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L’égyptien Al Sisi prend la tête de l’UA, des inquiétudes pour les réformes entreprises ?

President Kagame hosts a State Banquet in honour of President Fattah al- Sisi of Egypt @Flickr

Après avoir été suspendue de l’Union africaine en 2013, l’Égypte cherche à renforcer son statut en Afrique. A la tête de l’Union africaine, le pays se concentre sur la sécurité, le commerce et la migration.

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi a pris la présidence de l’Union africaine (UA), qui compte 55 membres, lors de sa 32ème session ordinaire à Addis-Abeba, en Ethiopie, dimanche. Pendant son mandat, el-Sissi devrait se concentrer sur la réforme de la sécurité et des finances, mais sans grand projet de renforcement des pouvoirs multilatéraux de l’UA. Au lieu de cela, l’accent devrait être mis sur la lutte contre l’immigration clandestine alors qu’au même moment l’Egypte se présente comme un modèle d’accueil des réfugiés. Le sommet s’est ouvert sur le thème:  » Réfugiés, rapatriés et personnes déplacées dans leur propre pays » présenté dans un contexte de sécurité.

Avant le sommet, el-Sissi a exposé ses priorités pour l’année:

  • Jeter des ponts pour soutenir les événements culturels africains.
  • Coopérer avec des partenaires régionaux et internationaux.
  • Paix et sécurité, en mettant l’accent sur la reconstruction après les conflits.
  • Réforme institutionnelle et financière de l’UA.
  • Accélérer l’accord de libre-échange et les projets d’infrastructure de la ZLEC.
  • Offrir des opportunités d’emploi, augmenter le retour de la jeunesse africaine, développer les industries manufacturières, l’agriculture et la pêche.

Libre-échange

La zone de libre-échange continentale  (CFTA) a été approuvée par 44 des 55 États membres en mars dernier. Si elle est ratifiée, elle deviendra la plus grande zone de libre-échange depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce en 1995. La CFTA verrait les tarifs supprimés de 90% des marchandises et pourrait stimuler les échanges sur le continent de 52% d’ici trois ans, selon l’ONU. La zone de libre-échange entrera en vigueur une fois ratifiée par 22 des États signataires. En février, 19 États avaient ratifié l’accord.

Le Nigéria , l’une des puissances économiques du continent, restant en dehors de la zone de libre-échange, le président Muhammadu Buhari craint que cela ne nuise à entrepreneuriat et à l’industrie nigérians. L’Egypte aussi a une économie en plein essor et craint aussi que cette zone de libre-échange ne vienne entraver son évolution. En prenant la tête de l’UA qui est dans cette dynamique de libre-échange, l’on se demande si Al Sisi restera dans la même lancée que son prédécesseur Paul Kagamé.

Préoccupations relatives aux droits de l’homme

Des groupes de défense des droits, y compris Amnesty International, se sont inquiétés de ce que la présidence égyptienne puisse saper les mécanismes de défense des droits de l’homme de l’UA. « Pendant son mandat, le président Abdel Fattah al-Sisi a fait preuve d’un mépris choquant pour les droits de l’homme. Sous son leadership, le pays a connu un déclin catastrophique des droits et des libertés », a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes d’Amnesty pour l’Afrique du Nord.

« Il existe de réelles craintes quant à l’impact potentiel de sa présidence sur l’indépendance des mécanismes régionaux de défense des droits de l’homme et leur engagement futur avec la société civile », a-t-elle déclaré indiquant que « les États membres de l’Union africaine doivent veiller à ce que l’Égypte, en tant que responsable politique de l’organisation pour 2019, défende les valeurs et les principes de l’Union africaine, y compris le respect des droits de l’homme et des peuples. »

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