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Ali Bongo victime d’un AVC: vers une gouvernance à la « Bouteflika » au Gabon

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Le président Ali Bongo a été victime d’un AVC, peu de temps après son arrivée à Riyad, le 24 octobre 2018, et est actuellement hospitalisé dans la capitale saoudienne. C’est du moins, la version la plus probable que l’opinion nationale peut retenir, le temps que les membres du gouvernement gabonais, fassent la lumière sur cette affaire qu’on peut nommer de « gouvernance à la Bouteflika ».

De Libreville à l’hôpital du roi Fayçal

En effet, en partance pour Ryad pour assister au sommet  “Future investment initiative”, organisé du 22 au 25 octobre à l’initiative du prince héritier Mohamed Ben Salman, Ali Bongo, devait rallier Ndjamena, la capitale tchadienne pour un sommet de la Communauté économique monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Mais peu après son arrivée dans la capitale saoudienne, Ali Bongo aurait fait «un malaise» consécutif à «une fatigue sévère due à une très forte activité ces derniers mois», selon la version de la présidence de la République gabonnaise. Une version peu crédible du gouvernement qui est venue après moult supputation sur la mort éventuelle de celui qui dirige le Gabon depuis 2009, suite à la mort de son père Omar Bongo. Ce manque de crédibilité de la version du gouvernement est dû, en effet, aux autres informations relayées par la presse internationale, après la sortie médiatique du porte-parole du gouvernement gabonais.

Mise en place d’un triumvirat pour assurer la continuité de l’Etat

Si aucune information n’a filtré quant-à la  gravité ou les éventuelles séquelles de ce accident vasculaire cérébral (AVC), il a été néanmoins annoncé des mesures d’urgence pour la continuité de la gouvernance du Gabon.

Selon La Lettre du continent, depuis cette « défaillance », une « troïka » a été mise en place pour assurer la continuité de l’Etat. Celle-ci serait composée du colonel Frédéric Bongo, le directeur général des services spéciaux de la Garde républicaine et demi-frère du président, de Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet présidentiel, et enfin de Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle.

« Il n’y a pas de vacance du pouvoir »

Si le premier serait chargé de veiller sur la sécurité du pays et des intérêts de la famille Bongo, le deuxième est chargé de la gestion des affaires courantes, la troisième personnalité de ce triumvirat joue un rôle essentiel. En effet, c’est elle qui détient le droit de décréter une vacance du pouvoir et ainsi de provoquer une transition en théorie dirigée par la présidente du Sénat.

Un scénario à la Bouteflika

Ce schéma, non loin de celui de l’Algérie, illustre la gestion chaotique fait du pouvoir dans les Etats africains ou le peuple est pris en otage par un groupuscule d’hommes aux intérêts inavoués. Etant donné, que le Gabon est dans une démocratie moderne, si du moins le Gabon en est une, l’état de santé du président de la République devrait être une préoccupation nationale et le peuple se doit d’être informé.

L’état de santé du président algérien alimente régulièrement les spéculations, notamment depuis l’AVC dont il a été victime en 2013 qui fait de lui le « président fauteuil roulant ». De plus en plus de gens s’interrogent sur la capacité du président Bouteflika, à gouverner l’Algérie, alors que l’homme de 80 ans qui est au pouvoir depuis le 27 avril 1999, s’apprête à se présenter en mars 2019 pour un cinquième mandat.

On se souvient encore, en 2009, le président Omar Bongo, père d’Ali, gravement malade, avait été transféré à Barcelone. Sa mort, annoncée publiquement le 8 juin 2009, avait déjà été révélée par des médias, mais démentie par le Premier ministre d’alors, Jean Eyeghe Ndong.

Le peuple est vraiment exacerbé par le black-out instauré par l’entourage de ces chefs d’Etats sur la question sanitaire de leur président. Une démocratie, c’est d’abord des institutions fortes qui assurent la continuité de l’Etat dans un climat de confiance loin de l’opacité dont fait preuve,  actuellement, les autorités gabonaises.

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