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RDC: Face à la France et l’UA, Kabila intransigeant protège « la souveraineté de l’Etat »

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo sous la houlette du président Joseph Kabila, protège comme un œuf « la souveraineté d’Etat ». Face à la demande de l’UA de surseoir aux résultats donnant vainqueur Etienne Tiskhédi.

La RDC ne saurait tolérer aucune ingérence étrangère quelque soit son type. C’est ce qu’a fait savoir ses autorités. L’une des choses embêtantes pour le Congo, c’est que la France réclame son droit de regard « Nous n’avons pas fait des sacrifices pour financer ces élections tous seuls pour pouvoir les supporter. Je pense que c’est très présomptueux de sa part », a déclaré à Rfi, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende en réponse aux propos du ministre français Le Drian concernant ses doutes sur les résultats de l’élection.

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Ainsi, le concept de souveraineté, est devenu plus que jamais cher au chef de l’Etat congolais Joseph Kabila. On se rappelle, que le gouvernement congolais avait renoncé à tout financement extérieur des élections présidentielles en annonçant le 25 mars 2018, que le pays a décidé de financer sur fonds propres, les scrutins qui permettront d’élire un successeur au président Joseph Kabila, invitant les bailleurs étrangers à orienter l’argent prévu à cet effet dans d’autres secteurs.

« La RDC dispose des moyens pour financer seule les élections du 23 décembre puisque nous enregistrons une embellie dans les finances de l’État », avait déclaré à l’AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais. « Il y a eu deux propositions que nous avons repoussées, parce qu’il est exclu que les prochaines élections soient financées par l’extérieur », a ajouté Lambert Mende.

« Nous ne voulons plus revivre les expériences du passé où ceux qui apportent des financements ont tendance à vouloir orienter l’issue des élections », a-t-il expliqué.

 

Le Congo n’est pas allé du dos de la cuillère pour apporter une réplique cinglante à la France, dont le ministre des Affaires Etrangères Le Drian  appelait à plus de détails dans les résultats de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 proclamés par la CENI dans la nuit du mercredi à jeudi 10 janvier 2019, qui selon elle, étaient une surprise. Cette intervention de la France a été jugée disproportionnée et inadmissible par le porte parole du gouvernement congolais et considérée comme étant un « cas type d’interférence ».

« Quel que soit ce qui pourra sortir des délibérations de la Cour constitutionnelle que les uns et les autres vont pouvoir saisir, je réprouve totalement le fait qu’ « un dignitaire étranger » se permette de tels propos. C’est « un cas type d’interférence » que nous récusons formellement au niveau du Front commun pour le Congo, même si cela aurait pu être fait en notre faveur. Nous n’acceptons pas d’interférence extérieure. 

Poursuivant dans sa déclaration, Lambert Mende avait rappelé à la France que : « Le Congo ne fait pas partie de la France ». Une simple manière de dire que : « le Congo est un Etat souverain tout comme la France »

Dans la même veine, par le biais de son porte-parole Lambert Mende, le président Kabila a purement et simplement, rejeté la requête de l’Union africaine de retarder l’annonce des résultats définitifs de l’élection présidentielle contestée.

L’UA avait appelé ce jeudi 17 janvier 2019 à la suspension des résultats définitifs de la présidentielle, parce qu’elle remet en cause l’impartialité des résultats annoncés par la CENI et a décidé d’envoyer une délégation de haut niveau composée du président de l’UA et d’autres chefs d’État ou de gouvernement, ainsi que le président de la Commission de l’Union Africaine (UA) en RDC le lundi prochain 21 janvier, pour « dialoguer avec toutes les parties prenantes congolaises, en vue de parvenir à un consensus sur le moyen de sortir de la crise post-électorale dans le pays », a précisé un communiqué de l’UA. 

La Cour Constitutionnelle joue au jeu de Kabila…

Dans la foulée, la cour constitutionnelle a également balayé d’un revers de mais les injonctions de l’UA et a décidé de se prononcer ce samedi à 15 heures sur les recours introduits par la Dynamique de l’opposition et par M. Ngoy Ilunga Wa Nsenga.

Selon les résultats publiés par la CENI, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo l’a emporté avec 7.051.013 soit 38,57%. Il est suivi de Martin Fayulu Madidi avec 6.366.732 soit 34,83% et d’Emmanuel Shadary avec 4.357.359 soit 23,84%. Le taux de participation à ce scrutin est de 47,56%, selon la commission électorale.

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