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« Mon plaidoyer pour qu’on enferme tous les journalistes ! », une ironie de Thanguy Agoï

L’arrestation récente du journaliste Casimir Kpédjo a suscité beaucoup de réactions dans l’opinion. Dans le rang des hommes des médias cette arrestation est perçue comme une atteinte à la liberté de presse. Mais pour d’autres acteurs de la société, le journaliste devra être puni pour son acte. Pire, il y en a qui se sont adonnés à des commentaires désobligeants qui ont fait sortir le journaliste Thanguy Agoï  de ses gongs. Dans un message publié sur sa page facebook il a, dans un style ironique, exprimé toute son exaspération des critiques dont fait objet de façon permanente la presse.

 

Mon plaidoyer pour qu’on enferme tous les journalistes !

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Il y a eu des réactions diverses à mon égard au sujet de la garde à vue de Casimir KPEDJO, journaliste de métier que je respecte : des plus virulentes aux plus timorées…certaines étaient carrément des prises à partie. Dans le lot, la grande vague des donneurs de leçon qui estiment, peut être à raison, que le journaliste n’est pas au dessus de la loi. « Qu’il subisse aussi la crucifixion, si sa faute l’exige », ont-ils réclamé. Dans le rang de ces légalistes, il y a un ami d’enfance, policier de profession, à qui j’avais rendu un service. Il était venu me voir un jour vers 2h du matin pour me supplier de parler d’une injustice qui risque de briser sa carrière. C’était dans l’affaire « policiers de l’aéroport ». Pour la circonstance, il s’est bien accoutré de façon à éviter d’être reconnu, a garé sa voiture 6 rues avant ma maison. Il ne voulait en aucun cas porter ouvertement sa propre lutte dont l’issue décidait de sa carrière, de la vie de ses enfants, de ses parents…l’action que j’ai préconisée a porté ses fruits, modestement. À la place d’une radiation comme c’était de tradition dans le temps, il a écopé d’une affectation loin de Cotonou. Et c’est lui qui défend l’idée qu’on emprisonne le journaliste dès lors qu’il se permet de donner des informations inexactes, et qui me le sert dans la face. À tous ceux qui pensent ainsi, je vous dis ici et maintenant que j’approuve aussi. Ensemble, levons nous et réclamons tous des prisons pour les journalistes jugés indélicats et sans professionnalisme. Oui, c’est de notre faute en effet que le Bénin est coincé sur le chemin du développement, que son image est ternie à l’international. C’est la faute des journalistes quand il n’y a pas l’eau pour tout le monde, l’école pour les enfants béninois, l’hôpital pour les malades. Les journalistes sont la gangrène de ce pays et si on les éradique, le bonheur serait immédiat. Construisons des prisons avec de hauts murs. Allons les chercher même au creux des bras de leur femme ou maîtresse nuitamment pour qu’enfin les béninois puissent vivre heureux, et du bonheur du juste qu’ils ont toujours été. N’épargnons aucun. S’il le faut même, brisons leur quelques côtes avant qu’ils atterrissent au bagne. Et quand il n’y aura plus de journaliste, cher ami d’enfance bien aimé, flic très éclairé de la république, fortement attaché aux lois, tu pourras compter sur ta femme pour te sauver de la prochaine brimade qui ne manque jamais dans ce genre de milieu professionnel qui est le tien. Ensemble, emprisonnons les journalistes.

Thanguy Agoï

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