Après l’évaluation diagnostique, urgence d’un état des lieux du système éducatif béninois

 

Après les tergiversions et le tollé qu’a suscité l’initiative gouvernementale, l’évaluation diagnostique a révélé le niveau réel des enseignants reversés en 2008 notamment ceux de la maternelle et du primaire. Et pour redorer le blason du système éducatif béninois, les tenants du pouvoir doivent saisir l’opportunité pour identifier tous les goulots d’étranglement.

Dans le rapport de l’Unesco publié en 2014  sur l’état du système éducatif béninois, le Bénin a déjà réalisé deux diagnostics de son secteur de l’éducation, l’un en 2000 et l’autre en 2008. Si celui de 2000 était très concentré sur le cycle primaire, et n’a abordé que superficiellement le niveau post-primaire, le diagnostic sectoriel de 2008 s’est inscrit dans une approche beaucoup plus sectorielle et a spécialement documenté les sous-secteurs de l’alphabétisation, de l’enseignement secondaire, de l’enseignement technique professionnel et de l’enseignement supérieur. Plus de 10 années après, le secteur de l’éducation a évolué et nécessite une attention de toutes les composantes et acteurs interagissant dans l’enseignement et la formation.

Un pas vers un nouveau diagnostic

Un meilleur résultat passe inévitablement par la qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles et collèges. Pour poser les balises, le gouvernement a vu juste en décidant d’évaluer le niveau des éducateurs et autres enseignants reversés depuis 2008. A l’issue des compositions, le constat n’est pas reluisant. Le niveau laisse à désirer. Tenez ! A la maternelle, 115 enseignants ont pu obtenir la moyenne sur un total de 410, soit 28,05%. Au primaire sur 9432, seulement 2830 ont pu passer  les épreuves soit 30% de taux de réussite. Le niveau des enseignants du secondaire n’est pas aussi criard mais peine aussi à convaincre. 6079 sur 7942 soit 76,54% ont eu la moyenne. Cette évaluation diagnostique, combien opportune, a mis au grand jour le niveau des enseignants contractuels. Et pour creuser l’abcès en vue de redorer le blason du système éducatif, le gouvernement doit diligenter un nouveau diagnostic. Le dernier réalisé en date de 2008 où les points forts et points faibles du système de l’éducation béninois ont été identifiés puis examinés. Mais depuis plus rien. C’est le statu quo. Les pouvoirs  se contentent que des réformes sporadiques et survolent malheureusement les réels problèmes de l’éducation. Un bon système éducatif ne se limite pas à la qualité des enseignants mais il va bien au-delà. C’est pourquoi, le gouvernement actuel doit penser à une table ronde sur le système en prenant en compte le boom  démographique et le cadre macroéconomique. Il doit revoir sa politique éducative en restant coller aux réalités du pays.

 

2 commentaires
  1. kora abou dit

    Merci pour l’information

  2. Odounfa Thierry dit

    Pourquoi ne pas montrer les notes attribuées aux candidats et s’ouvrir à d’éventuelles réclamations pour une évaluation approfondie, apolitique, transparente et crédible ?

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