Bénin – Procès Icc-Services: les représentants des banques cuisinés par la cour

Le procès Icc-Services, a connu son 20ème jour d’audience ce vendredi 18 janvier 2019. A l’occasion, les avocats, le président de la Cour et le procureur spécial se sont surtout intéressés aux banques dans lesquelles Emile Tégbénou avait ouvert des comptes pour ses opérations. A cet effet, les représentants des banques mis à la disposition de la Cour ont été écoutés à la barre.

Emile Tégbénou, l’un des promoteurs de la structure de placement de fonds Icc-Services avait des comptes à la BOA, NSIA Bank (ex Diamond Bank), Société Générale du Bénin (SGB), UBA (ex Continental Bank). Toutes ces institutions financières se sont faites représenter devant la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET), à l’exception de UBA dont le représentant était absent.

C’est le représentant de Diamond Bank qui a été le premier à s’expliquer. Avec lui, la Cour cherche à comprendre le traitement fait des différents dépôts d’Emile Tégbénou, directeur départemental Icc-Services Ouémé-Plateau. Suite à cette question, l’envoyé de Diamond Bank, reconnait que l’accusé avait plusieurs comptes dans son institution financière. Mais selon ses dires, la banque n’avait pas fait des déclarations de soupçon. Pour se justifier, Serges Houndété évoque une mauvaise compréhension de la loi sur le blanchiment.

Il a été relancé par la Cour qui lui rappelle que la loi a été initiée par la BCEAO et adoptée par le Bénin en 2006. Elle ne comprend donc pas pourquoi, la Diamonk Banque ne l’a pas appliqué dans le cas d’Emile Tégbénou. A en croire Serges Houndété, la loi a été adoptée en 2006 par le Bénin, mais le décret d’application est sorti en 2008. Il va par la suite préciser que, même si la banque n’avait pas fait de déclarations à la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qu’elle était la première institution à informer la BCEAO des doutes sur les opérations bancaires de Tégbénou.

Après Diamonk Bank, c’est le tour de la BOA de s’expliquer sur la même question. Comme Serges Houndété, Thierry Mèhouénou reconnait que le sieur Emile Tégbénou avait des comptes à la BOA et y faisait régulièrement des opérations. Ici aussi, l’institution bancaire n’a pas jugé opportun d’attirer l’attention plus tôt sur les opérations de son client dont la qualité ne faisait pas d’inquiétude. Selon ses dires, ce n’est qu’en 2010 que la BOA a fait une première dénonciation sur la régularité des versements dans le compte de Tégbénou.

Contrairement à la Diamonk Bank et à la BOA, la Société Générale du Bénin (SGB) n’a pas tardé avant d’alerter les autorités sur les opérations bancaires de Tégbénou. Selon Armelle Hodonou, représentante de la SGB, Emile Tégbénou faisait des opérations allant de 90 millions à 200 millions de FCFA. C’est ce qui a d’ailleurs motivé la banque a alerter le plus tôt que possible les autorités, mais elle ne peut dire le sort qui a été réservé à ces dénonciations.

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