exilé en Côte d’ivoire depuis sa chute du pouvoir en décembre 2014, Blaise Compaoré n’a jamais caché ses ambitions de retourner sur la terre de ses aïeux. Depuis sa résidence abidjanaise, l’ex-locataire du palais de Kosyam suit de très près l’actualité politique de son pays. S’il n’a pas évoqué son retour sur la scène, une partie de sa correspondance laisse perplexe. En déclarant : « ses mesures (sanctions) pourraient être grandement dommageables pour la dynamique de l’action du parti et pour son ambition électorale », Compaoré dresse le lit à une interprétation vaste et diverse.

Qu’il vous souvienne que dans une correspondance adressée au président Rock M. Kaboré, celui-ci avait proposé ses services pour sortir le pays de l’insécurité grandissante et des récurrentes attaques terroristes. Mais quoi qu’en soit ses intentions, la nationalité ivoirienne dont il dispose désormais pourrait plomber ses ambitions de revenir devant la scène. Toutefois, vu le rôle du parti sur l’échiquier politique burkinabè, les prochaines élections seront âprement discutées. Et une probable victoire son parti pourrait changer la donne.

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