Les vraies raisons de la crise vénézuélienne, quid du droit international?

Les raisons de la crise vénézuélienne sont multiformes et complexes. En effet, la toute première raison est économique, puisque le Venezuela est un pays immensément riche. Il est l’un des premiers producteurs de pétrole sur l’échiquier mondial. En effet, le Venezuela possède les premières réserves pétrolières mondiales. Ce qui l’expose à l’envie des puissances internationales qui cherchent à tirer profit de cette richesse naturelle. D’ailleurs tout porte à croire que Juan Guiado l’opposant qui revendique le pouvoir et qui a même essayé en janvier dernier un coup de force inabouti contre Maduro est une marionnette des puissances puisque cette dernière se déclarent favorables à ces agissements. Quelles sont les causes profondes de la crise vénézuélienne et quelle lecture de la situation à l’aune du droit international?

 

L’ancien président Hugot Chavez était conscient de la convoitise des Etats- unis. Voilà pourquoi, il a pris un décret en son temps, pour nationaliser l’industrie du pétrole du pays. Cette décision a mis,  par ricochet à la touche, les grandes entreprises pétrolières multinationales. Naturellement, ceci  n’a pas été du tout du goût des États-Unis. Si le Vénézuéla sombre actuellement dans une crise politique avec Maduro, c’est parce que d’une part, il n’a pas réussi à tenir tête aux puissances comme a su le faire son prédécesseur, mais aussi et surtout parce qu’il a hérité de Chavez  d’un secteur pétrolier en total déliquescence.

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En effet, au temps de Chavez, qui a régné de 98 à 2013, le niveau de vie du vénézuélien moyen était  élevé, parce que les fruits de la manne pétrolière étaient redistribués, le prix du baril ayant atteint à des moments donnés les 100 dollars, du fait de la nationalisation sous la révolution bolivarienne. Malheureusement , Chavez s’est limité à la redistribution et n’a pas réinvesti les devises issues de l’exploitation pétrolière dans d’autres secteurs économiques pour une diversification de l’économie. Le syndrome hollandais vit le jour.

 

Qu’est-ce que le syndrome hollandais?

 

Il s’agit d’un risque économique, que prennent certains pays disposant d’une ressource minière, consistant à baser toute  leur économie sur cette manne de façon exclusive. Ce fut le cas du Vénézuéla. Et les symptômes, les plus caractéristiques , sont apparus:

-Malgré la richesse des gisements, le pays ne dispose pas de sa propre raffinerie, et il importe son carburant. Les faibles prix de l’essence à la pompe sont le résultat des subventions de l’Etat.

-Certains Vénézuéliens ne vivent pas dans des maisons dotées du tout à l’égout, et lorsqu’ils ne vivent pas à Caracas, ils subissent des coupures d’eau et d’électricité quotidiennes.

-Plus de 70% des biens de consommation sont importés, notamment la plupart des produits alimentaires , faute d’agriculture, et ce malgré la fertilité des haciendas locales.

-170.000 entreprises ont déposé le bilan, tandis que l’économie informelle occupe près de la moitié de la population active (45%).

Cette hyper-spécialisation du Venezuela sur le pétrole a conduit à l’augmentation de ses revenus. En conséquence, sa devise s’apprécie, menant à une perte de compétitivité des exportations des autres denrées puisque 96% des recettes en devises proviennent de l’or noir.

Ce fut jusque dans un passé récent la même situation au Nigéria avant que ce pays ne s’oriente vers la diversification de son économie. L’embelli n’était pas éternel.

 

 Finis les lendemains qui chantent

 

Après son mandat en 2014, le prix du baril chuta. Le baril est passé de 100 dollars à 40 dollars. « C’est un coup dur pour un pays de rente pétrolière. L’or noir représente plus de 90 % des exportations du pays. Ainsi, avec la chute du prix du baril en plus de celle de la production, les caisses de l’Etat se sont vidées de dollars, indispensables à l’importation des produits de première nécessité », explique Anne Denis, une spécialiste des questions vénézuélienne.

