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Bénin – Politique: les mêmes cadres produisent les mêmes dégâts

Sauf imprévu, le peuple béninois ira aux urnes pour élire ses représentants devant siéger à l’Assemblée nationale, 8ème législature, le 28 avril prochain. Un parcours sommaire des différentes listes des partis politiques notamment celles de la mouvance révèle la présence en pole position des députés du Bloc de la majorité parlementaire.

Des députés pro-Talon de la mandature finissante n’ont pas grand souci quant à leur retour à l’Assemblée nationale. La quasi-totalité occupe une place préférentielle sur les listes concoctées par les tenants du pouvoir. La probabilité que la majorité des 59 députés de la mouvance reviennent à l’hémicycle est élevée. Des observateurs de la vie politique craignent le retour du climat délétère qui a régné au sein de cette législature.

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Des lois polémiques et jugées scélérates

La 7ème législature a marqué plus d’un à travers le vote de certaines lois qui jusqu’à présent continuent de susciter la polémique. En exemple, le nouveau code électoral entériné par la Cour constitutionnelle le 02 octobre 2018. Composé de 397 articles répartis en 7 livres, le nouveau code contient des innovations notamment relatives aux cautionnements pour les élections présidentielles et législatives qui passent respectivement à 250 millions FCFA et 249 millions FCFA. L’autre chose, l’article 242 stipule que : ‘’l’attribution des sièges aux différentes listes en présences s’effectue selon le système du quotient électoral. Le nombre de suffrages valablement exprimés est divisé par le nombre de sièges à pourvoir pour obtenir le quotient électoral de la circonscription électorale. Le nombre de voix obtenues par chaque liste est divisé par ce quotient électoral et le résultat donne le nombre de sièges à attribuer à la liste. Les sièges restants sont attribués selon la règle de la plus forte moyenne. Seules les listes, ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, se voient attribuer des sièges sans que le nombre de listes éligibles ne soit inférieur à quatre (04).Toutefois, si le nombre de listes en compétition est inférieur à quatre (04), toutes les listes sont éligibles à l’attribution de sièges’’. Un article assez complexe qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le rang des différents sérails politiques. Même le législateur peine à déceler les nœuds.

Quant à la charte des partis politiques consacrée par la loi n°2018-23 du 17 septembre 2018, Des formations politiques ont éprouvé de sérieux ennuis avant de s’y conformer. D’autres continuent de tâtonner. Face à l’impasse électorale, le chef de l’Etat a échangé avec les partis politiques le 06 mars dernier. A l’issue de la rencontre, il a été décidé que l’Assemblée nationale légifère en procédure d’urgence des textes plus adaptés pour une sortie de crise. Les yeux sont donc rivés vers le Parlement pour proposer dans les prochains jours de nouveaux textes électoraux. D’ailleurs dans ce sens, la conférence des présidents s’est réunie vendredi 15 mars à l’Hémicylcle. Profitant de la situation, l’opposition réclame d’ores et déjà le retour de l’ancien code électoral notamment la loi n°2013-06 du 25 novembre 2013.

L’absence de consensus plombe

Aux termes des dispositions de l’article 79 alinéa 2 de la Constitution, deux missions essentielles sont assignées à l’Assemblée nationale notamment : discuter et voter les lois et contrôler l’action du Gouvernement. Le Parlement depuis la première législature s’y attèle vaille que vaille. Ce rôle régalien dévolu à la représentation nationale, au-delà des considérations politiques, devra avoir pour objectif l’intérêt général. Hélas ! Les aspirations des mandants sont sacrifiées sur l’autel des intérêts des partis politiques ou d’un chef d’Etat. Les calculs politiques ont pris malheureusement le dessus. Pour preuve, la 7ème législature a voté des lois qui après tant de polémiques, nécessitent aujourd’hui une touche partielle ou totale. Les 59 députés de la mouvance sont directement indexés par le commun des Béninois. Ils sont pris pour responsables de cette nouvelle situation qui visiblement pourrait faire retarder les prochaines consultations électorales. Mais contre toute attente, ils bénéficient de la faveur des tenants du pouvoir qui les positionnent à des places préférentielles. Et comme on le dit très souvent, les mêmes causes produisent les mêmes effets d’où les mêmes cadres produiront les mêmes dégâts.

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3 commentaires
  1. Ledoux dit

    Quand le journaliste parle de degats, c’est grave !!

  2. Seko dit

    Arrêtez avec vos articles creux. Vous croyez qu’un peuple instruit, éduqué et averti peut soutenir des délinquants qui refusent l’application de lois votées? Et vous pensez que nous devons nous soumettre à des desiderata de cancres? Vous perdez votre temps.

  3. L'analyste FAGNIHOUN dit

    Mr Seko, arrêtez avec votre commentaire creux également. Puisqu’il s’agit tous de beninois, citoyens, journalistes, hommes politiques et autre, nous sommes tous concernés par la crises et l’impasse politique actuelle. Lorsque vous parlez de lois votés, qui les ont votés, si ce n’est pas ce que vous qualifier de bandits. Donc vous même vous êtes conscient que ce sont des bandits qui ont voté les lois, et maintenant vous révoquer la contestation de ces mêmes bandits. Que ça soit le gouvernement ou l’assemblée nationale, tous sans exception sont des bandits. Et le réel problème est de savoir qui envoyé à l’hémicycle pour prévenir de telles crise. Si c’est députés avait l’explication parfaite de ces lois, le désordre n’en serait pas à ce niveau. Nul ne sait la compétence et qualité en matière d’expérience académique, mais le vote au Benin, tous le savent comment ça se passe. Normalement, la courses doit être plus serrer, mais ma structure qui devrait étudier les dossiers, devrait être la plus indépendante des institutions de l’état, et de toute formation politique. Et une loi pour poursuivre les décideurs de cette structure en cas de délits ou tout autre décision incorrecte.

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