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Atao Hinnouho, l’épopée d’une descente aux enfers

Il est écrit: «[…]Et les pères sont la gloire de leurs enfants.» Proverbes, 17:6. Si cette parole des saintes écritures est vraie ( Anathèmes les incrédules !), il est d’autant plus vrai que les mentors sont la gloire de leurs dauphins. Autrement dit, on court beaucoup de risques à se débarrasser de l’échelle qui vous a servi à aller en hauteur. Atao Mohamed Hinnouho l’a appris à ses dépens.

Qui l’aurait cru ? Atao Hinnouho lui-même, porté au dos dans une prison pour faire ses besoins naturels ! En l’espace d’un an, sa vie bascule. Son existence quitte les chemins magiques du conte de fée pour échouer sur des sentiers arides du malheur. L’encre indélébile de la plume de la vie rédige un scénario macabre de film d’horreur.

Le tournage a lieu dans les studios lugubres du Bénin révélé. L’acteur principal au comble de son étonnement (lui-même impuissant et dépassé par le cour des événements) n’aurait jamais imaginé qu’il aurait un jour le premier rôle dans un film de cet acabit. Un film qui lui vaudrait la palme d’or de la déveine et l’oscar de la déchéance politique, économique, morale et même mentale.

Son malheur a commencé le jour où il a décidé de quitter la troupe pour faire cavalier seul sur les pentes escarpées de la politique béninoise. Il était alors l’un des jeunes pouces que le PRD avait recueilli dans son verger politique pour en faire un arbuste aux racines enfoncées. Printemps 2011. Protégé des aléas politiques par le dense couvert végétal de son Baobab protecteur (le PRD), l’arbuste (entre temps devenu arbre) porte ses premiers fruits. Atao Hinnouho est élu député à l’Assemblée Nationale. Mais mal lui en a pris !

L’aiglon a limité son apprentissage à l’étape des premiers vols à taton. Avant d’avoir appris à voir, à pister, à attaquer et à prendre, il quitte le nid qui à mourir de faim. Atao Hinnouho quitte le parti et crée son mausolée politique. On se rappelle toute la peine du monde qu’il a eu (battage médiatique et bataille juridique) pour remporter l’unique siège au parlement lors des législatives de 2015. Entre temps mal conseillé par les cadres de son « réseau », il fait des positionnements hasardeux. Il se met à dos le pouvoir et son Chef Patrice Talon après avoir activement milité pour son avènement. Il paiera cache.

Une lutte farouche contre de supposés faux médicaments est enclenchée. En baron du secteur, il est vite fiché. Une perquisition à son domicile et le flagrant délit est établit. Des contenaires du produit interdit sont retrouvés chez lui selon la police. Atao Honnouho trouve le moyen d’échapper dans un premier temps à une arrestation musclée. Mais nul n’échappe à son destin. Attiré par les forces de la nature pour payer le loyer des actions de son mérite, invraisemblablement, le poisson qui a quitté la nasse y retourne. Sauvagement tabassé dans des conditions troubles et pour des raisons qui le sont tout autant. Il est déclaré atteint de troubles mentaux pour finir condamné à 6 ans ferme de prison et à 3 milliards de Fcfa d’amende.

La déclaration de soutien d’appartenance au bloc de la majorité présidentielle n’y fit rien. Atao Hinnouho a connu les ruines sanitaire, économique et politique sous le silence assourdissant de la classe politique, de ses aînés, des cadres de son parti mais aussi et surtout de celui qui l’a politiquement fait et qui se trouve aujourd’hui être le Président de l’Assemblée Nationale.

Une triste fin mais riche en leçon. Ceci doit être l’objet des méditations de tous ces jeunes qui aspirent à une carrière politique. Toutes ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples. Dans la vie d’un homme, une parole divine s’est encore accomplie. Car il est écrit: «L`oeil qui se moque d`un père Et qui dédaigne l`obéissance envers une mère, Les corbeaux du torrent le perceront, Et les petits de l`aigle le mangeront.» J’ose croire qu’il regrette et que de là où il est, il fera pénitence pour obtenir absolution. Car Dieu est bon et miséricordieux.

Comlan Hugues Sossoukpè

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2 commentaires

Olivier ZOUNTCHEGBE 10 novembre 2018 at 11 h 28 min

Atao a cherché et il a trouvé

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Myself 11 novembre 2018 at 21 h 50 min

VouS n’y êtes pas allés un peu trop fort avec votre plume? Je ne pense pas que vous ayez besoin d’écrire qu’il est mis au dos pour aller ….. ses besoins. Pour la dignité humaine. C’est une personne après tout. Quelque soit le châtiment ou la déchéance.

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