Bénin: la danse politique redémarre, l’emploi des jeunes toujours à l’arrêt

Depuis quelques jours, les meetings et réunions politiques ont repris au Bénin. Avec des vagues successives de soutien à tel ou tel bloc, les politiciens béninois sont repartis pour une nouvelle danse à l’approche des législatives 2019. Pourtant,  jamais les hommes politiques n’ont été autant déconnectés des réalités de la population Béninoise. Une population composée en majorité de jeunes de moins de 35 ans qui sont pour la plupart au chômage et déplorent le désintérêt des politiques quand à leur problèmes.Opposition comme mouvance sont trop occupées à se chamailler pour penser à ces enfants oubliés de la République…

Quatre ans pour les députés, plus de deux ans pour le gouvernement et un bilan mitigé?

La 7eme législature touche à sa fin, les députés auront clôturé leur mandat parlementaire sans presque jamais se préoccuper de l’emploi de la jeunesse. En effet, la multiplication des fermetures d’entreprises employant nos concitoyens n’ont pas semblé émouvoir l’Assemblée nationale, tout comme l’augmentation des frais universitaires, la multiplication des cas d’harcèlement par des patrons pervers qui tentent d’abuser de leur position auprès de jeunes femmes en quête de stages ou d’emplois. Le « pistonnage » est devenu la norme au Bénin ou il est impossible d’être employé sans relations. Les députés ne peuvent pas nous dire qu’ils ne sont pas au courant de ces réalités, et pourtant…

Le gouvernement quand à lui peine à relever le défi de la lutte contre le chômage au Bénin. Il y a bien le Programme Projet emploi Jeunes (PEJ), un programme d’appui de 17.000 jeunes financé par la Banque Mondiale initié sous le Gouvernement Yayi et poursuivi sous Talon, ou encore les programmes de micro crédit héritage encore du Régime Yayi. Des solutions clairement insuffisantes pour lutter contre le chômage. Le Ministre Bio Tchane avait promis aux béninois 100.000 emplois par an, le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur de la promesse. Le chômage ne cesse d’augmenter dans une économie Béninoise en berne. Les emplois sont rares ou mal payés. Ces réalités sont celles de notre pays, le nier c’est refuser de changer les choses. Le choc économique espéré sous Talon tarde à se réaliser et les jeunes béninois en sont les premiers touchés.

L’opposition plus concentrée sur des débats politiciens que sur l’emploi

L’opposition au Président Talon s’est laissé entraîner dans le piège du débat stérile, de la victimisation et de l’invective. Il est vrai que certains membres de l’opposition subisse des coups durs ( problèmes judiciaires, exil) mais la parole politique ne peut s’attarder sur les cas individuels et devrait toujours traiter de l’intérêt général. À ceux qui sont en exil, sachez que les jeunes béninois n’ont pas les ressources pour eux aussi s’exiler vers l’Europe si ce n’est en prenant une voie qui les mèneraient à la mort ou à l’esclavage. La démocratie recule peut être au Bénin, mais dans de nombreuses dictatures, les jeunes vivent mieux qu’au Bénin. Le combat pour la liberté est noble mais la liberté n’est pas aussi vitale que l’eau et la nourriture. L’opposition s’est laissé distraire au point d’oublier de proposer des solutions pour l’emploi et de jouer le rôle de veille face au Régime Talon.

Législatives 2019: entre abstention et gifle électorale?

Comme il semble qu’il n’y a que les élections qui intéressent nos politiques, l’année 2019 sera la période des discours creux, des appels de candidats aux abois à une jeunesse ignorée jusque-là et qu’ils ignoreront de nouveau quand ils seront élus. Dans ce contexte, une fois de plus, on prend le risque de voir un désintéressement des jeunes à la politique d’où les « intéressements » distribués lors des meetings. L’argent comme seul moyen d’éviter une abstention? Un classique au Bénin. Par contre, les hommes politiques devraient se méfier de ces jeunes qu’on pousse à voter alors que leur cœur n’est rempli que de colère et de désespoir. Cette colère peut s’exprimer durement dans les urnes, et faire des victimes politiques. Le cas du Brésil l’a montré récemment, lorsque le niveau politique est bas, la population surprend. Les futurs candidats aux élections devraient comprendre que leurs projets doivent se tourner vers des tentatives sincères d’emploi de la jeunesse au risque de subir une humiliation aux législatives.

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