Bénin: l’avis de Mathias Hounkpè sur le dialogue politique

Demain jeudi 10 octobre 2019 démarre le dialogue politique annoncé par le gouvernement. Cette rencontre initiée dans le cadre de la résolution de la crise politique n’a pas laissé indifférent le politologue Mathias Hounkpè qui a donné son avis sur le sujet.

Neuf (09) partis politiques sont attendus au dialogue politique qui démarre demain jeudi. En dehors de la polémique suscitée par l’absence annoncée de certains partis invités, Mathias Hounkpè s’interroge sur les conditions de convocation dudit dialogue, les acteurs convoqués, les objectifs poursuivis.

Selon le politologue, le Porte-parole du gouvernement dans sa clarification conceptuelle du dialogue politique n’a pas convaincu. En effet, le Ministre tenait à justifier la priorité accordée aux partis politiques pour prendre part au dialogue. Dans sa clarification, Alain Orounla a notifié qu’il s’agit d’un dialogue politique et non d’un «Dialogue national» encore moins de Conférence nationale.

Des incohérences soulevées

Pour Mathias Hounkpè, la raison évoquée pour justifier l’exclusion de certains acteurs tels que les activistes de la société civile ne tient pas la route.

En effet, il est, à tout le moins, extrêmement discutable d’oser affirmer que parce que le dialogue est dit politique, il ne concernerait que les partis politiques. Même dans ce dernier cas, où il ne s’agirait qu’un d’une rencontre entre partis politiques, les acteurs non partisans pourraient bien avoir un rôle à jouer selon la nature du problème posé. L’histoire politique récente fourmille d’exemples qui montrent que la présence et le rôle souvent déterminant joué par les acteurs non partisans ont permis au pays soit d’éviter la survenance de crises graves, soit d’en sortir par le haut et de préserver la paix et la stabilité.

De la même manière, il est tout aussi discutable de prétendre que, puisque le dialogue devrait porter sur la matière électorale, il n’est que l’affaire des partis politiques ! Soit dit en passant, M. le Ministre n’est pas le premier à créer ce genre de confusion. Si c’était si vrai, pourquoi nous mêler, nous les citoyens ordinaires, aux processus électoraux ?

Appeler les choses par leur nom…

Mathias Hounkpè invite les initiateurs dudit dialogue à ne pas créer la confusion. « Le Chef de l’Etat est libre de choisir de tenir une rencontre entre les partis de la coalition gouvernementale pour discuter de leurs positions sur le code électoral et des conditions d’organisation des élections à venir. Il suffit d’être précis et d’appeler les choses par leur nom, sans chercher ni contribuer à créer la confusion dans les esprits. Le Bénin, dans les conditions actuelles, n’en a pas besoin », a-t-il conclu.

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