Œuvres d’arts pillées par la France : la Côte d’Ivoire rejoint le Bénin et le Sénégal avec une longue liste

Alors que le soutien au rapatriement augmente, la Côte d’Ivoire demande à la France de restituer 148 œuvres d’art volées au pays durant la colonisation par la France.

Le mouvement grandissant pour le retour de l’art africain « volé » par les puissances européennes coloniales, continue de gagner du terrain ; la Côte d’Ivoire rejoignant le Bénin et le Sénégal pour demander à la France de restituer plusieurs trésors qu’elle avait autrefois pillés au pays d’Afrique de l’Ouest. Mercredi, le ministre de la Culture ivoirien, Maurice Bandaman, a confirmé qu’il avait publié une liste de 148 œuvres conservées dans des institutions françaises qui « seront rendues » en 2019, selon l’Agence France-Presse.  Le mois dernier, le pays avait annoncé son intention de demander officiellement le rapatriement d’œuvres de l’époque coloniale.

L’émission de comédie américaine  The Daily Show a récemment attiré l’attention sur cette question brûlante consacrée aux avantages et inconvénients du rapatriement. Son animateur, Trevor Noah, originaire d’Afrique du Sud, a déclaré en plaisantant que l’art devait être rendu avec intérêt.

De plus en plus de pressions sont exercées sur les musées occidentaux pour qu’ils s’attaquent aux racines coloniales de leurs collections, en particulier à la suite d’un rapport décisif commandé par la France qui appuyait l’idée de la restitution intégrale. La France s’est engagée à rendre au Bénin 26 œuvres d’art saisies par les troupes françaises en 1892.

Masque en bois léger de style naturaliste. Les yeux et la bouche sont évidés. Sur la lèvre inférieure, une sorte de protubérance circulaire. Des fragments de cuir et de poils de singe forment une barbe et une moustache, fixées sous la lèvre inférieure et aux commissures de la bouche. Au niveau du front, un bandeau de textile est maintenu par des clous. Les couleurs, dans les tons rouge/noir/blanc, sont réparties en à-plats, symétriquement et en jouant sur les oppositions. Des éclats (nez, joue droite) et des griffures altèrent la surface de ce masque.

Mais la France n’est peut-être que le début. « Au moins 50 musées dans le monde ont des œuvres ivoiriennes, sans compter les collections privées », a déclaré Bandaman à l’AFP. Il est favorable à une restitution progressive des milliers de pièces pillées, sans quoi le pays n’aurait «nulle part où les mettre». Un musée de classe mondiale devrait ouvrir ses portes en 2022 ou 2023 à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire, et il est également prévu de construire 12 centres culturels, y compris des musées, dans tout le pays.

Malgré l’engagement déclaré du président français Emmanuel Macron en faveur du rapatriement, la question continuera probablement de susciter la controverse. Stéphane Martin, directeur du quai Branly à Paris, abritant quelque 70 000 œuvres africaines, a déjà critiqué l’idée et s’est dit contre une restitution de ces pièces à leurs pays d’origines.

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