En effet, les redistributions n’étaient pas transparentes. Chavez partageait la rente pétrolière sans associer les institutions compétentes en la matière. « Ça manquait clairement de visions à moyen et à long terme”, indique Anne Denis, spécialiste du Venezuela et fondatrice du site latina-economica.com et d’ajouter « cette politique de « tout-redistribuer » l’a en effet pénalisé quand le prix du baril a chuté« . Des difficultés dues aux relents populistes de Chavez, d’accord. Mais pas que…..

 

La main invisible des USA

 

Mais d’autres analystes pensent qu’au-delà des erreurs de Chavez, il y a la politique de déstabilisation des Etats-Unis orchestrée  pour nuire à l’économie vénézuélienne. Elle a consisté  en une  diminution drastique des importations de denrées de première nécessité  en direction du Venezuela. Selon les économistes, l’inflation monterait à 2 000 % cette année (selon les prévisions du FMI), ce qui laisse une brèche à l’opposition soutenue par certains pays occidentaux de réclamer le départ de Maduro puisqu’il a des difficultés pour dynamiser l’économie et réduire la pauvreté que les Etats- unis ont préfabriquée.

La crise vénézuélienne est donc montée de toutes pièces. Les puissances étrangères, notamment les États- unis tentent de prendre des mesures économiques nuisibles aux Vénézuéliens pour provoquer une guerre, car ventre affamé n’a point d’oreille afin de trouver un prétexte pour enfin contrôler la richesse de ce pays dont Chavez les avait privé.
Pour preuve, lorsque Nicolas Maduro a été donné vainqueur des élections présidentielles au Venezuela, Donald Trump a signé un décret visant à affaiblir le géant pétrolier (le Vénézuela) dans la vente de ses actifs prétextant de la non-transparence du scrutin qui l’a porté au pouvoir . L’Union européenne a cautionné l’initiative américaine en initiant d’autres sanctions contre le Venezuela. Et comme depuis le lendemain de la seconde guerre mondiale, les puissances ont coutume de se sérier en défenseurs ou en attaquant des pays riches pour les contrôler, le Venezuela n’échappera pas à cette loi de la jungle sur le plan  des relations géopolitiques. Mais si les États- unis, l’UE et les pays du Lima s’en prennent à Maduro, Poutine et Xi par contre l’assurent de  leur soutien.

 

Guerre des intérêts donc !

 

En effet, les russes Vladimir Poutine et le chinois Xi Jinping ont été les premiers à féliciter Nicolas Maduro à sa réélection fin 2017. Du coup, ces deux dirigeants des plus  grandes  économies mondiales se portent garants pour soutenir Maduro contre ses détracteurs. Ils l’ont déjà fait en novembre 2017, lorsque le Venezuela avait des difficultés partielles à éponger sa dette. Aux menaces de Donald Trump d’usage de la force militaire contre Maduro , le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a répondu le 24 janvier, en mettant  les Etats-Unis en garde, contre une éventuelle intervention militaire au Venezuela, assurant que son pays la Russie, n’hésiterait pas à apporter la réplique.

 

Mais face aux puissances occidentales dans la crise vénézuélienne quelle lecture à l’aune du droit international ?

 

Le droit international est constitué des règles juridiques qui définissent les relations entre les Etats ainsi que les relations entre des particuliers dans un cadre international. Il interdit l’immiscions d’un Etat, dans les affaires internes d’un autre Etat. Ainsi, par exemple, pour Harold Pinter (écrivain et dramaturge anglais 1930-2008). « L’invasion de l’Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d’Etat flagrant, la preuve d’un mépris absolu pour le droit international. » Ainsi, la menace actuelle des Etats- unis de frapper militairement le Venezuela si Maduro ne démissionne pas au profit de Juan est contraire au droit international. 

En effet, selon la Convention de Vienne de 1969 (article 27), les tribunaux et cours d’arbitrage internationaux, aucun Etat ne peut prétexter d’une règle de droit interne pour se soustraire à ses obligations internationales. Ce que les Etats-Unis violent régulièrement dans son rôle contesté de gendarme du monde à travers l’histoire.

Le droit international s’impose à l’État, et aucun pays si puissant soit-il, ne peux saper une autre économie par des astuces contraires à l’esprit des règles économiques internationales encore moins déloger, un président par la force militaire sous prétexte qu’il est un dictateur comme tentent de le faire actuellement les États-unis conte Maduro.

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