Bénin: c’est un dialogue injonctif qui est convoqué par Talon, selon Nathanaël Kitti

Le dialogue politique qui va démarrer demain Jeudi 10 Octobre 2019 au Palais des congrès de Cotonou alimente la politique au sein des acteurs politique et des hommes de sciences. Les partis invités à cet échange n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre, estime le politiste Nathanaël kitti qui croit que seul le président Talon à la manette. 

Les partis politiques conviés au dialogue les 10, 11 et 12 Octobre 2019 au palais des congrès de Cotonou ne pourront pas influencer le cours des débats. C’est du moins l’avis du politiste Nathanaël Kitti. Reçu ce jour sur Fraternité fm, ce dernier estime que le format d’un dialogue n’est pas rempli pour qu’on parle de dialogue politique. « Mais regardez bien, on veut dialoguer et c’est le gouvernement qui choisit l’agenda, c’est le gouvernement qui détermine l’objet inscrit au dialogue. Donc il n’y a pas de marge de manœuvre donner aux invités pour pouvoir discuter ». fait-il observer.

Au regard de ces remarques, le politiste affirme qu’il s’agit d’un dialogue injonctif. « Le gouvernement tel que nous l’avons suivi jusque-là veut donner des ordres. Réorienter le dialogue pour qu’il puisse aller dans le sens où il a pensé.  » indique-t-il.

Nathanaël Kitti a par railleurs déploré le fait que le dialogue soit réservé seulement aux acteurs politiques. Selon lui, pour l’animation de la vie publique, il n’y a pas que les partis politiques. Il y a, à le croire, l’animation de la démocratie par la vie associative. « Vous avez les ONG, vous avez les chefferies traditionnelles, vous avez les communautés  religieuses qui prennent position  sur des situations politiques déterminées; donc il faut associer tous ceux là« , précise-t-il.

Pour l’homme de science, il faut ainsi élargir le cercle des participants à ce dialogue car, précise-t-il, ce que vit l’ensemble des béninois aujourd’hui est un problème de texte comme le code pénal avec des dispositions liberticides qui ont restreint des libertés publiques. Mais quand on parle de liberté publique, martèle-t-il, il ne s’agit pas que des acteurs politiques. Il s’agit par exemple des journalistes, des enseignants, des commerçants…de chaque béninois. Donc les organisations qui s’occupent de ce monde-là doit être aussi associées à ce dialogue pour qu’à la fin, on puisse obtenir un résultat applicable, indique-t-il.

Nathanael Kitti estime par exemple que le parlement qui est installé souffre de légitimité et qu’il faut le renvoyer. Mais la question n’est pas mentionnée dans les points inscrits à l’ordre du jour. Or, ce qui a conduit à la conférence nationale se pose encore aujourd’hui, pense-t-il. « ceux qui sont à l’extérieur en exil vont continuer après le dialogue à contester le régime et ceux qui sont à l’intérieur à contester la légitimité du parlement. A quoi aurait donc conduit ce dialogue ? » s’interroge-t-il.

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